Contempler le monde ne coûte rien. Ce qu'il faut payer ensuite, ce sont les commentaires.
Quand la souffrance est insoutenable, il est doux d'espérer la mort.
Comment le vent sait-il dans quelle direction il doit souffler ?
Ne fais pas le snob. Ne mens jamais quand la vérité paie davantage.
Chaque régime finit par devenir un ancien régime.
Il y a des époques où, sur son lit de mort, le philosophe peut déclarer : "Heureusement que j'ai été incompris !"
La liberté, c'est toujours la liberté de l'autre.
Le premier homme ne se sentait pas seul puisqu'il ne savait pas compter.
L'homme a découvert les outils de façon successive. Mais, depuis les temps les plus reculés, l'homme a toujours été un outil pour l'homme.
A Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César ! Il fallait être là au moment du partage.
La pensée est immortelle, à condition qu'on la fasse perpétuellement renaître.
C'est justement le perpétuel manque d'harmonie en l'homme qui crée une harmonie sans cesse nouvelle.
Les secrets ne sont pas obligés de se cacher.
Il y a des sadiques scientifiques qui se dépêchent pour traquer les erreurs au lieu d'établir la vérité.
Des actes qui n'ont pas eu lieu entraînent souvent une absence catastrophique de conséquences.
C'est tout un art que de vendre en n'ayant rien à vendre.
La bêtise ne dépasse jamais les bornes, où qu'elle pose le pied, là est son territoire.
La voix de l'homme est bien incapable d'offrir autre chose que des perspectives terrestres.
De quelles souffrances l'humanité n'est-elle pas affligée parce qu'elle ne sait pas se réconcilier !
La gaieté est la santé de l'âme, la tristesse en est le poison.
Est-ce qu'un matador se dit parfois dans l'arène qu'il est en train de se battre contre un boeuf strogonoff ou contre des roulades ?
Les fleurs sur la tombe d'un ennemi ont un parfum enivrant.
Ne demande pas à Dieu la route qui mène au ciel : il risque de t'indiquer la plus difficile.
Si vous aimez la vie, elle vous aimera en retour.
La sagesse devrait se trouver en abondance ; qui, en effet, l'utilise ?
Les poteaux indicateurs peuvent transformer une chaussée en labyrinthe.
Les concerts ne sont jamais de la vraie musique, vous devez renoncer à y entendre toutes les plus belles choses de l'art.
A-t-on le droit de se considérer comme l'auteur de pensées qu'on n'a pas souhaitées ?
L'art a-t-il le droit de n'être qu'une hypothèse quand, tout autour, les évidences crèvent les yeux ?
Avec les rêves aussi on peut faire des confitures. Il suffit d'ajouter des fruits et du sucre.
Souviens-toi de ne jamais trahir la vérité ! Trahis certaines vérités !
Pour connaître la chance, il ne manque vraiment à certains qu'un peu de chance.
La beauté trop formelle devient une grimace.
Les ennemis qui se trouvent en première ligne sont les plus proches les uns des autres.
L'analphabétisme d'autrui, lui aussi, empêche d'écrire.
Dommage qu'on ne puisse trouver le bonheur sur la route qui mène à lui.
La raison nous montre notre devoir; celui qui peut nous faire aimer notre devoir est plus puissant que la raison elle-même.
La plupart des hommes font du bonheur une condition. Mais le bonheur ne se rencontre que lorsqu'on ne pose pas de condition.
Prends garde aux éphémères, leur temps est compté.
La censure intérieure de l'homme est impitoyable : nous ne connaissons même pas les pensées que nous ne voulons pas enfanter.
Le mot entre partout, mais il lui est parfois difficile de ressortir.
Entre un amour et le suivant, il faut par décence, passer par une période de quarantaine avec un troisième.
Je crois que la vie est plus intelligente que la littérature.
Dommage que pour aller au paradis, il faille le faire en corbillard !
En sciences, nous devons être intéressés aux choses, pas aux personnes.
De quoi tu es né dépend de la génétique ; à quoi tu retourneras, de la politique.
Un chef-d'oeuvre ne lèche pas la main de son créateur.
La vérité triomphe parfois, quand elle cesse de l'être.
Qu'est-ce que donc que le chaos ? C'est l'ordre qui a été bouleversé lors de la création du monde.
Derrière tout créateur devrait se tenir quelqu'un. Le mieux : que ce soit lui-même.