D'une pensée géniale on peut supprimer tous les mots.
La pensée du profit obscurcit nos émotions.
Toute pensée qui pénètre en profondeur s'achève en un mysticisme moral.
De même que la cuisine doit laisser aux produits le goût de ce qu'ils sont, le cuisinier doit employer des mots qui ont le sens de ce qu'ils sont...
Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne.
On prononce certains mots non pour qu'ils soient entendus mais parce qu'on juge important de s'exprimer.
L'esprit court et devient pensée, la pensée court et trouve l'idée, l'idée va et rencontre son homme.
La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité.
Une âme pure est comme une belle perle. Tant qu'elle est cachée dans un coquillage, au fond de la mer, personne ne songe à l'admirer. Mais si vous la montrez au soleil, cette perle brille et attire les regards.
Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout des mots.
Il faut convenir que, pour être heureux en vivant dans le monde, il y a des côtés de son âme qu'il faut entièrement paralyser.
Il n'y a pas de plus dangereuse illusion que la notion par laquelle les gens s'imaginent éviter l'illusion.
Rien n'est meilleur à l'âme que de faire une âme moins triste...
Les mots sans actions assassinent l'idéalisme.
Devant tous ces témoins je déclare mon dessein de te donner l'amour. Que ton âme mérite de te dire, mon amour, que je t'aime sans limites.
La toile d'araignée qu'était son âme pouvait à nouveau servir de piège pour ces étranges mouches que sont les idées.
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule.
Connaître une chose et en vivre une autre est une erreur, un contresens. A partir de là, une tension apparaît. Elle est due au conflit de la pensée et du sentiment. Connaître, c'est être.
Les mots sont sacrés et sans innocence. Ils appellent le destin de ceux ou celles qui les tracent.
La simple élégance du langage ne peut produire au mieux qu'une vaine renommée.
Rien n'est vrai, rien n'est faux ; tout est songe et mensonge, Illusion du coeur qu'un vain espoir prolonge. Nos seules vérités, hommes, sont nos douleurs.
Une âme saine dans un corps sain.
Il est bon de noter combien la charge affective des mots : bien-être, joie, plaisir est différente. Le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect.
La vie n'est-elle qu'une illusion ? Pourquoi tant de souffrance, tant de désespoir si tout finalement se réduit au néant ?
Il y a toujours dans la pensée une certaine quantité de rébellion intérieure.
Qu'une réalité se cache derrière les apparences, cela est, somme toute, possible ; que le langage puisse la rendre, il serait ridicule de l'espérer.
Pour le sage, toute la terre est accessible; l'univers entier est la patrie d'une âme honnête.
Même la pensée d'une fourmi peut toucher le ciel.
Il y a un sommet où la douleur vole de ses propres ailes, ainsi il y a une certaine intensité de la pensée où les mots n'ont plus part. Les mots conviennent à une certaine précision de la pensée, comme les larmes à un certain degré de la douleur.
En quelques mots, je définis la Poésie des mots comme Création rythmique de la Beauté. Son seul juge est le Goût.
Nous ne pouvons ajouter au langage impunément le mot qui dépasse les mots, le mot Dieu ; dès l'instant où nous le faisons, ce mot se dépassant lui-même détruit vertigineusement ses limites.