Quand je donne un spectacle au Maroc, ce n'est pas facile, parce que je veux que ce soit nickel. C'est comme si tu présentais un show devant ta famille.
Qu'il ne me lise pas, celui qui n'est pas mathématicien, car je le suis toujours dans mes principes.
- Quelle tête elle a ? C'est peut-être un thon ! - Ce n'est pas ça qui m'intéresse. Pour moi, ça passe d'abord par une relation d'esprit à esprit... - Ouais, ben, si ça se trouve, c'est une relation d'esprit à thon !
Les négateurs ne sont pas des critiques. Une haine n'est pas une intelligence. Injurier n'est pas discuter.
Elle a les jambes comme l'Arc de Triomphe, mais son poilu n'est pas inconnu.
Les enfants, ce n'est pas sorcier, ça pousse à travers nos erreurs.
La vertu des femmes n'est souvent que la maladresse des hommes.
On n'est que plus près du danger, Quand on croit n'avoir rien à craindre.
L'âge n'est qu'un simulacre. Au plus profond de soi, il n'y a de vif et de vrai que son enfance et sa jeunesse.
Aucune chose n'est réelle en soi. Elle naît du voisinage des autres.
Aimer, ce n'est pas s'installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie.
Rien n'est éternel sauf, chez les hommes courageux, le goût de la liberté.
La contradiction entre les deux infinis de Dieu : créer les constellations et donner sa vie pour sauver une âme, n'est qu'apparente. Car une seule âme équivaut à une galaxie dans un système de mesures qui justement définit Dieu.
Tout ce qui se mesure finit, et tout ce qui est né pour finir n'est pas tout à fait sorti du néant, où il est sitôt replongé.
Une seule phrase compte dans un livre, et il n'est pas donné à celui qui écrit de savoir laquelle.
Etre nus, c'est ne plus rien se cacher, c'est ne même plus avoir besoin de mots car le corps parle de lui-même, dans cet ailleurs de l'enfance qui n'est plus que la simplicité quand elle sait s'habiter.
Le grand problème de la production capitaliste n'est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces mais de découvrir des consommateurs, d'exciter leurs appétits et de leurs créer des besoins factices.
L'homme n'est pas une créature destinée au bonheur. Voilà. Il est confronté à cette angoisse qui n'existe pas chez l'animal : la conscience du futur. Et plus encore, celle de la mort.
La vraie perte n'est possible que si vous aimez quelque chose de plus que vous ne vous aimez.
L'homme n'est pas fait pour travailler, et la preuve, c'est que ça le fatigue.
Ce n'est pas tellement un problème de reconnaissance du chanteur. Au bout de cinquante ans de carrière, je n'en suis plus là. C'est plutôt le manque de reconnaissance à l'homme qui me chagrine.
Je pense qu'aucun frisson pouvant traverser le coeur d'un humain n'est comparable à ce que ressent un inventeur lorsqu'une création de son esprit se réalise avec succès. De telles émotions font oublier à un homme la nourriture, le sommeil, les amis, l'amour, tout.
Ce qui est déshonorant, ce n'est pas de mentir, c'est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge. Il y a des maladroits du mensonge : ceux-là on devrait les reléguer dans la vérité et leur interdire d'en sortir.
Ce qu'on nomme l'Histoire n'est qu'un roman inlassablement réécrit.
La fin d'une vie n'est rien à côté de la fin d'un amour.
Aimer n'est pas, ne peut pas être le seul objectif d'une vie. Ce n'est qu'une sorte de vanité déguisée.
Ce n'est que rétrospectivement que la vie paraît douce. Elle ne nous semble vivable que lorsque le moment présent est supportable.
Chacun de nous n'est-il pas le gardien vigilant de sa propre tristesse ?
Le latin n'est pas une langue marrante. D'ailleurs elle en est morte.
Ce n'est pas assez posséder le Soleil si nous ne sommes capables de le donner.
Tant qu'il n'est question que de détruire, toutes les ambitions s'allient aisément.
La constance des sages n'est que l'art de renfermer leur agitation dans le coeur.
Il n'est de souvenir douloureux que des morts. Or ceux-ci se détruisent vite, et il ne reste plus autour de leurs tombes mêmes que la beauté de la nature, le silence, la pureté de l'air.
Il n'est pas plus surprenant de vivre deux fois qu'une.
Un indécis mou est un électeur qui n'est pas sûr de ne pas être décidé.
L'usage du vin est affaire de modération. Le vin réchauffe et réjouit, on en donne aux faibles pour les conforter mais aux malades enfiévrés. La sobriété n'est pas abstinence, c'est la mesure de cette boisson délicieuse.
Dans le monde d'aujourd'hui, ce n'est pas le corps des hommes mais leur esprit qui est l'enjeu de la lutte politique.
Aucune langue n'est assez belle pour Dieu. Le silence est la seule langue possible pour parler à Dieu. Dieu sait tout, voit tout. Il lit au fond de moi mieux que moi-même.
Qu'est-ce que la fin d'un monde si ce n'est un simple clin d'oeil d'un univers éternel.
Un sexologue vierge n'est qu'un théoricien des parties.
Au fond la femme nue est essentielle au puritanisme comme l'enfer est la condition du ciel. Le mythe du fruit défendu n'est acceptable que si, dans l'autre monde, il devient votre nourriture.
Le bonheur se distingue du plaisir : ce dernier n'est pas lié au sentiment de l'existence, on ne s'y oublie pas en tant qu'être singulier. Ici se loge la deuxième raison qui peut expliquer la rareté de ce bonheur en littérature.
L'expérience, ce n'est pas ce qui arrive à un homme, c'est ce qu'un homme fait avec ce qui lui arrive.
Il n'est pas considéré comme poli en Russie de compter l'argent dans la poche de quelqu'un d'autre.
On commet l'adultère avec un tiers qui n'est pas sa moitié.
Tout ce qui passe n'est que symbole.
La vie n'est pas mauvaise, elle est pire.
Il n'est pas vrai que rien soit jamais effacé, Le passé n'est jamais tout à fait le passé.
Les êtres sont inachevés l'un par rapport à l'autre, l'animal par rapport à l'homme, ce dernier par rapport à Dieu, qui n'est inachevé que pour être imaginaire.
L'utile n'est pas vicié par l'inutile.