Il n'y a qu'une chose vraiment infâme, qui déshonore la créature que Dieu a faite à son image, le mensonge.
Le magazine, le film, la télévision gavent l'oeil et réduisent le reste de l'homme à néant. L'homme d'aujourd'hui se promène muselé et manchot dans un palais de mirages.
Je passe ma vie à préparer une image déformée du cadavre que je serai, comme s'il n'allait pas se déformer suffisamment tout seul.
La télévision de qualité, c'est une télévision qui essaie d'enrichir plutôt que d'abêtir, qui se veut simple dans son exposé mais qui est ouverte à toutes les curiosités, à toutes les connaissances.
Il n'est pas au pouvoir de la fiction d'inculquer la vérité.
Chaque mot poétique est ainsi un objet inattendu, une boite de Pandore d'où s'envolent toues les virtualités du langage; il est donc produit et consommé avec une curiosité particulière, une sorte de gourmandise sacrée. Cette Faim du mot, commune à toute la poésie moderne, fait de la parole poétique une parole terrible et inhumaine.
Je vais, dans mon ardeur poétique et divine Mettre au rang des beaux arts celui de la cuisine.
Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d'entendre la langue hors-pouvoir, dans la splendeur d'une révolution permanente du langage, je l'appelle pour ma part : littérature.
La vérité dépasse peut-être la fiction en cela qu'elle est infiniment plus décevante.
Ce qui se construit sur le mensonge ne peut pas durer.
Être, pour la créature intelligente, c'est comparer perpétuellement ce qu'on a été avec ce qu'on est.
Le langage poétique est fait pour communiquer des états ; les mots y sont des vases ou des clefs.
La gourmandise dans le mensonge finit souvent pas suggérer la saveur réelle des choses.
L'amitié est la plus sévère école de la vérité, elle n'admet ni le mensonge ni la trahison.
- On est des consommateurs. On est des sous-produits d'un mode de vie devenu une obsession. Meurtres, banditisme, pauvreté, toutes ces choses ne me concernent pas. Ce qui me concerne moi ce sont les revues qui parlent de stars, la [...] â–º Lire la suite
Celui qui se tue court après une image qu'il s'est forgée de lui-même : on ne se tue jamais que pour exister.
Les passions détruisent plus de préjugés que la philosophie. Et comment le mensonge leurs résisterait-il ? Elles ébranlent quelquefois la vérité.
L'exagération est le mensonge des honnêtes gens.
Cette petite libertine, entrevue à une époque fort maussade de ma vie, m'a laissé une image tendre et élégante, que j'ai serrée de côté, comme jadis ces oeufs dé Pâques dont les couleurs m'émouvaient si fortement que je ne voulais pas les manger.
J'exerce un métier d'image. Une image peut se faner. Il faut l'accepter.
Le destin est la fiction d'un être qui sait l'avenir et qui pourrait l'annoncer.
Comment voudrais-tu que les autres s'intéressent à une créature qui ne trouve pas en elle de quoi jouir de sa propre société.
Celui qui nous régit devait vraiment se repentir d'avoir inventé le temps, qui permettait la tromperie que dans la succession et l'alternance.
L'objectif de toute éducation devrait être de projeter chacun dans l'aventure d'une vie à découvrir, à orienter, à construire.
Quand une femme rejette un homme de vision et accepte un homme qui a une télévision, elle finira par regarder l'homme de vision sur la télévision de son mari. Ne jugez pas un homme par sa poche, mais jugez-le par [...] â–º Lire la suite
On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère.
Le scandale n'est pas de dire la vérité, c'est de ne pas la dire tout entière, d'y introduire un mensonge par omission qui la laisse intacte au dehors, mais lui ronge, ainsi qu'un cancer, le coeur et les entrailles.
Vous les hommes, jusqu'à quand ces coeurs fermés, ce goût du rien, cette course au mensonge ?
Ne me considère pas maintenant comme une femme élégante qui a l'intention de te tourmenter, mais comme une créature rationnelle qui dit la vérité avec son coeur.
Je me suis dit que nous devions enfin vivre notre présent au lieu de nous projeter toujours dans l'avenir.
De collection en collection, la même image est présente à mon esprit : celle de Victoire, mannequin sublime et muse merveilleuse.