Même lorsqu'on se croit heureux, le seul fait d'écrire nous fait voir ce bonheur-là comme une illusion...
Au frontispice de tous les théâtres, il faudrait écrire : ici n'entre pas l'homme de lettres.
Bien écrire, c'est le contraire d'écrire bien.
Ecrire : il le faut absolument pour sortir de soi-même.
C'est là une des contradictions de la littérature, qu'il y a un temps pour vivre, et un temps pour écrire, et que, dans le temps où l'on écrit, on n'a guère celui de vivre.
J'ai vraiment commencé à écrire de la musique pour me mettre au défi, pour voir ce que je pouvais écrire.
Le papier, c'est pour écrire, le chat c'est pour le rat. Le fromage c'est pour griffer.
S'écrire c'est toujours pour essayer de s'échanger des bouts de moments vécus trop seuls.
J'ai envie d'écrire et bien plus encore de dire vraiment ce que j'ai sur le coeur une bonne fois pour toutes à propos d'un tas de choses. Le papier a plus de patience que les gens.
Dès que les hommes de lettres se mettent à écrire, ils cessent de lire les oeuvres de leurs confrères.
Pour bien écrire, il faut une facilité naturelle et une difficulté acquise.
Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d'autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l'absence de l'un comme de l'autre.
Ecrire, c'est pas toujours le paradis. Vivre non plus. Même en prose.
S'écrire des lettres est la seule chose qui rend présents les hommes absents.
Il faut toujours que j'égare mon stylo au moment où je vais écrire la pensée de ma vie.
L'on croit se libérer (et de quoi ?) en écrivant et à écrire, on s'emprisonne. L'on crée des personnages qui nous enchaînent et l'on a peur de revivre leur destinée.
Mon amour, il y aura toujours une partie de mes lettres que tu liras vraiment avec ta peau. Pardonne-moi de t'écrire avec autant de naturel.
Conseil aux écrivains : à un moment donné, il faut cesser d'écrire. Même avant d'avoir commencé.
Il y a de nombreuses manières d'écrire une histoire. Le sensationnalisme n'en est pas une.
On ne peut dicter un aphorisme à une machine à écrire. Cela prendrait trop de temps.
Ecrire, c'est savoir dérober des secrets qu'il faut encore savoir transformé en diamants.
J'ai trouvé intéressant d'écrire. Je voulais savoir qui je suis. C'est très facile d'oublier tout ce qui c'est passé dans la vie. J'ai fait des films depuis 40 ans. Le titre est le premier auquel j'ai pensé. Je suis quoi [...] ► Lire la suite
Pour avoir quelque chose à écrire, il est infiniment plus nécessaire d'écouter que de parler.
Il ne faut pas avoir trop faim pour bien manger, car, dès qu'on se met à table, on n'a plus faim. De même il ne faut pas se sentir trop passionné quand on veut écrire.
Écrire une chanson dans la solitude, puis finalement elle arrive sur scène avec le public, on touche le rêve.
Ecrire n'est pas décrire. Peindre n'est pas dépeindre. La vraisemblance n'est que trompe-l'oeil.
Qu'est-ce que bien lire, sinon écrire ? Un texte est-il jamais lu par un autre que par celui qui l'écrit.
On reconnaît l'auteur dramatique autant aux scènes qu'il écrit qu'aux scènes qu'il évite d'écrire.
Ecrire pour moi, m'enfoncer dans ce qu'on appelle l'imaginaire, n'était-ce pas une façon de renverser un monde renversé, celui de l'enfant confondu à sa génitrice : pour retrouver, par la fiction, le réel ?
Ecrire c'est comme nager tout nu. Avec la bite qui flotte comme une fleur tellement les couilles deviennent légères.
Ecrire, c'est penser contre soi.
La littérature doit être facile à comprendre et difficile à écrire.
Toute écriture est fictive, même et peut-être surtout lorsqu'on s'efforce de raconter une vie. Il y a entre les mots et la réalité un décalage sans lequel écrire ne serait pas possible.
Jamais je ne pourrai écrire mes mémoires, je mens trop.
Écrire sur un ami, c'est se fâcher avec lui.
Pour aller vite en amour, il vaut mieux parler qu'écrire.
Ecrire, c'est surtout essayer de survivre.
Écrire n'est pas décrire, peindre n'est pas dépeindre.
Le plus authentique des chagrins se défend contre lui-même en faisant des phrases. C'est cela, peut-être la nécessité littéraire, ce besoin vital d'écrire autour...
Ecrire comme un chien qui fait son trou, un rat qui fait son terrier. Et, pour cela, trouver son propre point de sous-développement, son propre patois, son tiers monde à soi, son désert à soi.
C'est bon écrire. On regarde filer sa main, qui trace de curieuses arabesques ; et la pensée précède ou accompagne la grimace de l'encre qui s'écoule et des signes qui s'inscrivent.
Ecrire pour le théâtre, c'est écrire pour l'autre : le metteur en scène et l'acteur car ce sont eux qui, avant le public, transforment en représentations scéniques les mots couchés sur le papier.
Ce qui m'oblige d'écrire, j'imagine, est la crainte de devenir fou.
Que peut faire un poète sans souffrance ? il a autant besoin d'elle que d'une machine à écrire.
Il n'est pas de plus grand plaisir que d'écrire, quand on a le bon destinataire : la vie, en fin de compte, n'existe que d'être solidifiée par les mots, transformée en récit plein de dérision.
Ecrire, c'est mourir un peu !
Écrire dans le plaisir m'assure-t-il - moi, écrivain - du plaisir de mon lecteur ? Nullement.
On doit à chaque fois écrire comme si l'on écrivait pour la première et la dernière fois. Dire autant de choses que si l'on faisait ses adieux et les dire aussi bien que si l'on faisait ses débuts.
Ce n'est qu'à l'âge de 37 ans que j'ai compris la grande vérité qu'il faut écrire ses propres livres et ceux de personne d'autre, et tout s'est enchaîné à partir de là.
Le secret pour écrire. Il suffit de parvenir à garder les yeux ouverts et fermés en même temps. C'est-à-dire qu'il faut se souvenir et oublier, toujours en même temps.