L'action poursuit la pensée. Malheur si elle la rattrape.
Il n'est guère d'homme d'esprit que n'ennuient les sots, et qui ne leur rende à son tour l'ennui que ceux-ci lui donnent.
Plus on tombe de bas, moins cela fait mal.
Un vrai martyr, c'est quelqu'un à qui on refuse aussi ce titre.
Quand les citoyens tremblent, les fondements de l'état peuvent se fissurer.
Seuls les morts peuvent ressusciter. Pour les vivants, c'est plus difficile.
Comment juger un état avec le plus de justesse possible ? Tout simplement : d'après son système judiciaire.
Exploitation de l'homme par l'homme ? Donc, elle est humaine.
La bêtise ne dispense pas de la nécessité de penser.
Les valeurs éternelles ne sont pas soumises aux fluctuations. Elles ne sont pas cotées.
Certains consomment une telle quantité d'ail pour souffler dans la trompette de la renommée qu'ils pompent tout l'air aux autres.
Celui qui est affamé de gloire n'hésite pas à dévorer aussi l'homme qui est en lui.
La lutte pour le pouvoir se mène contre lui.
Il reste peu de temps. L'éternité continue de nous menacer.
Si nous ne pouvons empêcher les jeunes gens d'être étourdis, souvenons-nous qu'ils ont peu de temps à l'être.
Là où la religion parle, la raison n'a que le droit d'entendre.
La piètre mémoire des nations immortalise les légendes.
Tout ce dont nous nous préoccupons c'est nous-mêmes. Même quand nous remarquons les autres, c'est encore à nous que nous pensons.
La liberté devrait avoir des limites : les siennes.
La responsabilité aime bien son confort, elle repose volontiers sur ceux qui sont intouchables.
Combien d'immortalités a-t-on bâties avec la vie des autres !
Dans la lutte des idées, ce sont les hommes qui périssent.
Quel travail que la vie : même les bêtises, il faut les faire !
Les uns aimeraient bien comprendre ce à quoi ils croient, les autres croire à ce qu'ils comprennent.
Adresse-toi toujours aux dieux étrangers. Ils t'écouterons en priorité.
Celui qui a une bonne mémoire a plus de facilités pour oublier beaucoup de choses.
Depuis des siècles, l'homme entretient avec l'homme un seul et même monologue.
Les satiristes devraient aiguiser leur langue sur la pierre de la sagesse.
Historiens de l'art, avez-vous fini par découvrir un style pour le monde tel qu'il a été créé ?
Les tabous, en dépit de leur inviolabilité, se reproduisent de façon effrayante.
Ce n'est pas difficile de tirer au but : quand il y en a un.
Le fait qu'il soit mort ne prouve pas qu'il ait vécu.
Nous payons de notre vie ou de notre mort : un prêté pour un rendu.
L'homme : un produit dérivé de l'amour.
Pour être un grand compositeur, il faut une immense expérience... On y parvient en écoutant le travail des autres, mais surtout le sien !
La politique : des courses de chevaux de Troie.
Tout a déjà été découvert ; il n'y a que dans les régions de la banalité qu'il reste des terres vierges.
Hamlet aujourd'hui : être en n'étant pas, ou ne pas être en étant ?
Quand on peut dire que le but lui-même a atteint son but ?
L'homme forme un tout, à moins que son prochain n'en décide autrement.
L'homme n'est jamais toujours heureux et très souvent, il ne lui est accordé qu'une brève période de bonheur dans ce monde; alors pourquoi échapper à ce rêve qui ne peut durer longtemps ?
Est-ce qu'au moins ceux qui ont enlevé aux autres leurs idéaux en ont eux-mêmes ?
La victoire du socialisme ne descendra pas comme le destin du ciel.
Politiciens, demandez conseil aux gastro-entérologues : que peut-on encore faire avaler aux citoyens ?
Les pensées métamorphosent le cerveau lui-même.
L'histoire enseigne comment il faut la falsifier.
L'esclavage a ses bons côtés. Le tyran ne peut affirmer qu'il règne en maître sur des hommes libres.
La vie prend aux hommes beaucoup trop de temps.
Nous nous sommes partagés les dieux, mais eux, se sont-ils partagé les hommes ?
L'opinion publique devrait être alertée sur son inexistence.