Un écrivain peut finir par devenir un simple jongleur de mots plus ou moins adroit. Il peut en arriver à oublier l'essentiel : cette source qui coule au fond de nous et qui est le véritable lieu de rencontre des êtres.
Nous vivons dans un monde où des activités de plus en plus nombreuses et pressantes concurrencent toujours plus durement celle qui consiste à se préoccuper de la poésie, que ce soit dans les livres ou dans le rapport à soi.
Je ne suis pas le look parfait et je ne dis pas ce qu'il faut. Je suis un peu différente, mais rien de vraiment spécial, mais je suppose que j'apparais plus vraie pour les gens, et que ça transparaît à l'écran.
Etre arrivé au cinéma de grande distraction est, pour moi, un plaisir.
Pour celui qui bosse sur un chantier, le troquet est un havre, une gourmandise, un endroit où l'on se réchauffe et où l'on discute.
Le pouvoir qui a la main de fer dans un gant de velours, a la peur de la spontanéité, du génie propre, du naturel de la jeunesse. Elle dérange parce qu'elle porte à remettre en question un certain nombre de valeurs reçues et le système.
Si les maris pouvaient laisser leurs femmes avoir un ou deux amants pour leur permettre de comparer, il y aurait beaucoup plus de femmes fidèles.
Se venger d'un faquin, c'est se déshonorer. Mépriser sa lâche insolence, c'est toute la vengeance qu'un noble coeur en doit tirer.
Une femme hargneuse est un mauvais voisin.
La compassion est un trésor pour l'humanité.
Mais aujourd'hui encore je pardonne difficilement, aux intellectuels surtout, la complaisance, sinon la complicité devant l'erreur. Ils ont le droit de se tromper, pas de tromper les autres, même par prudence ou tactique, par solidarité ou par discipline. Par discipline ! Un intellectuel discipliné est-il un intellectuel ?
L'amour, c'est offrir quelque chose à l'âme et au coeur de l'autre, un élan, une vie, une inspiration, afin que cet être-là s'épanouisse et avance dans la lumière et dans la joie.
Une grande beauté, une grande force et une grande richesse ne sont vraiment et véritablement d'aucune grande utilité ; un coeur droit dépasse tout.
Jamais, jamais et plus jamais ce beau pays ne connaîtra à nouveau l'oppression de l'un par l'autre.
De la provocation je crois qu'on en a besoin pour sortir un peu de la masse.
Chaque jour est un voyage à travers l'histoire.
On peut aimer quelqu'un qui ne nous aime pas, on peut très bien aimer quelqu'un qui ne nous connait pas mais on ne peut pas être l'ami de quelqu'un qu'on ne connait pas.
La vie se prête, ne se rend pas. Elle se perd comme un livre que l'on confie et que l'on ne revoit jamais.
Un jour, chacun pensera exactement ce qu'il a envie de penser, et alors tout le monde aura probablement les mêmes opinions.
Un homme ferme et même inébranlable dans son jugement sur nous nous donne force et consistance.
Souvent un homme croit à ce qu'on lui apprend parce qu'il a envie d'y croire.
L'eucharistie n'est pas un dessert pour enfants sages, c'est une relation de combat.
Un ami dans la vie est très bien ; deux, c'est beaucoup ; trois, c'est à peine possible. L'amitié nécessite un certain parallélisme dans la vie, une communauté de pensée, une rivalité de but.
Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'en embrassant... parce que les choses les plus profondes et les plus pures peut-être ne sortent pas de l'âme tant qu'un baiser ne les appelle.
La poésie, c'est comme le radium ; pour en obtenir un gramme, il faut des années d'effort.
La meilleure façon de tuer un artiste est sûrement de lui donner tout ce dont il a besoin.
Je compterais plus sur le rôle d'un homme espérant une grande récompense que sur celui d'un homme l'ayant reçue.
Je ne bois jamais. Sauf si un autre paie.
Il n'est qu'un esprit lézardé pour avoir des ouvertures sur l'au-delà.
Les jours sont faits pour sonner l'un après l'autre comme une volée de cloches. C'est le coeur de l'homme qui leur sert de battant. Si le coeur n'y est pas, les jours sont tristes.
On tue les autres, tous, un petit peu. Sur terre, c'est ce qu'on fait ; on tue le coeur des autres...
On confond vite la réalité avec un état d'âme.
Rien n'enhardit à commettre une faute, à courir un risque, comme la pensée de se savoir absous d'avance...
Un héros qui n'a pas l'occasion de faire des prouesses a l'impatience d'un coursier devant son auge.
Celui qui enseigne tient le même rang qu'un père.
La plupart des livres d'à présent ont l'air d'avoir été faits en un jour avec des livres lus de la veille.
Les héros ont aujourd'hui une durée de vie et un domaine d'action extrêment réduits.
La vie de toute personne qui pense est un drame terrible.
Elle pleure pour tellement de raisons qu'elle n'a pas envie d'y penser. C'est toute sa vie qui lui revient dans la figure. Alors, pour se protéger un peu, elle se qu'elle pleure pour le plaisir de pleurer et c'est tout.
Chaque fois qu'un homme a fait triompher la dignité de l'esprit, chaque fois qu'un homme a dit non à une tentative d'asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte.
Quand on demande de croire sur parole, on est déjà, qu'on le veuille ou non, qu'on le sache ou non, dans l'ordre de ce qui est seulement croyable. Il s'agit toujours de ce qui est offert à la foi, appelant [...] ► Lire la suite
La richesse est un épais matelas, elle amortit les chutes, permet de se relever.
Je crois que Berlioz a trop aimé Shakespeare, Byron et Goethe ; lui-même l'a avoué sans en avoir conscience. Il appelle Goethe et Shakespeare les « explicateurs de vie ». Ce mot, quand on y réfléchit, est terrible. On assiste [...] ► Lire la suite
On a constamment accusé Rousseau de prétendre que la société n'est pas l'état naturel de l'homme, et qu'il convient d'en revenir à l'état de nature, conçu comme une sorte d'âge d'or ou de paradis perdu. C'est un contresens total. Non [...] ► Lire la suite
La terre est un chef ; l'homme est son serviteur.
Le moteur qui reçoit et accepte tous les coups de pilon finit par se trouer un jour.
Si le sauvage t'envoie en mission, tu n'es pas obligé de te comporter comme un sauvage.
Un effort complet est une victoire complète.
J'adore cette époque viking, mais c'est aussi un peuple fataliste et cela a dicté leur intrépidité au combat et leur approche de la vie.
La misère religieuse est tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l'âme d'un monde sans coeur, de même qu'elle est l'esprit d'un état de choses où il n'est point d'esprit. Elle est l'opium du peuple.