La critique devrait, en matière de littérature, être une sorte de pédagogie de l'enthousiasme.
Premièrement l'étude de la philosophie positive, en considérant les résultats de l'activité de nos facultés intellectuelles, nous fournit le seul vrai moyen rationnel de mettre en évidence les lois logiques de l'esprit humain, qui ont été recherchées jusqu'ici par des voies si peu propres à les dévoiler.
La philosophie est la discipline qui consiste à créer des concepts.
Une philosophie meurt nécessairement avec son philosophe... Une philosophie qui reste devient une religion.
Quand elle est dépourvue de flamme, la vérité est philosophie ; elle devient poésie quand elle emprunte sa flamme au coeur.
Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique.
De même que la médecine n'est d'aucun profit si elle ne chasse pas la souffrance du corps, la philosophie est inutile si elle ne chasse pas la souffrance de l'esprit.
Toute la métaphysique n'est qu'une partie de la littérature fantastique.
C'est quelquefois la critique d'un critique que nous n'aimons pas qui nous fait aimer le livre critiqué.
La philosophie française a été moins un monument original, créateur de l'histoire intellectuelle, qu'une simple excroissance épigonale.
Quand on est étudiant, on a des discussions élevées, on discute philosophie, poésie, littérature. La littérature la plus noble prenait sa source à l'université. Mais une autre voix répondait à la première : « Va d'abord torcher le tien, branleur ! »
Le roman est l'apprentissage de la liberté de penser.
Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré.
Un roman commence par un coup de dés.
S'il n'y avait dans le monde que l'inébranlable, l'impérissable, l'inaltérable bourgeoisie, la littérature ne trouverait pas de matière. Le romancier ne peint jamais un ordre qu'en train de se déranger.
Que notre vie n'ait pas de valeur artistique, c'est très possible. Raison de plus pour que la littérature en ait une.
Un auteur est souvent obscur pour le lecteur parce qu'il procède de la pensée à l'expression plutôt que comme le lecteur de l'expression à la pensée.
Un auteur est original, ou bien il passera vite. Il est un créateur, ou il n'est rien. Comment définir un créateur? C'est un auteur qui existe.
La critique : elle s'enrichit à nos dépens et se nourrit de petits fours.
Un poète ne vit guère que de sensations, aspire aux idées et, en fin de compte, n'exprime que des sentiments.
L'amour n'est que le roman du coeur : c'est le plaisir qui en est l'histoire.
Le Roman est une Mort; Il fait de la vie un destin, du souvenir un acte utile, et de la durée un temps dirigé et significatif.
La littérature est un art inégalable qui relate la vie réelle d'une communauté, ses moeurs.
L'amour est pour la femme un roman dont elle est l'héroïne ; pour l'homme, un roman dont il est l'auteur.
La critique est aisée et le critique dans l'aisance.
Dieu n'est-il pas le poète suprême en tant qu'il improvise les mondes ?
On a plébiscité ce livre parce qu'il est agréable à lire, sans temps morts ni effets de style, se lit d'une traite. Peut-on faire compliment plus laid dans la littérature que 'ce que j'aime dans le livre, c'est que j'ai eu le sentiment de n'avoir pas eu besoin de le lire ?'
La littérature est un grand mot, souvent utilisé avec emphase ; alors que c'est avant tout un rendez-vous qui nourrit chacun de nous.
La Littérature est comme le phosphore : elle brille le plus au moment où elle tente de mourir.
La philosophie est chose ni plus ni moins sérieuse qu'une suite en ré mineur.
La philosophie a cela d'utile qu'elle sert à nous consoler de son inutilité.