La littérature est aux lettres ce que le facteur est aux imprimés...
Il n'est pas au pouvoir de la fiction d'inculquer la vérité.
La philosophie donne l'impression de s'occuper seulement de la vérité, mais peut-être ne dit-elle que des fantaisies, et la littérature donne l'impression de s'occuper seulement de fantaisies mais peut-être dit-elle la vérité.
Rien ne suscite autant l'amour de la littérature que d'apprendre que l'écrivain a été fourré au gnouf pour avoir réveillé la libido de millions d'individus...
La littérature doit dépasser le bout de la rue, montrer ce qu'une caméra ne voit pas, illuminer les coins obscurs de la vie, de la réalité, insinuer des doutes dans la tête des gens.
L'âge est devenu une maladie vénérienne.
La poésie est la mathématique du langage et de l'existence, le roman en est la physique.
La plus grande faiblesse de la pensée contemporaine me paraît résider dans la surestimation extravagante du connu par rapport à ce qui reste à connaître.
La Littérature est comme le phosphore : elle brille le plus au moment où elle tente de mourir.
Les lettres anonymes sont d'une lâcheté sans nom.
La mort est une maladie de l'imagination.
La poésie éclaire comme un feu d'artifice, elle ne veut pas chasser la nuit, mais, au contraire, en tirer parti.
On ne peut rien aimer que par rapport à soi.
Une longue maladie semble être une halte entre la vie et la mort, que la mort elle-même peut être un réconfort pour ceux qui meurent et pour ceux qui restent.
C'est dans le rapport à autrui qu'on prend conscience de soi; c'est bien ce qui rend le rapport à autrui insupportable.
Le prix du chapeau n'est pas en rapport avec la cervelle qu'il coiffe.
La croyance au rapport de cause à effet est la superstition.
La poésie n'est autre chose que la santé du discours.
La science est grossière, la vie est subtile, et c'est pour corriger cette distance que la littérature nous importe.
La vérité dépasse peut-être la fiction en cela qu'elle est infiniment plus décevante.
Le langage populaire, avec son radotage obsessionnel, sa pauvreté de vocabulaire, sa manie fastidieuse d'énumérer des détails superflus, sa dépendance du concret, voilà d'où surgit soudain la poésie sans crier gare.
Un avocat sans histoire ni littérature est un mécanicien, un simple maçon ouvrier; s'il en possède quelque connaissance, il peut se dire architecte.
La poésie est une forme de violence.
Comme la magie, la poésie est noire ou blanche, selon qu'elle sert le sous-humain ou le surhumain.
Croire qu'on va être soi-même et vivre son identité et sa sexualité sans en passer par le rapport à l'autre sexe, donc le manque, c'est une illusion.
La poésie guérit les blessures infligées par la raison.
Rien de plus isolant qu'une maladie mentale.
La littérature mène à tout à condition d'en sortir.
La constance d'une habitude est d'ordinaire en rapport avec son absurdité.
La poésie n'a jamais fini de s'inventer. C'est son signe d'éternité.
La maladie de l'adolescence est de ne pas savoir ce que l'on veut et de le vouloir cependant à tout prix.