Les pensées, comme les puces, sautent d'un être humain à l'autre. Mais elles ne les piquent pas tous.
La seule différence entre ce qu'on appelle un homme véridique et ce qu'on appelle un menteur, c'est que le premier ment comme il respire, naturellement et sans savoir, alors que les mensonges du second portent la marque d'un effort créateur. Ils sont plus construits, plus cohérents, et certainement plus efficaces.
La lettre à l'Immortelle Bien-Aimée retrouvée après la mort de Beethoven en même temps que le "Testament d'Heiligenstadt" est composée de deux feuilles doubles écrites recto-verso, soit 8 pages, d'un format d'environ 200 x 238 mm et d'une feuille simple de 201 x 119 mm recto-verso, soit en tout 10 pages.
La moitié d'un mot est de trop si tu as à faire à quelqu'un dont les paroles ne sont pas conformes aux pensées.
L'obscurité sait doter les plus petites et les plus ordinaires d'entre les créatures humaines d'un pouvoir poétique.
Vieillir offre du moins un avantage: c'est que l'on ne mourra pas d'un seul coup, mais peu à peu, bout par bout.
En décembre 2010, plusieurs responsables politiques américains ont réclamé l'assassinat extrajudiciaire de Julian Assange, si nécessaire par l'intermédiaire d'un drone. Des sénateurs américains ont qualifié WikiLeaks d'« organisation terroriste » et Assange de « terroriste high-tech » et de « combattant ennemi » participant à la « cyberguerre ».
L'individu -ou ce qu'on appelle ainsi- se réduit facilement à quelques traits significatifs : l'angle d'un nez, la courbure d'un corps, la sonorité ou le rythme d'une voix.
On aurait pu s'attendre à ce que ce salon fût meublé à l'antique. Pas du tout. Quelques années plus tôt, saisis d'une frénésie mobilière, les Fauquembert en avaient fait une manière de salon d'honneur d'aéroport : rideaux façon cuir, fauteuils [...] ► Lire la suite
Et dans le jour mourant qui frotte d'un éclat glacé le dos ciré des chaises, il me semble que je vais voir, penchées sur lui, toutes les ombres de nos morts, pour qui l'horloge égrène son rosaire.
Ma parole a été celle d'un homme libre, ma parole sera celle du ministre de ce gouvernement.
Je m'excuse d'avoir parlé de George W. Bush comme d'un "déserteur". Je voulais dire qu'il est un déserteur, un voleur d'élections, un alcoolique au volant, un menteur au sujet des armes de destruction massive et un illettré.
Le gouvernement trouve des centaines de millions pour nettoyer la Libye de son dictateur, il ne trouve pas de quoi payer un spécialiste de la serpillière pour nettoyer les toilettes d'un tribunal en Meurthe-et-Moselle.
On voit les maux d'autrui d'un autre oeil que les siens.
Ce n'est pas le manque ni la privation qui donne du désir : on ne manque que par rapport à un agencement dont on est exclu, mais on ne désire qu'en fonction d'un agencement où l'on est inclus.
La Littérature ne commence que devant l'innommable, face à la perception d'un ailleurs étranger au langage même qui le cherche.
Dépendre d'une profession est une forme d'esclavage moins odieuse que de dépendre d'un père.
La pitié du bourreau consiste à frapper d'un coup sûr.
La fin de la guerre c'est la maîtrise d'un bout de terre, la reconnaissance d'un seul maître.
La grandeur d'un destin se fait de ce qu'on refuse plus que de ce qu'on obtient.
Il y a des femmes que l'on n'écoute que d'un oeil.
Voulez-vous connaître le caractère d'un homme ? Attendez qu'il lui arrive quelque disgrâce ; vous verrez bientôt alors, ou toute sa grandeur ou toute sa faiblesse.
L'imbécile est d'abord un être d'habitude et de parti pris. Arraché à son milieu il garde, entre ses deux valves étroitement closes, l'eau du lagon qui l'a nourri. Mais la vie moderne ne transporte pas seulement les imbéciles d'un lieu à un autre, elle les brasse avec une sorte de fureur.
