Le vrai bourgeois, c'est-à-dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou parait vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit...
Se méfier des gens qui promettent des millions et dont on est forcé de régler les consommations.
Ce ne sont pas les animaux qui ont choisi leur statut. Si la vache est sacrée en Inde, alors que nous sommes sacrément vaches avec elle partout ailleurs, elle n'y est pour rien.
Peinture, sculpture, littérature, musique, sont plus proches les unes des autres qu'on ne le croit généralement. Elles expriment toutes les sentiments de l'âme humaine en face de la nature. Il n'y a que les moyens d'expression qui varient.
En amour, celui qui s'enfuit est le gagnant.
Rançon. Achat d'une chose qui n'appartient pas au vendeur, pas plus qu'elle n'appartient ensuite à l'acheteur. Le plus infructueux des placements.
Celui qui veut régner sur le monde doit d'abord apprendre à régner sur lui-même.
Ce qui vient du coeur peut s'écrire, mais non ce qui est le coeur lui-même.
J'ai connu bien des filles de joie qui avaient pour père un homme de peine.
La mort est l'espérance de qui n'en a plus.
C'est souvent la pauvreté de l'esprit qui rend les gens studieux.
On est heureux ou malheureux par une foule de choses qui ne paraissent pas, qu'on ne dit point et qu'on ne peut dire.
Mourir est une chose qui ne se fait que pour soi.
Celui qui accepte de se soumettre à l'ennemi, serait-il condamné à être pétrifié ?
Le luxe dissipe tous les biens qui sont à sa disposition.
Il est des hommes comme des vignes qui se ressentent toujours du terroir où elles ont été plantées.
On sait aujourd'hui que, dans la première phase de la lutte nationale, le colonialisme essaie de désamorcer la revendication nationale en faisant de l'économisme. Dès les premières revendications le colonialisme feint la compréhension en reconnaissant avec une humilité ostentatoire que le territoire souffre d'un sous-développement grave qui nécessite un effort économique et social important.
Il faut chercher la discipline dans la liberté et non dans les formules d'une philosophie devenue caduque et bonne pour les faibles. N'écouter les conseils de personne, sinon du vent qui passe et nous raconte l'histoire du monde.
À l'aspect de cette multiplicité de supplices, qui n'a jamais rendu les hommes meilleurs, j'ai cherché si, dans un gouvernement sage, la peine de mort était vraiment utile ; j'ai examiné si elle était juste. Quel peut être ce droit que les hommes s'attribuent d'égorger leurs semblables ?
Comme n'importe qui vous le dira, je ne suis pas un homme très affable. Les gens affables me donnent envie de dormir. J'ai toujours admiré les méchants, les hors-la-loi, les fils de pute.
Aujourd'hui, le faux qui porte les habits du vrai est plus révéré que le vrai.
Il faut aimer la terre, respecter ses humeurs qui donnent aussi bien la vie que ce qui l'annule.
Les hommes c'est bien, l'amour c'est bien, c'est le mariage qui me déçoit un peu.
Aucune forme de violence ne peut jamais être excusée dans une société qui veut se dire décente.
La personne, que ce soit un gentleman ou une dame, qui n'a pas de plaisir dans un bon roman, doit être d'une stupidité intolérable.
L'esprit humain crée des Dieux qui le domine et le subjugue alors qu'ils dépendent totalement de lui..
Parfois, avec un peu de chance, quelqu'un entre dans votre vie et prend une place dans votre coeur que personne ne peut combler, quelqu'un qui est plus serré qu'un jumeau, plus avec vous que votre propre ombre, qui s'enfonce plus profondément dans votre peau que votre propre sang et vos os.
Mozart n'a jamais rien composé, jamais! Il a copié ce qui était écrit sur son âme.
L'homme vertueux est celui qui donne une part de ses biens aux pauvres.
La portière s'ouvrit; l'obscurité retentit d'ordres hurlés, et de ces aboiements naturels aux Allemands quand ils commandent, et qui semblent libérer une hargne séculaire.
Un sujet d'une étendue immense et qui, loin de se simplifier et de s'éclaircir par la méditation, ne fait que devenir plus complexe et plus trouble à mesure que le regard s'y appuie.
Tout ce qui est exagéré est insignifiant.
Je commence à être vieux, ce qui signifie que je finis par l'être.
Avez-vous remarqué que, quel que soit le bruit qui vous réveille, il cesse aussitôt que vous êtes éveillé ?
Un écrivain classique est un écrivain qui dissimule ou résorbe les associations d'idées.
Les génies sont outrés. Cela tient à la quantité d'infini qui est en eux. Ils contiennent de l'ignorer.
Ne dites rien des affaires dont vous avez entendu parler, ignorez tout des affaires sur lesquelles on vous interroge, ne vous mêlez pas des affaires qui ne vous regardent pas, rentrez chez vous sitôt qu'il n'y a pas d'affaires.
Il vaut mieux boire un schnaps, que de regarder de travers ceux qui le font.
Singe. Animal arboricole qui se sent également très à l'aise dans les arbres généalogiques.
Journaliste : un métier qui consiste à expliquer aux autres ce qu'on ne comprend pas soi-même.
Que soit bénie la foi des hommes qui osent renouveler la figure du monde selon l'idéal qu'ils chérissent.
1. Ne jamais lire un livre qui date de moins d'un an. 2. Ne lire que des livres réputés. 3. Ne lire que des livres que vous aimez.
Ce sont les moeurs de celui qui parle et non pas ses paroles qui persuadent.
L'art se situe dans l'intervalle, mince comme la peau, qui sépare la vérité du mensonge.
J'ai horreur du dimanche : tous ces gens qui encombrent les rues, sous prétexte de se reposer.
En toute chose, ne prenez pas pour le démolisseur celui qui pleure au milieu des ruines.
Détruisez tout ce qui vous inhibe.
Le gouffre le plus angoissant qui soit : l'amour...
Les livres aussi, ce sont des voisins - des voisins de rêve, qui viennent chez vous seulement quand vous les appelez, et qui s'en vont dès que vous ne voulez plus les voir.
L'homme qui dort, l'homme ivre, c'est l'homme diminué.