Le drame de notre époque apporte comme de juste des dividendes à ses créateurs.
Hygiène des esprits ? Alors que les âmes sont déjà si stérilisées ?
L'homme ne vit pas très longtemps. Question de vitesse de transit à travers le monde.
On peut changer de foi sans changer de Dieu. Et inversement.
Faites confiance à l'intelligence des hommes, il y a beaucoup de choses qu'ils n'arrivent pas à comprendre.
L'art doit-il être compréhensible ? Oui, mais seulement pour ses destinataires.
Les hommes naissent sur commande sociale passée auprès des particuliers.
Et si nous n'étions rien de plus que le souvenir de quelqu'un ?
Le mot peut être lui aussi un bâillon.
Un véritable ennemi des hommes ne les fuit pas.
Même un tyran ne bénéficie pas de la liberté d'opinion.
La faiblesse personnelle est aussi dangereuse que la violence d'autrui.
Malheur aux souverains vivants à qui on rend l'hommage dû aux morts.
Certains fruits de l'art demandent à être consommés non épluchés, avec leur légende.
Il est parfois plus facile de donner un prix que de donner raison.
Serait-ce donc en vérité un miracle ? Les hommes idolâtrés comme des dieux perdent effectivement leurs traits humains au fil des jours.
La morale est une question soit de convention, soit de prix à payer tout de suite.
Si l'homme n'était pas condamné à vivre dans le monde, je doute beaucoup qu'il s'intéresserait à la politique.
Comme pour l'esprit rien n'est trop grand, pour la bonté rien n'est trop petit.
L'homme aime rire. Des autres.
Mozart englobe tout le domaine de la création musicale.
Même les gens impartiaux ne sont pas impartiaux. Ils sont pour la justice.
Même le pendule va avec son temps.
Quand les idées ne savent où se loger, elles trouvent toujours refuge en l'homme.
Les montagnes elles aussi sont séparées par des gouffres.
Quelqu'inutile que soit une chose dont ou pourrait se passer, elle devient nécessaire par l'habitude.
Les anges ont eux aussi leurs diables, et les diables leurs anges.
Je n'ai pas de robe sauf celle que je porte tous les jours. Si vous avez l'amabilité de m'en donner une, s'il vous plaît, faites en sorte qu'elle soit pratique et sombre.
Il est difficile, en lisant en soi-même, de voir son propre analphabétisme.
Je suis un révolutionnaire, l'argent ne signifie rien pour moi.
Rien n'importe tant que de conserver sa réputation ; une fois flétrie, elle ne se retrouve jamais.
C'est avoir dans une certaine mesure une sorte d'esprit pour savoir utiliser l'esprit des autres.
Je ne sais pas comment ça se passe, mais les Allemands sont émerveillés devant moi et je suis émerveillé devant eux pour trouver de quoi émerveiller.
Les opinions sont habituellement partagées : entre les puissants.
Dialoguer avec le monde ? Oui, mais sans table d'écoute !
Perdent le plus souvent la liberté ceux qui la désirent ardemment.
La louange est une insulte quand elle n'est pas sincère.
Nos jours sont comptés : par des statisticiens.
Les pensées, comme les puces, sautent d'un être humain à l'autre. Mais elles ne les piquent pas tous.
Tous les pasteurs n'emmènent pas leur brebis paître vers les sommets de l'esprit.
N'oublie pas que si ta position est indéfendable, tu peux toujours la conquérir.
On peut oublier les offenses, mais on perd rarement le souvenir d'avoir été offensé.
Les ouvrages ont parfois le choix : devenir ou une oeuvre d'auteur ou une oeuvre d'art.
Voulez-vous connaître le caractère d'un homme ? Attendez qu'il lui arrive quelque disgrâce ; vous verrez bientôt alors, ou toute sa grandeur ou toute sa faiblesse.
Les hommes sont de plus en plus proches les uns des autres, le monde se surpeuple.
Même un manque de fruits produit des ferments.
Ils veulent que je donne un autre concert, mais je n'ai aucune envie de le faire. Vous ne pouvez pas imaginer ce que représente pour moi une torture trois jours avant une comparution publique.
L'éternité ? Une unité de temps.
La diversité des humeurs et l'union des esprits composent une agréable société.
Certains mots sont si grands et si vides qu'on peut y garder captives des nations entières.