Les livres enseignent tout. Excepté la vie. Celle-ci ne s'apprend qu'en vivant.
Les prétendus besoins spirituels ne sont qu'une sorte de masturbation.
Les riches ne font plus envie. Ils sont gros, moches et vulgaires, leurs femmes sont liftées, ils vont en prison, leurs enfants se droguent, ils ont des goûts de ploucs, ils posent pour Gala.
La langue est un instrument dont il ne faut pas faire crier les ressorts.
Les pensées vont et viennent à leur guise dans notre tête, on ne fait pas exprès de croire ce qu'on croit.
L'enseignement est semblable à un radeau qui est fait pour traverser, mais auquel il ne faut pas s'attacher.
L'homme se bronze ainsi : il use la femme pour que la femme ne puisse pas l'user.
Ne faisons pas du bonheur une obsession : vivons et il viendra. Mais pour cela, sachons ouvrir nos yeux à ces bonheurs qui s'ignorent et que nous ignorons.
L'homme est ainsi, il a deux faces : il ne peut pas aimer sans s'aimer.
Ne la sous-estime pas et ne parie pas contre elle.
Le désordre créé dans le salon le jour de Noël est l'un des dégâts les plus glorieux au monde. Ne le nettoyez pas trop vite.
Trump dit qu'il veut se présenter à la présidence. Pourquoi pas? Ce ne serait pas la première fois qu'il poussait une famille noire hors de sa maison.
On ne peut pas vivre sans humour; si l'on est incapable de rire de soi, on risque de souffrir.
Même le plus ignorant des hommes ne peut être assez stupide pour nier que tout homme naît naturellement libre.
Ce qui est important, ce n'est pas seulement de comprendre mais de vivre avec tout. De ne rien éluder.
Les hamsters ne connaissent pas leur bonheur qui bénéficient des nouveaux médicaments aux effets miraculeux cinq années avant les hommes.
Il y a des femmes dont on ne supporte ni la présence ni l'absence... c'est sans solution.
Aujourd'hui ou on s'épouse et on n'a pas d'enfant ou on ne s'épouse pas et on a des enfants.
Il ne faut pas s'occuper des autres : ils sont ailleurs.
Nous sommes si présomptueux que nous voudrions être connus de toute la terre, et même des gens qui viendront quand nous ne serons plus.
Je ne sais pas si je crois en Dieu. Mais, tout au moins suis-je sûr, grâce à l'histoire qui me recueille, de croire en ceux qui de tout temps et partout ont cru en Lui.
On se plaît au récit des maux qu'on ne sent plus.
Dieu ne s'offre que dans l'anéantissement de l'esprit. La nuit intérieure est préalable à toute contemplation de Dieu.
La vérité ne fait pas de politique... et réciproquement.
On ne guérit pas d'un mal en s'en occupant tout le temps.
Quand on use ses jours à écrire, c'est qu'on y est contrainte par je ne sais quelle force occulte. On est sommée de continuer sa mémoire comme si on était déjà morte.
On dit : retracer une vie. Mais les arabesques et méandres dessinent à la fin un motif plutôt indiscernable : juste une forme évidée. Peut-être ne fait-on que cela : broder sur la musique du temps, avec parfois des cassures.
On ne pense pas à tous les frais que nous avons, nous autres bigames. Deux mariages, vous savez, ça vaut un incendie.
Quand je serai grand, je ne lirai pas le journal, je ne m'intéresserai pas aux grands problèmes et je n'irai pas voter. Comme ça, je pourrai me plaindre de ne pas être représenté par le gouvernement.
Quand on chasse le crotale, généralement on ne le trouve pas... et il n'est pas rare qu'il ait mordu avant qu'on l'ait vu.
Avec le temps, on ne vit plus que des sentiments mitigés : plus rien n'est plein, ni les bonheurs ni les malheurs ; toute chose à son ombre, qui s'allonge et où l'on pourra se reposer.
La pratique du zapping procure au téléspectateur l'illusion de la sélection consciente, alors qu'il ne répond souvent qu'à des réflexes immédiats d'ennui passager.
L'actualité. Ne rien choisir, tout prendre. S'étonner de tout. Insatiable curiosité, inlassable marée dont la vague laisse sur la grève les traces de faits, de noms, d'événements, trop vite effacés par la vague suivante.
Rien ne vaut la vie des autres pour ne pas vivre la sienne.
D'une certaine manière, « la pensée » ne veut rien dire.
Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait rienSi l'on construisait les phrases à l'enversOu si l'on soulevait demainQui serait l'adversaire ?Entre nous qui serait le plus malin ?Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait plus rien ?
Cela paraît simple : ne chantons-nous pas déjà notre respect et notre amour pour la terre des êtres libres et la patrie des braves ? Oui, mais qu'aimons-nous, au juste ?
Par exemple être ailleursAvoir envie d'être ailleursRien faireAvoir envie de rien fairePrendre des ruesMarcher dans les avenuesCroiser les gensAvec les soucis d'argentSentir son coeur vide éperdumentComme s'il ne pouvait plus sentir les sentiments
L'accumulation de possessions ne garantit en rien la joie de vivre.
Ma mère a mieux aimé mourir que de me voir et mon père, dès que je suis né, a mis tout son coeur à me détester.
Je suis désolé que mon existence ne soit pas très noble ou sublime.
S'il y a un Dieu, il est caché, il est ailleurs, il est hors du temps, il n'obéit pas à nos lois et nous ne pouvons rien dire de lui. Nous ne pouvons décréter ni qu'il existe ni qu'il n'existe pas.
Un musée ne peut être un lieu où on se contente de montrer.
Tout ce que je décide de faire signifie quelque chose, sinon je ne le fais pas.
Je ne parle que deux langues: anglais et le mauvais anglais!
Il est important, en allant après un but, de ne jamais perdre de vue l'intégrité du voyage.
Si je porte des lunettes noires sur scène, ça n'est pas pour jouer au vieux rocker. C'est que je ne veux pas être distrait par tout ce qui se passe autour de moi. Sans ces lunettes, j'ai l'impression d'être tout nu au beau milieu d'une épicerie, avec des miroirs au plafond.
Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui.
Je suis à l'âge où, si l'on ne réalise pas tout de suite ses derniers rêves d'enfant, ils se transforment l'année d'après en regrets de vieillard.
A notre époque, on ne se marie jamais très bien du premier coup, il faut s'y reprendre.