On aimerait à savoir si c'est la littérature qui corrompt les moeurs ou les moeurs au contraire qui corrompent la littérature.
Les peines de jeunesse sont comme les orages de printemps : de courte durée et vite dissipées.
Il est regrettable pour l'éducation de la jeunesse que les souvenirs sur la guerre soient toujours écrits par des gens que la guerre n'a pas tués.
La poésie est une union avec tous ou quelques uns, et c'est aussi hélas ! une solitude sans frontière.
Hélas ! C'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents.
Il n'y a que la littérature pour contourner, tout en les déplaçant, les interdits dont sont frappés nos rêves et nos désirs.
La vérité s'avance toujours seule et fragile, le mensonge au contraire a beaucoup d'auxiliaires.
Là où la religion n'a pas pénétré les lois et les moeurs d'un peuple, l'administration des cultes n'est que boutique.
La littérature ne modifie pas l'ordre établi, mais les hommes qui établissent cet ordre.
Toute littérature est assaut contre la frontière.
Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n'ai pas très faim.
La poésie rend la vie ce que les lumières et la musique font de la scène.
La jeunesse est capable de toutes les abnégations.
Elle n'avait plus l'insouciance de la jeunesse qui digère toutes les tragédies parce qu'elle a le temps pour elle.
On se sert de la raison comme d'un instrument pour acquérir les sciences, et on devrait se servir, au contraire des sciences comme d'un instrument pour perfectionner sa raison.
L'amitié peut être muette, et le doit être presque toujours. L'amour au contraire doit être éloquent et l'on ne peut jamais trop dire qu'on aime.
Nous sommes intoxiqués par la littérature au point de ne pouvoir vivre par nous-mêmes.
Les bêtises sont le contraire des femmes. Les plus vieilles sont les plus adorées.
Notre système politique, nos moeurs politiques sont fondées sur le conflit.
Quelle place la littérature prétend-elle prendre dans ce chaos où l'intime se mêle au politique, où tout semble mouvant et incertain, où le réel revendique sa part de piège et de risque ?
C'est mon professeur de philosophie, d'origine antillaise, qui me le rappelait un jour : Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l'oreille, on parle de vous.
La jeunesse est le moment des heures terribles et des doutes cruels, avec l'âge arrive la sérénité.
C'est une extraordinaire chose que le théâtre. Des gens comme vous et moi s'assemblent le soir dans une salle pour voir feindre par d'autres des passions qu'eux n'ont pas le droit d'avoir - parce que les lois et les moeurs s'y opposent.
La poésie sauve, transforme une expérience dévastatrice en pureté.
La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.
La gloire et les millions ne peuvent consoler de la jeunesse à jamais envolée.
C'est le mérite de la poésie qui a mille petites portes de planches pour une porte de pierre, mille sorties au jour le jour pour une gloire triomphale.
La poésie c'est justement la sensation de vivre, le carpe diem, le "pays de la première fois" contre le temps qui nous rattrape, nous marche dessus, nous pulvérise.
Allumant ton flambeauA l'étincelle des étoiles,Tu as, dans le marbre et sur la toile,Incarné la suprême beauté.Tu es la patrie de l'art divinEt toute grâce vient de toi :Tu es la source de l'allégresse,Tu es l'éternelle jeunesse !
Il ne sied pas à un homme de coeur, devenu tout-puissant, de prendre des moeurs nouvelles ; à ses amis mieux que jamais il doit être fidèle, à l'heure où sa prospérité lui permet mieux que jamais de les servir.
Comme la magie, la poésie est noire ou blanche, selon qu'elle sert le sous-humain ou le surhumain.