Je n'ose pas dire à Paul qu'on se perd à vouloir trop haïr.
Il paraît qu'on va bientôt pouvoir sortir le cerveau de Mendoza de l'azote liquide et communiquer avec lui grâce à un ordinateur. Je me demande à quoi il a bien pu penser pendant toutes ces années...
Ce qui arrête tout progrès aujourd'hui, c'est le scepticisme subtil qui chuchote à tant d'oreilles que rien n'est assez bon pour mériter d'être amélioré.
Cette petite libertine, entrevue à une époque fort maussade de ma vie, m'a laissé une image tendre et élégante, que j'ai serrée de côté, comme jadis ces oeufs dé Pâques dont les couleurs m'émouvaient si fortement que je ne voulais pas les manger.
J'aime beaucoup Libé, je partage beaucoup de remises en question...Moi je suis prêt à signer tous les textes contre l'expulsion des travailleurs immigrés...
L'hosto, quand on y a séjourné longtemps et qu'on a failli y clamser, on y reste toujours un peu. Il vous fascine, vous obsède... on se dit qu'on y reviendra un jour ou l'autre. Il est l'image de notre mort...
Le silence de grand-père, lui, était tranquille et dénué de colère, il ressemblait à un gros oreiller sur lequel on pose la tête.
Une fois il dit à maman : "Cette séparation entre les vivants et les morts est une séparation fictive. Le passage est plus simple que nous ne l'imaginons. C'est juste un changement de lieu, et le gravissement d'un degré.".
Seul celui qui a du mal à parler a besoin d'un journal. Lorsque je regarde mon journal, je découvre qu'il est plein de phrases inachevées, de l'obsession d'être précis, et que l'espace entre les mots parle plus que les mots eux-mêmes.
Les charlatans cherchent toujours à se faire remarquer.
On a mal au dos aux bras partout mais on y croit à la fin du jour du moisAu pognon pris sur nos maux sur nos dos ou nos brasIl y a la nuit sans fin dans d'infinis couloirs
En 1966, la NASA a pris le relais dans l'espace, et c'est depuis lors un gâchis bureaucratique.
Ce n'est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu, après quatorze ans, aujourd'hui d'une vie pareille, je réclame la liberté à grands cris.
J'aime à penser que j'essaie d'apprendre quelque chose chaque jour - et de changer mon point de vue, de modifier mon point de vue au fur et à mesure que j'apprends.
S'il y a une notion que je hais plus qu'une autre, c'est celle du mariage - je veux dire du mariage au sens vulgaire, faible, comme une simple question de sentiment.
J'aime une femme, j'aime juger à quel point elle est belle, à quel point je peux la rendre belle.
J'essaie d'être à la bonne distance des choses. C'est un processus de défense très élaboré, qui me permet d'avoir rapidement du recul sur des situations et qui m'évite de tomber dans certains travers.
À la bouche fétide, il n'y a que l'écorce du noyer.
Della Valle m'a appris le pouvoir de refuser si quelque chose ne va pas. Cela primait même sur les ventes.
Ne perdez pas une minute à ne pas être heureux. Si une fenêtre se ferme, rendez-vous à la fenêtre suivante ou cassez une porte.
Je suis condamné à une éternité de travail compulsif. Aucun objectif défini n'a été atteint. Le succès ne fait qu'engendrer un nouvel objectif. La pomme d'or dévorée a des graines. C'est sans fin.
Michael Stich n'a rien à faire dans le tennis allemand.
J'ai toujours dit que j'aurais un bébé à 30 ans...J'ai le sentiment que 30 est l'âge idéal parce que vous êtes assez mûre pour savoir qui vous êtes.
Une femme qui a vraiment aimé, autant dire souffert, regarde flirter les autres avec les yeux d'une mère qui a perdu un enfant et qui voit des petites filles jouer à la poupée.
L'enfer est peut-être éternel, oui, mais à un moment il cesse d'être seulement l'enfer.
Pour sortir un disque, il faut avoir quelque chose à dire.
Le féminisme a toujours avancé sur deux fronts : celui de la théorie et celui de la lutte.
À partir du moment où vous êtes un personnage public, vous avez un peu un rôle de modèle
Il n'y a pas d'humour innocent.
Il n'y a jamais eu de mort à crédit. La mort, on la paie en espèces.
L'homme propose et dispose. Il ne tient qu'à lui de s'appartenir tout entier.
Comment réagiraient nos ancêtres si on leur présentait un ordinateur moderne ? Ils parviendraient probablement à le dompter à coups de pierres. Ils étaient beaucoup plus futés que nous le pensons.
Certains politiques vieillis se fixent enfin à une opinion, girouettes que l'hiver, en les rouillant, fait immobiles.
Rides : des sillons où, la plupart du temps, il n'a rien poussé.
Quand on a tout, il faut savoir se montrer modeste.
Il n'y a pas d'action véritable sur l'autre sans un don total à l'autre.
Il n'est d'homme véritablement heureux que l'homme qui a une idée fixe.
Ils quittent un à un le paysPour s'en aller gagner leur vieLoin de la terre où ils sont nés.Depuis longtemps qu'ils en rêvaientDe la ville et de ses secretsDu formica et du ciné.
Il y a dans le rire des vertus secrètes d'inquiétude et de lucidité. Un homme qui ne rit ne peut rester bien longtemps un salaud.
Chaque année, donc, un tiers seulement de l'aire cultivée était abandonné à la jachère et livré, semble-t-il, à la dépaissance du bétail.
Comme un aveugle qui marmonne,Sur un violon de CrémoneIl jouait, demandant l'aumône.Tous avaient d'enivrants frissonsA l'écouter. Car dans ces sonsVivaient la morte et ses chansons.
Grand-père m'expliqua que notre secret n'aurait de valeur que si nous tenions nos promesses respectives. Il m'assura qu'il répondrait à mes lettres chaque semaine et qu'il mettrait ma photo sur la commode de sa chambre à côté de celles de grand-mère, de maman et de papa.
D'elle tu as voulu être amoureux ;Et puis te plains que tu es douloureux !Sais-tu pas bien qu'amour a de coutumeD'entremêler ses plaisirs d'amertume ?Refus, oubli, jalousie, et langueur,Suivent amours.
Ce qui m'a plu là-bas, c'est moins l'Amérique telle qu'elle est que l'Amérique telle qu'elle pourra être un jour. Il m'a semblé voir un grand creuset où mille ingrédients s'amalgament pour former une substance inconnue ; et dans ce travail, [...] ► Lire la suite
C'est très bien de ne pas croire aux dieux lorsque nul danger ne menace, mais à l'heure où le chagrin pèse sur nous, vers qui donc irions-nous ?
A l'oiseau le nid; à l'araignée la toile; à l'homme l'amitié.
Un dé à coudre empli de tourbillons de rien : c'est l'humanité.
Sans doute, les coups de pompe dans le cul de l'existence, la mouscaille, l'enfance à la table qui recule, ça vous tanne le cuir...
C'est totalement dingue de se dire qu'on livre toutes nos informations personnelles à ces entreprises, et que ces entreprises sont devenues pour l'essentiel une police secrète privatisée.
Tant que la superstition selon laquelle les gens doivent obéir à des lois injustes existera, l'esclavage existera.