L'oubli est un puissant instrument d'adaptation à la réalité parce qu'il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle.
Les femmes sont les instruments interchangeables d'un plaisir toujours identique.
Autrefois on rêvait de posséder le coeur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu'on possède le coeur d'une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.
Le regret est un amplificateur du désir.
C'est parce qu'ils contiennent ainsi les heures du passé que les corps humains peuvent faire tant de mal à ceux qui les aiment.
Sous toute douceur charnelle un peu profonde, il y a la permanence d'un danger.
La jeunesse une fois passée, il est rare que l'on reste confiné dans l'insolence.
Le bonheur, la possession de la beauté, ne sont pas des choses inaccessibles et nous avons fait Ïuvre inutile en y renonçant à jamais.
Aimer est un mauvais sort, comme ceux qu'il y a dans les contes, contre quoi on ne peut rien jusqu'à ce que l'enchantement ait cessé.
C'est toujours l'attachement à l'objet qui amène la mort du possesseur.
Les charmes d'une personne sont une cause moins fréquente d'amour qu'une phrase du genre de celle-ci : Non, ce soir je ne serai pas libre...
L'art véritable n'a que faire de proclamations et s'accomplit dans le silence.
Passé un certain âge, la mort de nos proches est la seule manière dont nous prenons agréablement conscience de notre existence.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas tout entier.
L'irresponsabilité aggrave les fautes.
Un même fait porte des rameaux opposites et le malheur qu'il engendre annule le bonheur qu'il avait causé.
Le bonheur est salutaire pour le corps, mais c'est le chagrin qui développe les forces de l'esprit.
Un nom, c'est bien souvent tout ce qui reste pour nous d'un être non pas même quand il est mort, mais de son vivant.
De même que les peuples ne sont pas longtemps gouvernés par une politique de pur sentiment, les hommes ne le sont pas par le souvenir de leur rêve.
Le mal seul fait remarquer et apprendre et permet de décomposer les mécanismes que sans cela on ne connaîtrait pas.
Ce n'est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s'affaiblit, c'est parce que nous mourrons nous-mêmes.
Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme.
Il y a quelque chose plus difficile encore que de s'astreindre à un régime, c'est de ne pas l'imposer aux autres.
Le témoignage des sens est, lui aussi, une opération de l'esprit où la conviction crée l'évidence.
Une oeuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix.
Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire.
La force qui fait le plus de fois le tour de la terre en une seconde, ce n'est pas l'électricité, c'est la douleur.
La générosité n'est souvent que l'aspect intérieur que prennent nos sentiments égoïstes quand nous ne les avons pas encore nommés et classés.
Nous ne connaissons jamais que les passions des autres, et que ce que nous arrivons à savoir des nôtres, ce n'est que d'eux que nous avons pu l'apprendre.
Les beautés qu'on découvre le plus tôt sont aussi celles dont on se fatigue le plus vite.
Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.
L'amour, même en ses plus humbles commencements, est un exemple frappant du peu qu'est la réalité pour nous.
On déteste ce qui nous est semblable, et nos propres défauts vus du dehors nous exaspèrent.
Il n'y a guère que le sadisme qui donne un fondement dans la vie à l'esthétique du mélodrame.
On ne guérit d'une souffrance qu'à condition de l'éprouver pleinement.
Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l'obscurité et du silence.
Les maximes les plus profondes sont celles où la pensée semble la plus indépendante des mots et de leur aménagement.
Il est faux de croire que l'échelle des craintes correspond à celle des dangers qui les inspirent. On peut avoir peur de ne pas dormir et nullement d'un duel sérieux, d'un rat et pas d'un lion.
Ce qu'on appelle se rappeler un être est en réalité l'oublier.
La vérité suprême de la vie est dans l'art.
Ce qui pour nous fait le bonheur ou le malheur de notre vie, constitue pour tout autre un fait presque imperceptible.
La jeunesse est cet heureux temps où l'on devrait plutôt dire qu'on ne doute de rien plutôt que de dire qu'on n'y doute pas de soi.
Rien n'est plus limité que le plaisir et le vice.
On refuse dédaigneusement, à cause de ce qu'on aime aujourd'hui, de voir ce qu'on aimera demain.
Pour une femme tout événement, même un deuil, se termine par un essayage.
Autrefois on rêvait de posséder le cÏur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu'on possède le cÏur d'une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.
Souvent, vous le savez, on dit d'un grand artiste : à côté de son génie, c'était une vieille bête qui avait les idées les plus étroites.
Le sens critique est soumission à la réalité intérieure.
Dans l'homme le plus méchant, il y a un pauvre cheval innocent qui peine.
On est impuissant à trouver du plaisir, quand on se contente de le chercher.
♥ 100364
♥ 48828
♥ 38353
♥ 31625
♥ 29068
♥ 21636
♥ 21076
♥ 14140
♥ 11559
♥ 10950
♥ 9798
♥ 9743
♥ 9573
♥ 8268
♥ 7614
♥ 7247
♥ 6778
♥ 6328
♥ 6116
♥ 5689
♥ 4951
♥ 4760
♥ 4595
♥ 4560
♥ 13576
♥ 10608
♥ 6358
♥ 6074
♥ 5050
♥ 4202
♥ 4196
♥ 4120
♥ 3798
♥ 3750
♥ 3587
♥ 3562
Vous souhaitez en savoir plus sur la vie de Marcel Proust, il suffit de lire sa biographie grâce à notre partenaire JeSuisMort.com, spécialiste des célébrités disparues et 1er cimetière virtuel du Web.