Ce n'est pas l'enveloppe extérieure qui est réelle, mais l'essence des choses.
La confession la plus vraie est celle que nous faisons indirectement, en parlant des autres.
Plus les hommes s'éloignent de Dieu, plus ils avancent dans la connaissance des religions.
L'une des plus grandes illusions consiste à oublier que la vie est captive de la mort
En chaque athée, il y a un candidat à la divinité.
Une pensée ? Un aspect de la vérité qui étincelle.
Le destin de l'homme est d'épuiser l'idée de Dieu.
Le monde ne mérite pas qu'on se sacrifie pour une idée ou une croyance.
Jusqu'à présent, les hommes n'ont trouvé d'autre chemin vers la vérité que l'erreur.
Après minuit commence la griserie des vérités pernicieuses.
N'importe quel peuple, à un certain moment de sa carrière, se croit élu. C'est alors qu'il donne le meilleur et le pire de lui-même.
La Création fut le premier acte de sabotage.
Il n'y a qu'un homme contre qui je dois me défendre toujours : c'est moi-même.
Prolixe par essence, la littérature vit de la pléthore des vocables, du cancer du mot.
Regardez les choses jusqu'à ce que vous les voyiez; les plus près de Dieu les ont vues.
Il n'y a pas de sensation fausse.
Les véritables confessions ne s'écrivent qu'avec des larmes.
Méfiez-vous de ceux qui ont tourné le dos à l'amour, à l'ambition, à la société. Ils se vengeront d'y avoir renoncé.
La lucidité : avoir des sensations à la troisième personne.
La seule fonction de ma mémoire : m'aider à regretter.
Ne me demandez plus mon programme : respirer, n'en est-ce pas un ?
Le cafard est universel. Même les poux doivent le connaître. Aucun moyen de s'en prémunir.
Quand on ne vit pas, il est facile de ne pas commettre de péchés.
On devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne.
N'est pas humble celui qui se hait.
Les rides d'une nation sont aussi visibles que celles d'un individu.
Quel dommage que, pour aller à Dieu, il faille passer par la foi !
L'homme est l'être délirant par excellence, en proie à la croyance que quelque chose existe.
Qu'on me montre ici-bas une seule chose qui a commencé bien et qui n'a pas fini mal.
La folie : un paroxysme du lyrisme ?
La seule utilité des enterrements, c'est de nous permettre de nous réconcilier avec nos ennemis.
Ma statue, c'est la synthèse de la femme, l'Eternel féminin de Goethe, réduit à son essence. Cinq ans, j'ai travaillé, j'ai fait dire à la matière l'inexprimable. Et je crois, enfin vainqueur, avoir dépassé la matière.
Au zoo. Toutes ces bêtes ont un tenue décente, hormis les singes. On sent que l'homme n'est pas loin.
Deux ennemis, c'est un même homme divisé.
S'il n'est pas réconfortant, il est en tout cas flatteur de penser qu'on mourra sans avoir donné toute sa mesure.
Ce que j'ai ressenti au cours des années s'est mué en livres et c'est comme si ces livres s'étaient écrits d'eux-mêmes.
L'essentiel n'a jamais exigé le moindre talent.
L'idée de progrès déshonore l'intellect.
Dès que quelqu'un se convertit à quoi que ce soit, on l'envie tout d'abord, puis on le plaint, ensuite on le méprise.
Après une bonne querelle, on se sent plus léger et plus généreux qu'avant.
Ne plus vouloir être homme... Rêver d'une autre forme de déchéance.
J'ai commencé à baisser à partir du moment où l'extase a cessé de me visiter, où l'extraordinaire est sorti de ma vie.
Les critiques sont les maquereaux de la littérature.
Le dernier recours de ceux que le sort a frappés est l'idée du sort.
Qu'est-ce qu'un sage ? Un lucifer gâteux.
Dès que je sors du "je", je m'endors.
Tous les êtres sont malheureux ; mais combien le savent ?
Certains ont des malheurs ; d'autres, des obsessions. Lesquels sont le plus à plaindre ?
Si loin s'étend la mort, tant elle prend de place, que je ne sais plus où mourir.
Ceux que nous n'aimons pas brillent rarement dans nos rêves.