Le moi profond reste le meilleur des masques antirides.
Le seul véritable voyage, le seul bain de jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux.
L'adolescence est le seul temps où l'on ait appris quelque chose.
Ne pas la comprendre n'a jamais fait trouver une plaisanterie moins drôle.
Un livre est un grand cimetière où, sur la plupart des tombes, on ne peut plus lire les noms effacés.
La beauté des êtres n'est pas comme celle des choses. Nous sentons qu'elle est celle d'une créature unique, consciente et volontaire.
Il est vraiment rare qu'on se quitte bien, car si on était bien, on ne se quitterait pas.
Le sommeil est comme un second appartement que nous aurions et où, délaissant le nôtre, nous serions allés dormir.
Il n'y a qu'une chose vraiment infâme, qui déshonore la créature que Dieu a faite à son image, le mensonge.
Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous-mêmes.
On a tort de parler en amour de mauvais choix, puisque dès qu'il y a choix il ne peut être que mauvais.
Le nez est généralement l'organe où s'étale le plus aisément la bêtise.
Tout le mystère de sa beauté est dans l'éclat, dans l'énigme surtout de ses yeux. Je n'ai jamais vu une femme aussi belle.
Nous localisons dans le corps d'une personne toutes les possibilités de sa vie, le souvenir des êtres qu'elle connaît et qu'elle vient de quitter, ou s'en va rejoindre.
Quand on se voit au bord de l'abîme et qu'il semble que Dieu vous ait abandonné, on n'hésite plus à attendre de lui un miracle.
Ce n'est pas à un autre homme intelligent qu'un homme intelligent aura peur de paraître bête.
On ne supporte pas toujours bien les larmes qu'on fait verser.
Nous pouvons causer pendant toute une vie sans rien dire que répéter indéfiniment le vide d'une minute.
Nous tenons de notre famille aussi bien les idées dont nous vivons que la maladie dont nous mourrons.
Jamais Noé ne put si bien voir le monde que de l'arche malgré qu'elle fut close et qu'il fit nuit sur la terre.
Aimer ses parents c'est prendre sur soi, agir par sa volonté pour leur faire plaisir.
En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même.
On pardonne les crimes individuels, mais non la participation à un crime collectif.
La durée moyenne de la vie est beaucoup plus grande pour les souvenirs des sensations poétiques que pour ceux des souffrances du cÏur.
Il n'est pas certain que le bonheur survenu trop tard... soit tout à fait le même que celui dont le manque nous rendait jadis si malheureux.
La constance d'une habitude est d'ordinaire en rapport avec son absurdité.
Les oeuvres, comme dans les puits artésiens, montent d'autant plus haut que la souffrance a plus creusé le coeur.
Le chagrin est égoïste, et ne peut recevoir de remède de ce qui ne le touche pas.
On peut tout ce qui ne dépend que de notre volonté.
On n'aime plus personne dès qu'on aime.
On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais aussi malheureux qu'on croit.
C'est là en effet un des grands et merveilleux caractères des beaux livres que pour l'auteur ils pourraient s'appeler "Conclusions" et pour le lecteur "Incitations".
On découvre au téléphone les inflexions d'une voix qu'on ne distingue pas tant qu'elle n'est pas dissociée d'un visage où on objective son expression.
L'idée qu'on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l'idée qu'un autre est mort.
Nous trouvons de tout dans notre mémoire. Elle est une espèce de pharmacie, de laboratoire de chimie, où on met au hasard la main tantôt sur une drogue calmante, tantôt sur un poison dangereux.
Le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses.
Chaque être est détruit quand nous cessons de le voir ; puis son apparition suivante est une création nouvelle, différente de celle qui l'a immédiatement précédée, sinon de toutes.
La souffrance dans l'amour cesse par instants, mais pour reprendre d'une façon différente.
Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes.
La louange la plus haute de Dieu est dans la négation de l'athée qui trouve la Création assez parfaite pour se passer d'un créateur.
Les années heureuses sont les années perdues, on attend une souffrance pour travailler.
Nous disons la mort pour simplifier, mais il y en a presque autant que de personnes.
Le regret est un amplificateur du désir.
La vraie beauté est si particulière, si nouvelle, qu'on ne la reconnaît pas pour la beauté.
Dans une langue que nous savons, nous avons substitué à l'opacité des sons la transparence des idées.
L'audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions.
Les femmes sont les instruments interchangeables d'un plaisir toujours identique.
Sous toute douceur charnelle un peu profonde, il y a la permanence d'un danger.
La jeunesse une fois passée, il est rare que l'on reste confiné dans l'insolence.
Autrefois on rêvait de posséder le coeur de la femme dont on était amoureux ; plus tard, sentir qu'on possède le coeur d'une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.
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