Ecrire, c'est risquer un pas vers la mort. Mais c'est aussi sentir que la résurrection vous brûle les ailes
Ecrire, c'est flotter dans le vide.
L'important n'est pas d'écrire un livre d'urgence mais d'écrire un livre fantastique. C'est un gros bras d'honneur à ceux qui nous empêchent de rêver.
On peut presque tout faire sans lumière sauf écrire. Ecrire demande des lueurs. Vivre se suffit d'ombre, lire exige la clarté.
Il vaut mieux écrire de grandes choses que d'en exécuter de petites.
Qui me montrera l'étoile qui me donnera l'encre pour écrire ma nuit?
Ecrire des romans est un acte de rébellion contre la réalité, contre Dieu, contre la création de Dieu qui est la réalité.
Quelquefois, pour écrire, on ne trouve rien d'autre que les débris de sa propre vie.
C'est terrible, le commerce des grandes oeuvres ; où trouver l'énergie et la certitude d'avoir encore à écrire quand on fréquente Sophocle et Shakespeare ?
Ecrire est le dernier des métiers manuels...
Cette insatisfaction et ce sentiment de quelque chose d'inaccompli vous poussent à écrire le livre suivant pour rétablir l'équilibre, sans que vous y parveniez jamais.
Ecrire des lettres d'amour est, certes, un travail peu sérieux et sans grande importance économique. Mais si plus personne ne l'exerçait, si personne ne rappelait à cette vie combien elle est pure, elle finirait par se laisser mourir.
La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c'est de n'écrire point.
Le malentendu en littérature est à la base de la plupart des réputations. Il faut être un peu fou pour écrire. Comment expliquer autrement qu'un homme veuille se faire un nom avec les mots de tout le monde ?
J'ai dit un jour qu'écrire un roman c'est un peu comme construire les montagnes d'Edom avec des Lego. Ou comme édifier entièrement Paris, avec ses monuments, ses places, ses boulevards, ses tours, ses banlieues et jusqu'au dernier banc public, à l'aide d'allumettes.
Que peut changer un mot ? Une phrase ? Une lettre ? On ne devrait pas écrire. Le décalage est trop grand entre le moment où on écrit une lettre et celui où elle est lue.
Pour gagner des applaudissements, il faut écrire des choses si simples qu'un cocher pourrait les chanter.
Pour écrire en prose, il faut absolument avoir quelque chose à dire ; pour écrire en vers, ce n'est pas indispensable.
Une femme doit avoir de l'argent et une chambre à elle si elle veut écrire de la fiction.
Ecrire enchaîne. Garde ta liberté.
On ne doit jamais écrire que de ce qu'on aime. L'oubli et le silence sont la punition qu'on inflige à ce qu'on a trouvé laid ou commun, dans la promenade à travers la vie.
Faire l'amour est une façon de créer, d'écrire, de composer.
Ecrire des vers à vingt ans, c'est avoir vingt ans. En écrire à quarante, c'est être poète.
Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.
Pourquoi se mettre à écrire quand on sait son intérieur intraduisible.
Il y a mille pensées en un homme qu'il ne connaît pas jusqu'à ce qu'il prenne un stylo pour écrire.
Le talent, c'est une question de quantité. le talent, ce n'est pas d'écrire une page, c'est d'en écrire trois cents.
Les vagabonds qui, il y a une dizaine d'années, étaient presque tous illettrés, savent maintenant pour la plupart lire, écrire et compter. Quelques-uns semblent même avoir reçu une instruction supérieure. C'est un grand progrès.
La honte d'être un homme, y a-t-il une meilleure raison d'écrire ?
Le point le plus important pour bien écrire est d'éviter les excès, ce que la plupart des écrivains ne comprennent pas.
Tout écrivain, pour écrire nettement, doit se mettre à la place de ses lecteurs.
Reste-t-on toujours si peu sûr de son âme qu'on doive écrire constamment pour plus tard le langage du présent ? La jeunesse ne sert-elle donc qu'à fabriquer du passé pour le vieil âge ?
Ecrire, c'est une liaison d'amour avec soi et les choses, et les moments et les gens. Ecrire, c'est comme vivre une vie parallèle à sa vie de chaque jour ; c'est le vase purificateur de l'âme et de ses mouvances.
Un homme ne peut bien écrire s'il n'est quelque peu bon lisart.
Pendant que l'on écrit publiquement sur des péchés intimes, moi, j'ai entrepris d'écrire en cachette sur des péchés publics.
Nous ne parvenons pas à écrire ce que nous pensons et c'est là, toute la force des mots. Ecrire, c'est perdre son idée au profit de quelque chose qui nous dépasse, qui ne nous appartient même plus.
La plus grande et la plus émouvante histoire serait l'histoire des hommes sans histoire, des hommes sans papiers, mais elle est impossible à écrire.
N'écrivez jamais l'histoire des autres. Contentez-vous d'écrire la vôtre. Vous trouverez que c'est déjà trop.
Ecrire, c'est transformer des abîmes de banalités en sommets mythologiques.
Pour écrire, il faut avoir un imaginaire qui tend vers les autres.
Quand on use ses jours à écrire, c'est qu'on y est contrainte par je ne sais quelle force occulte. On est sommée de continuer sa mémoire comme si on était déjà morte.
Je suis submergé par des choses sur lesquelles j'aurais dû écrire et je n'ai jamais trouvé les bons mots.
Ecrire, c'est rendre compte de quelque chose que l'on a vécu et qui mérite de sortir du cadre personnel. En ce sens, beaucoup d'écrivains d'aujourd'hui n'ont aucune légitimité. Ils devraient arrêter d'écrire.
Il faut pour bien écrire que la nécessité intervienne ; le libre choix paralyse.
L'art de bien écrire consiste à apprendre toutes les lois pour ensuite les éviter sans exception.
C'est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n'est qu'un plaisir superficiel.
Comme c'est triste de renoncer en un jour à être aimé. Comme c'est triste d'être écrivain, comme c'est triste d'écrire des livres, comme c'est triste de croire qu'on va être compris. Comme c'est triste d'être aimé des faibles.
Il est plus facile de lire que d'écrire. Mon père prétend que je lis trop vite et qu'une lecture précipitée n'a pas beaucoup de valeur. Il faut prendre le temps de s'interroger sur ce que l'on vient de lire. Une lecture dépourvue de réflexion équivaut à engloutir une soupe claire.
Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d'autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l'absence de l'un comme de l'autre.
Pour écrire heureux, écrivons cachés.