Et, dans l'âme que gonfle un immense soupirLaisser, en s'en allant, comme le souvenirD'un grand cygne de neige aux longues, longues plumes.
La presse est quand même d'une stupidité et d'un conformisme insupportable, vous ne trouvez pas ?
Perte. Privation de ce que nous possédons, ou ne possédons pas. C'est dans ce deuxième sens que l'on dit d'un candidat battu qu'il a "perdu les élections".
L'avantage d'un général, c'est celui des médecins : leurs erreurs, ils les enterrent.
La séparation entre les vivants et les morts est une séparation fictive. Le passage est plus simple que nous ne l'imaginons. C'est juste un changement de lieu, et le gravissement d'un degré.
En découpant le steak dans mon assiette, sans tomber dans une culpabilité malsaine, je peux voir les principes qui dictent ma vie : pourquoi croire que mon plaisir vaut le massacre d'un animal ?
La boutique est la patrie d'un boutiquier. Il est prêt à mourir pour elle. Personne ne mourra pour une grande surface.
Nous ne sommes pas juges de ce que Dieu attend d'un vie et d'une autre.
Oui, l'amour est "extase", mais extase non pas dans le sens d'un moment d'ivresse, mais extase comme chemin, comme exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu.
Il y a des genres et des degrés de solitude. Une île au milieu d'un lac, c'est un genre de solitude ; mais les lacs ont des bateaux, et on peut toujours espérer une visite.
Une religion, ça ne s'impose pas. Il ne faut pas mettre l'Histoire au service d'un cérémonial.
N'attend jamais rien d'un paresseux.
C'est affreux n'est-ce pas qu'à la longue on puisse souffrir moins du départ d'un être que l'on a profondément aimé.
Quand les gens me demandent, que puis-je faire? Comment puis-je aider? Je leur dirais ce que ma mère m'a dit une fois: «fais confiance à tes instincts. Donne ce que tu peux, qu'il s'agisse de l'argent, du temps, des ressources, de ton nom, de ta célébrité ou d'un acte inspirant, d'une chanson ou d'un mot.
Grâce à l'opium, la joie pouvait être achetée pour un penny, et transportée dans la poche d'un gilet.
Et il en est peut-être là de son instant où vivre est errer seul vivant au fond d'un instant sans bornes, où la lumière ne varie pas et où les épaves se ressemblent.
Les notions mouraient comme les hommes : il avait vu au cours d'un demi-siècle plusieurs générations d'idées tomber en poussière.
Qu'on ne prétende jamais, auprès d'un aîné, que c'est "pour lui" (ou elle) que les parents en mettent un autre au monde. Combien d'enfants sont ainsi sauvagement rendus responsables d'un indésirable frère ou soeur qu'ils avaient soi-disant réclamé, alors qu'ils avaient besoin d'un camarade de jeu de leur âge.
D'un seul coup, j'apaiserais pour un siècle la famine spirituelle, imaginative et morale de notre époque.
Ta mère, était, à elle seule, la conscience d'un monde inconscient.
Un livre c'est la naissance d'un voyage, le tracé d'un itinéraire.
Nous n'avons pas besoin d'un programme contre la pauvreté mais d'un programme contre les riches.
Le zèbre, cheval des ténèbres,Lève le pied, ferme les yeuxEt fait résonner ses vertèbresEn hennissant d'un air joyeux.Au clair soleil de Barbarie,Il sort alors de l'écurieEt va brouter dans la prairieLes herbes de sorcellerie.Mais la prison sur son pelage,A laissé l'ombre du grillage.
Mon nom est celui d'un oiseau migrateur. Un peu difficile à porter car le butor est très décrié.
Le suicide est l'acte désespéré d'un être qui ne fait plus confiance ni aux médecins, ni à la guerre, ni aux transports, ni à la nature.
Je ne sais pas ce qu'est la conscience d'un sot, mais celle d'un homme d'esprit est pleine de sottises.
Personne presque ne s'avise de lui-même du mérite d'un autre.