Je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien. Je veux être utile ou agréable aux gens qui vivent autour de moi et qui ne me connaissent pourtant pas, je veux continuer à vivre, même après ma mort.
Ce qui me fait plaisir, c'est que j'acquiers de la raison, sans perdre l'émotion excitée par le beau. Je désire bien ne pas me faire illusion, mais il me semble que je travaille plus tranquillement qu'autrefois, et j'ai le même amour pour mon travail.
Et peut-être que tel se pense bien habile,Qui trouvant de mes vers la rime si facile,En vain travaillera, me voulant imiter.
On peut accepter la misère pour soi. La préférer à l'opulence si telle vous parait la voie qui vous conduira au but, car ce ne sont pas toujours les routes les plus faciles qui mènent où on veut aller.
Mais on sait, la mode vieillit mal et les snobs ont souvent été les gardiens fanatiques de bons goûts qui n'avaient aucun avenir.
La personne, que ce soit un gentleman ou une dame, qui n'a pas de plaisir dans un bon roman, doit être d'une stupidité intolérable.
Chaque mot du Philosophe, sur qui désormais jurent même les saints et les souverains pontifes, a renversé l'image du monde.
Il était un pauvre serpent qui collectionnait toutes ses peaux. C'était l'homme.
Celui qui demande la charité travaille plus pour son prochain que pour lui-même.
Quelqu'un qui vous répète toujours qu'il n'est pas fou doit avoir quelques doutes.
Accepter les risques inévitables de la vie, c'est ce qui fait la noblesse de la condition humaine.
Que soit bénie la foi des hommes qui osent renouveler la figure du monde selon l'idéal qu'ils chérissent.
Les bonheurs durables sont ceux qui reculent à mesure que nous avançons.
Détruisez tout ce qui vous inhibe.
Le nombre de l'humanité augmente, mais diminue le nombre de ceux qui se rappellent l'Eden.
Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ; et celui qui vote contre le droit d'un autre, quel que soit sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens...
Si le peintre ne méprise pas la peinture, qu'il craigne de faire une toile qui vaille mieux que lui.
Le vrai bourgeois, c'est-à-dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou parait vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit...
Sachons reconnaître au célibataire endurci ce mérite inappréciable qui consiste à se retenir de faire une malheureuse de plus.
La phrase qui est inacceptable, c'est celle où je parle 'des gens qui ont réussi et de ceux qui ne sont rien'.
Qui est à couvert quand il pleut, il est sot s'il se meut.
Je combats pour ce qui me parait juste et je veux que le juste triomphe.
Je commence à être vieux, ce qui signifie que je finis par l'être.
Avez-vous remarqué que, quel que soit le bruit qui vous réveille, il cesse aussitôt que vous êtes éveillé ?
Les Français sont des oiseaux qui mangent les semences au lieu d'attendre de manger les grains.
Le bon écrivain est celui qui enterre un mot chaque jour.
Le niveau moral de notre vie n'a rien de commun avec la gravité ou la nature de nos fautes. C'est la manière de se comporter bien ou mal dans le mal aussi bien que dans le bien qui nous classe.
Ne dites rien des affaires dont vous avez entendu parler, ignorez tout des affaires sur lesquelles on vous interroge, ne vous mêlez pas des affaires qui ne vous regardent pas, rentrez chez vous sitôt qu'il n'y a pas d'affaires.
Rhum. Terme générique pour de brûlantes eaux-de-vie qui plongent dans le délire les ligues de tempérance.
Celui qui veut régner sur le monde doit d'abord apprendre à régner sur lui-même.
Le génie est l'aptitude de voir les choses invisibles, de remuer les choses intangibles, de peindre les choses qui n'ont pas de traits.
Ce sont les moeurs de celui qui parle et non pas ses paroles qui persuadent.
La plupart des liaisons sont faites de "laissés-pour-compte" qui se rencontrent et trompent ensemble leurs regrets.
La force ne vient pas du fait de gagner. Tes luttes développent tes points forts. Lorsque tu passes par des difficultés et que tu continues malgré tout, voilà ce qui fait ta force.
Partout et toujours, ce sont les conditions et les moyens de puissance économiques qui aident la "violence" à remporter la victoire, sans laquelle elle cesse d'être violence.
Rien qui n'éteigne comme un feu sacré.
La littérature authentique est prométhéenne. L'écrivain authentique ose faire ce qui contrevient aux lois fondamentales de la société active.
Se méfier des gens qui promettent des millions et dont on est forcé de régler les consommations.
L'imbécile est d'abord un être d'habitude et de parti pris. Arraché à son milieu il garde, entre ses deux valves étroitement closes, l'eau du lagon qui l'a nourri. Mais la vie moderne ne transporte pas seulement les imbéciles d'un lieu à un autre, elle les brasse avec une sorte de fureur.
Ceux qui prétendent tout découvrir mais n'en produisent aucune preuve peuvent être réfutés comme ayant effectivement prétendu découvrir l'impossible.
Il n'y a rien de nouveau dans la pauvreté. Ce qui est nouveau, cependant, c'est que nous avons les moyens de nous en débarrasser.
Il y avait une forme d'aliénation, qui fait que, je le crois, il faut un minimum de liberté pour aimer. Et ma mère, en définitive, n'a aimer qu'une personne au monde et c'est mon père.
Le cambriolé qui sourit, vole quelque chose au voleur.
L'esprit humain crée des Dieux qui le domine et le subjugue alors qu'ils dépendent totalement de lui..
Même dans la personne la plus sophistiquée, c'est l'oeil primitif qui regarde le film.
Je suis payé toute la journée, tous les jours, ce qui est presque trop pour un artiste sensible.
L'homme vertueux est celui qui donne une part de ses biens aux pauvres.
Pour l'homme, la femme est toujours un cadeau (ou une surprise) qui produit sur celui qui le reçoit un émerveillement fatal. Chaque individu masculin, lorsque la puberté vient, désire le jouet qu'il n'a pas, qui est le seul qui lui importe, pour lequel il délaisse tous ses autres amusements.
Le moyen de mener des réformes indispensables, c'est que les majorités qui alternent au pouvoir aient le courage de les mettre en vigueur.
Un sujet d'une étendue immense et qui, loin de se simplifier et de s'éclaircir par la méditation, ne fait que devenir plus complexe et plus trouble à mesure que le regard s'y appuie.