Le sage vit dans la conscience des difficultés et n'en souffre pas.
Le sage ne doit pas s'entêter si la chance lui a fait grise mine.
Le sage a les yeux ouverts mais l'insensé marche dans les ténèbres.
Grâce à sa détermination, son attention, sa modération et sa maîtrise de lui-même, le sage crée une île qu'aucun raz-de-marée ne saurait submerger.
Le sage ne veut pas être estimé comme le jade, ni méprisé comme la pierre.
Que de tout inconnu le sage se méfie !
Le sage ne s'affuble pas d'un sabre d'or.
Le sage craint le mal et se détourne le sot est insolent et sûr de lui.
Qui est le sage ? C'est celui qui apprend de tout homme.
Le sage et l'insensé sont formés de la même matière.
Le sage ne peut rien souhaiter sur terre, sinon de rendre un jour le mal qu'on lui a fait.
Jamais le sage ne se met en colère.
Le sage peut découvrir le monde sans franchir sa porte. Il voit sans regarder, accomplit sans agir.
Le sage ne rencontre pas de difficultés. Car il vit dans la conscience des difficultés. Et donc n'en souffre pas.
Trois choses ne se connaissent qu'en trois occasions. On ne connaît la valeur qu'à la guerre, le sage que dans sa colère et l'ami que dans la nécessité.
Le sage est méthodique mais pas tranchant, intègre mais pas blessant, droit mais pas absolu, lumineux mais pas éblouissant.
La vie ressemble à un livre, les sots le feuillettent, le sage le lit avec attention, car il sait qu'il ne le lira qu'une fois.
Le sage poursuit l'absence de douleur et non le plaisir.
Trois sortes de personnes ne tirent rien de trois autres ; le noble du roturier, le bon du méchant, ni le sage de l'ignorant.
Le paysan creuse des canaux dans les champs, l'armurier façonne la flèche, le charpentier courbe le bois, mais le sage se perfectionne lui-même.
Le fou se croit sage et le sage reconnaît lui-même n'être qu'un fou.
Quoiqu'il soit content de lui-même, le sage a besoin d'amis.
Le sage ne calcule pas s'il réussira ou échouera, les chances pour et contre. Il fixe le but, puis il tend.
Le sage doit quitter la vie avec autant de décence qu'il se retire d'un festin.
Le sage ne s'afflige jamais des maux présents, mais emploie le présent pour en prévenir d'autres.
Le sage connaît la mesure.
En tout temps le sage veille.
Le sage ne peut être pauvre.
Le sage doit garder un vice pour ses vieux jours.
Quand le sage est en colère, il cesse d'être sage.
Le sage a beau voyager, il ne change pas de demeure.
De tout inconnu le sage se méfie.
Le sage n'a ni maison, ni parenté, ni patrie.
L'homme vulgaire aime ceux qui lui paraissent bons ; le sage étend sa plus grande sympathie à ceux qu'il voit être méchants parce qu'il a sondé leur misère.
Le sage ne s'afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas ; il s'afflige de ne pas connaître les hommes.
Le sage honore Dieu même en gardant le silence ; ses actes ont plus de prix que ses paroles.
Le sage s'interroge sur lui-même, l'homme vulgaire interroge les autres.
Les douceurs de ce monde sont pour celui qui ne les connaît pas, et son amertume est pour le sage.
Le sage fait son deuil de sa mort.
Le sage n'a pas besoin de demander, mais l'idiot demande en vain.
Le sage doit rechercher le point de départ de tout désordre. où ? Tout commence par le manque d'amour.
Confronté à l'insulte, le sage fait preuve de grandeur d'esprit et se protège avec des pensées bien choisies.
Le sage n'est qu'un enfant qui a mal d'avoir grandi.
Plus le sage donne aux autres, plus il possède.
Vivre, il est déjà tard pour s'y mettre aujourd'hui ; le sage a commencé hier.
L'imbécile vit heureux, le sage vit longtemps.
C'est dans le plaisir - mémoire du passé ou espoir en l'avenir - que le sage se régénère.
Le sot donne libre court à tous ses emportements, mais le sage, en les réprimant, les calme.
Le sage sait que le nord de la prudence consiste à se conformer au temps.
Le sage sourit souvent, et rit rarement.