Je suis parfois tenté par le diable de croire en Dieu.
La perfection est impossible à atteindre ? Il y en a pourtant qui la détruisent.
Une attitude rigide est parfois signe de paralysie.
Tenez dans la vie un seul monologue mais mettez l'accent sur un mot sans cesse différent.
Chaque siècle a son moyen âge.
Tout est illusion. La phrase précédente aussi, bien entendu.
Quel est le destin de l'homme ? Etre un homme.
Ce n'est pas le gouffre qui sépare, mais la différence de niveau.
Au commencement il y avait le Verbe et à la fin le bla-bla-bla.
On apprend par l'étude ce qu'on veut savoir; mais ce n'est que par la pratique de la science que l'on sait ce qu'on a appris.
Règle d'optique : tout semble plus grand de loin.
La présomption ne doit jamais nous faire négliger ce qui nous paraît facile, ni le désespoir nous faire perdre courage à la vue des difficultés.
La beauté trop formelle devient une grimace.
Même pour applaudir à quelque chose, il faut avoir le sens de la mesure.
Le beau n'est jamais inutile, il existe ne serait-ce que pour qu'on le haïsse.
On peut vénérer Dieu profondément et ne pas croire à son existence.
Je ne suis pas apte à donner des concerts. Le public m'intimide, je me sens étouffé par son souffle, paralysé par ses regards curieux, rendu muet par tous ces visages étranges.
Imitons les apparences avec de la réalité !
Certains détestent l'art. C'est déjà un pas en avant vers sa reconnaissance.
Les hommes ne sont pas égoïstes. Personne ne porte son propre deuil.
Difficile de dire qui suit le courant de son plein gré.
Le véritable exhibitionnisme consiste à montrer ce qu'on n'a pas.
L'homme a encore cette supériorité sur la machine qu'il sait se vendre lui-même.
Le clergé, tout autant que la classe capitaliste, vit sur le dos du peuple, profite de la dégradation, de l'ignorance et de l'oppression du peuple.
Même les nénuphars tremblent à l'idée qu'on puisse assainir le fond du marécage.
Peut-être qu'un jour nous exploiterons de manière industrielle les âmes humaines ?
D'une pensée géniale on peut supprimer tous les mots.
Les bêtises d'une époque donnée sont pour la science des époques suivantes aussi précieuses que sa sagesse.
Le mensonge ne diffère en rien de la vérité, sauf que ce n'est pas la vérité.
Ce n'est qu'en se dépassant que l'homme est pleinement humain.
Certains devraient vivre une deuxième fois, comme récompense ; d'autres, comme châtiment.
Les ennemis qui se trouvent en première ligne sont les plus proches les uns des autres.
Les hommes grandissent et s'entre-tuent pour savoir qui est le plus grand.
Bel échantillon de génération spontanée : l'écrivain enfante des adjectifs avant que naissent les attributs.
L'homme est toujours le même : les systèmes qu'il crée sont toujours imparfaits, et d'autant plus imparfaits qu'il est sûr de lui.
Conseil aux écrivains : à un moment donné, il faut cesser d'écrire. Même avant d'avoir commencé.
Les proverbes se contredisent. C'est cela justement, la sagesse populaire.
L'action poursuit la pensée. Malheur si elle la rattrape.
La stupidité est mère du crime. Mais les pères sont très souvent des génies.
L'industrie de la télévision n'aime pas voir la complexité du monde. Elle préfère les idées et les concepts simples : c'est blanc, c'est noir ; c'est bon, c'est mauvais.
La science bien digérée n'est que du bon sens et de la raison.
Seuls les morts peuvent ressusciter. Pour les vivants, c'est plus difficile.
Plus on tombe de bas, moins cela fait mal.
Le monde ne peut jamais pardonner à ceux qui ne sont coupables de rien.
Il reste peu de temps. L'éternité continue de nous menacer.
Ah, s'il se trouvait un Dieu pour déclarer : "Croyez-moi !" et non pas : "Croyez en moi !".
Il n'est guère d'homme d'esprit que n'ennuient les sots, et qui ne leur rende à son tour l'ennui que ceux-ci lui donnent.
Ah, si la plus haute dignité de l'état était la dignité humaine !
Quand les despotes reviennent à la terreur, on peut dormir tranquille. Il n'y a là aucun progrès.
La bêtise ne dispense pas de la nécessité de penser.