Les jeunes de ce siècle, comme mon fils, n'ont pas vécu tout ce qui s'est passé pendant cette période, de 1930 à 1950. Ils n'ont pas cette expérience. Pour aller d'une bicyclette à un véhicule qui emmène quelqu'un à la lune - seulement nous avons vu ce genre de chose.
Il y a des livres moraux, des livres amusants, des livres gais, et aussi des livres mélancoliques, qui nous font rire à l'idée que dans cette vie détraquée on puisse gémir sur une injustice de plus ou de moins.
Étendez-moi rigide au fond de cette bière,Placez entre mes mains nos livres décadents :Laforgue, Maldoror, Rimbaud, Tristan CorbièreMais - pas René Ghil : ça me fout mal aux dents !
L'imprimerie multiplie indéfiniment, et à peu de frais, les exemplaires d'un même ouvrage. Dès lors, la faculté d'avoir des livres, d'en acquérir, suivant son goût et ses besoins, a existé pour tous ceux qui savent lire; et cette facilité de lecture a augmenté et propagé le désir et les moyens de s'instruire.
Je sus que j'entrais dans un autre monde que celui que je pouvais découvrir de la maison, et aussi que j'étais parti pour un long voyage. il ne s'agissait plus d'aller en ville, cette fois, mais beaucoup plus loin ; un voyage comme j'en avais jamais fait.
Et ces terribles problèmes de compréhension que j'avais eus à Moscou (en français, cette fois)... Un matin, je demande à l'hôtel un Coca-Cola aux glaçons. On me regarde avec consternation, on me fait répéter plusieurs fois. J'insiste : Du Coca-Cola aux glaçons. Et que me sert-on ? Malheur ! du caca collé aux caleçons !
A travers siècles et époques, les juifs ont conservé et maintenu leurs traditions sans s' assimiler, et cette non-assimilation était la preuve non seulement de leur foi religieuse, mais aussi de leur amour profond pour leur patrie perdue.
Cette âme robuste devra donc rester seule, car tout la trahit.
Ce que je lis dans les évangiles en tant que formée par la psychanalyse me paraît être la confirmation, l'illustration de cette dynamique vivante à l'oeuvre dans le psychisme humain et de sa force qui vient de l'inconscient, là où le désir prend source, d'où il part à la recherche de ce qui lui manque.
Cette manne tombait du ciel, et c'était l'aliment dont Dieu les avait pourvus dans le désert, et qu'il prenait soin lui-même de leur distribuer chaque jour à proportion de leurs besoins.
Les enfants sont capables de sentir, mais non d'analyser leurs sentiments ; même quand l'analyse s'opère partiellement dans leur pensée, ils ne savent pas exprimer par des mots le résultat de cette opération.
J'ai vraiment essayé d'adopter cette sensibilité britannique toute flegmatique. J'ai essayé, j'ai vraiment essayé, mais je crois que ce que cela provoque à l'intérieur est sans doute véritablement nocif.
Comment savoir si cette journée n'est pas la dernière ? On croit qu'on a le temps. Et puis, tout d'un coup, ça y est, on se noie, fin du temps réglementaire. La mort est le seul rendez-vous qui ne soit pas noté dans votre organizer.
Je me suis à peu près affranchi de cette fièvre d'humilité qui me paraît, à présent, un pénible excès de l'orgueil.
Le danger, quand on ne le voit pas, a le caractère vague et approximatif des conceptions humaines. La peur s'estompe ; et, faute de stimulant, l'Imagination, cette ennemie de l'homme, mère de toutes les terreurs, s'endort dans l'engourdissement qui suit l'épuisement de l'émotion.
Quelque grande que soit l'amitié, ne lui fais jamais confidence de tes défauts ; cache-les même à toi-même, si cela se peut. Du moins, on pourra se servir de cette autre règle de vie, qui est de savoir oublier.
Cette écriture classique est évidemment une écriture de classe.
La force sexuelle est une énergie que l'on peut comparer au pétrole, les ignorants et les maladroits sont brûlés - cette force brûle leur quintessence - tandis que ceux qui savent l'utiliser, les Initiés, volent dans l'espace.
Pour la période qu'on appelle Moyen Âge, une double question se pose: celle de sa durée et celle de sa signification, puisqu'il existe une interprétation favorable et une autre, défavorable, de cette époque.
Les pratiques sexuelles sont banales, pauvres, vouées à la répétition et cette pauvreté est disproportionnée à l'émerveillement du plaisir qu'elles procurent.
Quelques années plus tard, les circonstances étaient autres, et l'accès des concerts ne nous était plus fermé. En revanche, la crise théâtrale commençait, cette crise qui dure encore, bien que la situation semble s'améliorer.
A cette époque ou tout augmente, nous sommes heureux d'apprendre que les kilomètres, les mètres et les centimètres n'ont pas varié depuis le dernier septennat. Bravo !
Je crois aux énergies comme aux énergies sombres. Je crois que lorsqu'une famille emménage dans une maison où six meurtres ont eu lieu, il va y avoir du mauvais juju dans cette maison. Mais encore une fois, qu'est-ce qui ne va pas avec vous pour emménager dans cette maison pour commencer ?
Cette non-classe (des précaires), à la différence de la classe ouvrière est produite par la crise du capitalisme et par la dissolution, sous l'effet de techniques productives nouvelles, des rapports sociaux de productions capitalistes.
