Le saint frisson de la mélancolie,Le sortilège, en nous, du souvenir,Ont opéré profondémentA fraîchir notre ardeur.Les blessures existent, d'un mal éternel ;Nous avons tous au coeur une tristesseDivinement profonde qui demeure,Et qui fait de nous tous un même flot.
La vanité et la fierté sont des choses différentes, bien que les mots soient souvent utilisés comme synonymes. Une personne peut être fière sans être vaniteuse. La fierté se rapporte davantage à notre opinion de nous-mêmes ; vanité, à ce que nous voudrions que les autres pensent de nous.
On crée soi-même la boîte qui risque de nous enfermer.
L'illogisme tient aux nécessités profondes de l'existence, à nos terreurs secrètes et à nos ambitions mal avouées, à notre foi en nous, à laquelle se mêle une secrète méfiance de nous-mêmes, à l'espoir que nous caressons et à l'appréhension des jours incertains.
La société n'a pas voulu de nous ? Qu'elle se rassure ! On n'veut pas d'elle ! On lui fout la paix. C'est pas nous qui allons lui mettre des bâtons dans les trous.
Quel merveilleux don nous avons, nous les écrivains, de nous torturer et de torturer les autres !
Le plus bel avantage d'un ciel, c'est de nous laisser croire que nous sommes attendus. Ce sont donc les chemins du ciel qui sont intéressants, car, une fois qu'on est arrivé, il n'y a évidemment rien à ajouter.
La conscience fait de nous tous des lâches.
Quand on joue un personnage, il y a toujours un moment où il faut revenir à la réalité, sinon c'est elle qui nous rattrape. Et c'est souvent de façon violente. Plus on masque sa propre saloperie, plus elle risque de nous revenir en pleine gueule.
À l'intérieur de chacun de nous il y a quelque chose qui vole et s'appelle l'âme et quand on meurt, on n'est jamais réellement mort, et quand on vit on n'est jamais vraiment vivant.
Nous sommes tous motivés par la simple conviction que le monde tel qu'il est ne suffira pas - que nous avons l'obligation de nous battre pour le monde tel qu'il devrait être.
Il nous est plus facile de nous teindre d'une infinité de connaissances, que d'en bien posséder un petit nombre.
Nous sommes trop inattentifs ou trop occupés de nous-mêmes pour nous approfondir les uns les autres.
La nouvelle frontière ne se situe pas au-delà des planètes mais en chacun de nous.
Je ne mourrai pas dans les bras d'Anna, quelle drôle de position, de situation indigne de nous et de notre amour. Il me faudra terminer ce que j'ai à faire, ne rien imposer à personne, loin des regards, loin de celle qui m'a vraiment regardé.
Si c'est vers une plus grande réalité que nous nous tournons, c'est à une femme de nous montrer le chemin. L'hégémonie du mâle touche à sa fin. Il a perdu contact avec la terre.
Les rêves sont les clés pour sortir de nous-même.
Avouons-le, ces dernières années, la Chine nous a encore étonnés : plus semblable à elle-même de nous surprendre toujours, que de se conformer à l'image que nous nous en faisions. Elle nous interroge de nouveau, et sur elle, et sur nous.
Nous essayons de nous faire honneur des défauts que nous ne voulons pas corriger.
Les livres m'ont sauvé. Du désespoir, de la bêtise, de la lâcheté, de l'ennui. Les grand textes nous hissent au-dessus de nous-mêmes, nous élargissent aux dimensions d'une république de l'esprit. Entrer en eux, c'est comme aborder la haute mer ou décortiquer un mécanisme d'horlogerie extrêmement sophistiqué.
Chacun de nous a des contradictions en soi.
L'amour nous draine hors de nous-mêmes, tandis qu'écrire nous y enfonce.
Le paradis se trouve autour de nous dans notre enfance.
L'inexprimable est souvent la meilleure partie de nous-mêmes.
Tant qu'on est rien, on demande aux autres de nous trouver quelque chose.
Quelque bien qu'on nous dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau.
Les illusions viennent du ciel, et les erreurs viennent de nous.
On a beau dire du bien de nous, nous en pensons encore davantage.
Chacun de nous avait dans une petite armoire un fourniment complet d'ecclésiastique.
Car ce qui fait un être, ce sont peut-être moins ses actes publics que ses habitudes secrètes, moins ses intentions planifiées que ses rêveries floues. Ce sont nos états d'âme, cette part la plus secrète de nous-même, qui en est aussi la plus révélatrice.
Ce que nous aimons dans nos amis, c'est le cas qu'ils font de nous.
Aucun de nous n'est un saint.
Nous parlions d'amour de peur de nous parler d'autre chose.
Contents du présent, gardons-nous de nous occuper de l'avenir.