C'est la prose qui donne l'empire à une langue, parce qu'elle est tout usuelle : la poésie n'est qu'un objet de luxe.
Le luxe profond c'est de déceler l'insignifiance, absorber ses résonances, découvrir le coeur de l'insignifiance et savoir l'aimer.
La fenêtre, en province, remplace le théâtre et les promenades.
Politesse ici, grossièreté ailleurs : on est toujours le Barbare de quelqu'un.
Le théâtre est un acte artificiel.
L'objet caméra ne me fait pas peur alors que le spectateur de théâtre me fout une trouille bleue.
Le théâtre est l'innommable qui vient dans le nom.
L'amour - et la poésie qui est sa conscience aérienne, sa plus humble figure, son visage au réveil - est profondeur de l'attente, douceur de l'attente.
La poésie rend la vie ce que les lumières et la musique font de la scène.
La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu'on ne pense de la vie, qui est toujours en deçà de l'instant qui frappe.
C'est un réseau sans issue, un vrai filet à poissons que je tends autour de lui, une robe au faste perfide.
La preuve que le théâtre est un endroit singulier : on s'habille pour entrer dans une "baignoire".
Je fais souvent l'analogie avec le tennis. A chaque match, les règles sont les mêmes, mais aucun jeu n'est identique. Le théâtre est comme ça. Chaque fois c'est différent.
L'effet de théâtre est de deux sortes : fusion des acteurs et fusion des spectateurs. La mise en scène peut opérer les deux.
La décadence ne peut trouver d'agents que lorsqu'elle porte le masque du progrès.
La poésie peut être l'envers du silence, son miroir.
La vie c'est du théâtre et des souvenirs.
Le luxe n'est pas un plaisir, mais le plaisir est un luxe.
Le théâtre est un permis de construire sur la lune.
La poésie vit d'insomnie perpétuelle.
On dit de moi que je suis théâtrale mais je clame haut et fort que je suis le théâtre, et que le théâtre c'est moi. Je suis un spectacle sans interruption.
Tant qu'il y aura des yeux reflétant les yeux qui les regardent ; tant qu'une lèvre répondra en soupirant à la lèvre qui soupire ; tant que deux âmes pourront se confondre dans un baiser, il y aura de la poésie !
Il est bon qu'un poème soit présenté à la fois à l'oeil et à l'oreille.
Il fallait se méfier de la méchanceté qui semble être un luxe qu'on peut se permettre, quand on est jeune, car la vérité est tout autre: la méchanceté est une lumière froide dans laquelle les choses perdent leurs couleurs, et ce définitivement.
Les Duos pour piano et violon d'Henri Reber, d'un art si délicat, inconnus aux amateurs de nos jours qui préfèrent au pur jus de la treille servi dans des vases de cristal, les breuvages empoisonnés présentés dans des coupes d'or. Il leur faut l'orgie, des lambris somptueux, un luxe écrasant.
La mort d'un chat présage la décadence de la maison.
La poésie a été inventée pour donner un visage honorable à la mort.
Douce poésie ! Le plus beau des arts ! Toi qui, suscitant en nous le pouvoir créateur, nous mets tout proches de la divinité.
Le théâtre est le premier sérum que l'homme ait inventé pour se protéger de la maladie de l'Angoisse.
La poésie libère la magie des mots.
Le théâtre documentaire affirme que la réalité, quelle que soit l'obscurité dont elle se masque elle-même, peut s'expliquer dans le moindre détail.