- Eh, J, Z a appelé. Le Haut consulat de Solaxium 9 veut vingt places pour le concert du siècle. - Euh, appelle Michael Jackson, il refusera pas, il vient de cette planète. - Sans rire, Michael Jackson ? ... Pas terrible son déguisement.
On ne peut pas organiser des Séries passionnées sans une grande inégalité de fortune, caractères, goûts et instincts : si cette échelle d'inégalité n'existait pas, il faudrait la créer, l'établir en tous sens, avant de pouvoir associer le passionnel.
Ce qui importe ici, c'est seulement de constater que, partout, une fonction sociale est à la base de la domination politique, et que la domination politique n'a aussi subsisté à la longue que lorsqu'elle remplissait cette fonction sociale qui lui était confiée.
Je ne sais plus si j'ai le droit d'insister, de dire à cette fille viens, viens ma peau ne brûlera pas tes mains, de ma bouche ne coule pas le poison.
Je ne veux que des acteurs morts. De cette façon, il n'y aura pas de jalousie.
Puisque presque tout le monde se masturbe, ceci vous explique que certains tombent dans les maladies extrêmes que personne d'autre ne présente. C'est cette espèce de paradoxe étiologique que vous allez retrouver, jusqu'au fond du XIXe ou du XXe siècle, à propos de la sexualité et des anomalies sexuelles.
Pauvre homme du Nord, enchanté un jour par cette beauté, je songe au page des chiens courant du seigneur de Laon. Sa vie, vous l'allez voir, c'est toute la nôtre, enfoncée dans la médiocrité des besognes et des contacts professionnels, illuminée par de courts éclairs.
La voix. Au téléphone, la voix seule qui dit tout des êtres, bien davantage que leur présence physique, car il n'y a plus cette dramaturgie - fût-elle infime - qui cache ce qu'on ne souhaite pas révéler.
Dieu n'est pas bon non plus. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le monde pour se rendre à l'évidence. C'est la contradiction entre cette évidence et le bon Dieu vanté par des propagandistes puérils qui multiplie les incroyants.
Chaque jour est incroyable, même quand c'est affreux, parce que tout a une raison. Je sais que cette chose horrible qui se passe aujourd'hui va apporter quelque chose de si incroyable.
La couleur me possède. Je n'ai pas à poursuivre. Elle me possédera toujours, je le sais. C'est le sens de cette happy hour : la couleur et moi ne faisons qu'un. Je suis peintre.
Cette vipère, ma vipère, dûment étranglée, mais surtout renaissante, je la brandis encore et je la brandirai toujours, quel que soit le nom qu'il te plaise de lui donner : haine, politique du pire, désespoir ou goût du malheur !
Je souffre tellement dans cette vie. C'est ce que le public sent quand je chante, c'est pourquoi il pleure. Les gens qui n'ont rien senti dans cette vie ne peuvent pas chanter.
Cette électrisation de l'âme qui est la passion.
Il n'y a pas de terrain d'entente à Hollywood; vous êtes un échec ou vous êtes un succès. Cette mentalité est sauvage.
La cadence agitée de nos grandes villes, nombre de professions ou d'occupations liées à cette agitation, ne permettent pas l'approfondissement.
L'Amérique m'a toujours semblé cette terre étrangère vers laquelle j'imaginais pouvoir m'évader si j'avais besoin de m'évader - et je pense que cela vient à la fois du fait que j'y suis né et que j'ai regardé tant de films américains quand j'étais enfant. J'ai été élevé par des films américains.
Cette covid nous fait vivre l'essentiel.
Je ne vois pas un monde de demain différent du monde d'aujourd'hui. Il y a eu une accélération des techniques, mais je ne suis pas sûr que cette accélération continue au même rythme, il est bien possible qu'elle se ralentisse et que nous ayons vu des changements plus spectaculaires que ceux du prochain millénaire.
L'artiste nous apporte l'esprit, le milieu fournit l'image, et le drame de l'art tourne autour du point d'équilibre où cet esprit et cette image se voient contraints de s'accorder.
Une ambiance de catastrophe globale allège toujours un peu les catastrophes individuelles, c'est sans doute pour cette raison que les suicides sont si rares en période de guerre.
On ne restait jamais à la maison dans la journée. Jamais. Et on courait partout. C'était fantastique, une telle liberté. C'est triste que les enfants ne grandissent plus de cette manière.
J'ai vu se dévoiler le visage hideux de cette ferveur athée, la terreur psychologique, l'absence de tout complexe avec laquelle on sacrifiait toute réflexion morale, comme un relent bourgeois, alors qu'il s'agissait d'objectif idéologique.
Je me suis posé cette question essentielle : comment un tel carnage a-t-il pu se produire dans des locaux considérés comme sensibles ? J'ai enquêté pour comprendre. Maintenant je connais les failles. Celles de l'Etat, de la police, du journal.
En se fondant chacun sur le principe du déterminisme biologique, sociobiologie et féminisme différentialiste parviennent à un résultat similaire : l'un est toujours valorisé aux dépens de l'autre. Dans cette optique, hommes et femmes n'ont plus à se rencontrer que le temps de l'insémination...
Je ne me fais pas d'illusions au sujet de l'homme que je suis et de l'âge que j'ai. Mais cela n'a rien avoir avec celui que je suis en studio ou sur scène, quand cette chose sort de moi. Ce feu qui est aussi lumineux et brûlant que lorsque j'avais 23 ans.