La liberté n'est possible que dans un pays où le droit l'emporte sur les passions.
Une jolie tête ? C'est comme si vous décidiez d'après le bouchon de la bouteille.
Mourir, c'est changer de corps comme l'acteur change d'habit.
Naître est une chance, et mourir est aussi une chance.
La vérité que cherche l'oeuvre d'art, c'est la vérité universelle de ce qui est singulier.
La façon dont un homme fait l'amour est un des traits les plus caractéristiques de son signalement.
Le livre d'un grand homme est un compromis entre le lecteur et lui.
Où règne la justice, c'est à la liberté d'obéir.
Le désir d'un meilleur état est la source de tout le mal dans le monde.
Ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est qu'on la trouve.
Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre.
La bouillabaisse, c'est du poisson avec du soleil.
La gloire est un vêtement de lumière qui ne s'ajuste bien qu'aux mesures des morts.
Notre vie est une coquette si laide qu'on n'ose la regarder en face de peur d'être effrayé.
S'il est vrai qu'il est plus facile pour un chameau de passer à travers le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au Royaume des cieux, un constat s'impose : il n'y a pas de sport professionnel au paradis.
Dieu n'est pas parmi les êtres, car c'est lui qui crée ce qui est de ce qui n'est pas. Il n'est rien de ce que sont les êtres.
Il y a de la joie dans tout, même dans la honte ; le tout c'est d'oser la prendre.
L'individu à lui seul est un être pauvre, un être facilement vaincu, et il a besoin d'un milieu favorable pour développer ses possibilités. Mais la société n'existe que pour l'individu et non pas l'inverse.
Quelle est donc notre conception de Dieu sinon la personnification de l'inconcevable ?
La guerre, on ne la fait pas : c'est elle qui nous fait.
Quand un acteur est violent, le public ne résiste pas : il admire, non de confiance, mais de peur.
En politique, on ne s'entendra jamais. Mais c'est peut-être ce que demandent les partis. C'est peut-être le jeu des partis.
Le percepteur est un homme qui distribue des rôles écrasants aux contribuables sous prétexte qu'ils aiment souvent lui jouer la comédie.
C'est à cet instant qu'on reconnaît précisément le collectionneur. Il se fiche de la mode. Il transcende le temps.
Vingt et un an ! C'est chez certains le grand coup d'ailes dans un univers sans frein, sans clôture, sans obstruction, sans défense, sans interdit.
La parole est déjà du luxe, de l'excès, de la superstructure.
Il n'y a qu'un secret pour conserver le bonheur, c'est de le renier, c'est de le méconnaître ; il se plaît quelquefois à rester chez les ingrats.
La colère n'est qu'une course vers la justice.
Le christianisme en France est en train de devenir folklorique.
Un niais est aussi nécessaire au mélodrame qu'un tyran est indispensable.
La grâce est aux grands coeurs honteuse à recevoir.
Il est difficile pour un acteur de jouer naturellement si l'esprit demeure inoccupé.
Un véritable roi vit en quelque sorte hors de lui-même, sa vie n'est sienne que pour autant qu'il la donne à son peuple.
Lire, c'est regarder la mort sans la voir, sans y croire, les yeux béants, les yeux béats.
L'homme est le seul animal à savoir quelque chose de son grand-père.
La folie, ce n'est pas la confusion, c'est un palmier qui donne des dattes sans noyau, c'est une brûlure qui ne fait pas mal, c'est le baiser de l'absent.
Ce qui n'est ni fait ni à faire doit être fait.
La fait du véritable artiste n'est pas de se complaire en ce qu'il fit, mais de le comparer tristement à ce qu'il avait voulu faire.
Le téléspectateur est un concept de statisticien, un être mathématique opérationnel dont notre époque use et abuse, et auquel on donne volontiers la plénitude d'une personne.
Chez les gens modestes, le tout est de savoir s'ils cassent les verres plus vite qu'ils n'achètent la moutarde.
Original est le seul mot que les gens connaissent pour étiqueter ceux qui vivent différemment d'eux.
Je ne sais pas pourquoi, mais un percepteur est toujours mal perçu.
Discuter, c'est comme se faire des abdominaux dans la tête.
Il est de certains êtres comme de certains pays, on n'en revient pas. Longtemps après les avoir quittés, leurs paysages et leur langue nous habitent encore.
C'est moins rare qu'on ne croit, la rancune dans l'amour.
L'homme naît seul. La solitude est son lot. La famille n'a d'autre fin que de l'enfoncer davantage.
La prétention est le deuil de la tête.
La littérature est un refuge. Elle a approfondi ma vision du monde. Les livres m'ont dit des choses que ne me disaient pas les vivants. En ce sens, elle m'a donné une leçon de morale artistique. Je luis dois ça, une conscience morale.
L'imagination est une force qui peut réellement manifester une réalité. Ne vous imposez pas de limites. D'autres le feront pour vous.
La beauté potentielle de la vie humaine est constamment aggravée par le chant toujours récurrent de représailles de l'homme.