C'est parce qu'ils contiennent ainsi les heures du passé que les corps humains peuvent faire tant de mal à ceux qui les aiment.
En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même.
Autrefois on rêvait de posséder le coeur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu'on possède le coeur d'une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.
Nous n'arrivons pas à changer les choses suivant notre désir, mais peu à peu notre désir change.
Aimer est un mauvais sort, comme ceux qu'il y a dans les contes, contre quoi on ne peut rien jusqu'à ce que l'enchantement ait cessé.
Passé un certain âge, la mort de nos proches est la seule manière dont nous prenons agréablement conscience de notre existence.
La souffrance dans l'amour cesse par instants, mais pour reprendre d'une façon différente.
On n'aime plus personne dès qu'on aime.
Le regret est un amplificateur du désir.
L'audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions.
La jeunesse une fois passée, il est rare que l'on reste confiné dans l'insolence.
Sous toute douceur charnelle un peu profonde, il y a la permanence d'un danger.
Dans une langue que nous savons, nous avons substitué à l'opacité des sons la transparence des idées.
C'est toujours l'attachement à l'objet qui amène la mort du possesseur.
Les charmes d'une personne sont une cause moins fréquente d'amour qu'une phrase du genre de celle-ci : Non, ce soir je ne serai pas libre...
L'amour, même en ses plus humbles commencements, est un exemple frappant du peu qu'est la réalité pour nous.
Le bonheur est salutaire pour le corps, mais c'est le chagrin qui développe les forces de l'esprit.
Un nom, c'est bien souvent tout ce qui reste pour nous d'un être non pas même quand il est mort, mais de son vivant.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas tout entier.
L'art véritable n'a que faire de proclamations et s'accomplit dans le silence.
Nous ne connaissons jamais que les passions des autres, et que ce que nous arrivons à savoir des nôtres, ce n'est que d'eux que nous avons pu l'apprendre.
Ce n'est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s'affaiblit, c'est parce que nous mourrons nous-mêmes.
L'irresponsabilité aggrave les fautes.
La générosité n'est souvent que l'aspect intérieur que prennent nos sentiments égoïstes quand nous ne les avons pas encore nommés et classés.
Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.
Le mal seul fait remarquer et apprendre et permet de décomposer les mécanismes que sans cela on ne connaîtrait pas.
Il y a quelque chose plus difficile encore que de s'astreindre à un régime, c'est de ne pas l'imposer aux autres.
Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme.
Le témoignage des sens est, lui aussi, une opération de l'esprit où la conviction crée l'évidence.
Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire.
Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l'obscurité et du silence.
On déteste ce qui nous est semblable, et nos propres défauts vus du dehors nous exaspèrent.
Autrefois on rêvait de posséder le cÏur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu'on possède le cÏur d'une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.
Une oeuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix.
La jeunesse est cet heureux temps où l'on devrait plutôt dire qu'on ne doute de rien plutôt que de dire qu'on n'y doute pas de soi.
Les beautés qu'on découvre le plus tôt sont aussi celles dont on se fatigue le plus vite.
On ne guérit d'une souffrance qu'à condition de l'éprouver pleinement.
Il n'y a guère que le sadisme qui donne un fondement dans la vie à l'esthétique du mélodrame.
La vérité suprême de la vie est dans l'art.
Il est faux de croire que l'échelle des craintes correspond à celle des dangers qui les inspirent. On peut avoir peur de ne pas dormir et nullement d'un duel sérieux, d'un rat et pas d'un lion.
Les maximes les plus profondes sont celles où la pensée semble la plus indépendante des mots et de leur aménagement.
On refuse dédaigneusement, à cause de ce qu'on aime aujourd'hui, de voir ce qu'on aimera demain.
L'amour le plus exclusif pour une personne est toujours l'amour d'autre chose.
Ce qu'on appelle se rappeler un être est en réalité l'oublier.
On devient moral dès qu'on est malheureux.
L'être que je serai après la mort n'a pas plus de raisons de se souvenir de l'homme que je suis depuis ma naissance que ce dernier ne se souvient de ce que j'ai été avant elle.
On est impuissant à trouver du plaisir, quand on se contente de le chercher.
L'érudition est une fuite loin de notre propre vie que nous n'avons pas le courage de regarder en face.
Les créatures qui ont joué un grand rôle dans notre vie, il est rare qu'elles en sortent tout d'un coup d'une façon définitive.
Dans l'homme le plus méchant, il y a un pauvre cheval innocent qui peine.
♥ 100364
♥ 48828
♥ 38353
♥ 31625
♥ 29068
♥ 21636
♥ 21076
♥ 14140
♥ 11559
♥ 10950
♥ 9798
♥ 9743
♥ 9573
♥ 8268
♥ 7614
♥ 7247
♥ 6778
♥ 6328
♥ 6116
♥ 5689
♥ 4951
♥ 4760
♥ 4595
♥ 4560
♥ 13576
♥ 10608
♥ 6358
♥ 6074
♥ 5050
♥ 4202
♥ 4196
♥ 4120
♥ 3798
♥ 3750
♥ 3587
♥ 3562
Vous souhaitez en savoir plus sur la vie de Marcel Proust, il suffit de lire sa biographie grâce à notre partenaire JeSuisMort.com, spécialiste des célébrités disparues et 1er cimetière virtuel du Web.