Étreinte : Le geste de l'étreinte amoureuse semble accomplir, un temps, pour le sujet, le rêve d'union totale avec l'être aimé.
Le strip-tease - du moins le strip-tease parisien - est fondé sur une contradiction: désexualiser la femme au moment même où on la dénude.
Le plaisir du texte est semblable à cet instant intenable, impossible, purement romanesque, que le libertin goûte au terme d'une machination hardie, faisant couper la corde qui le pend, au moment où il jouit.
La Littérature est comme le phosphore : elle brille le plus au moment où elle tente de mourir.
Le sujet amoureux vit toute rencontre de l'être aimé comme une fête.
La bêtise, c'est d'être surpris.
Écrire dans le plaisir m'assure-t-il - moi, écrivain - du plaisir de mon lecteur ? Nullement.
L'amour est une histoire qui s'accomplit, au sens sacré : c'est un programme, qui doit être parcouru.
Le mythe ne cache rien, sa fonction est de déformer, non de faire disparaître.
La Tour est une dentelle de fer.
Pendant des mois, j'ai été sa mère. C'est comme si j'avais perdu ma fille.
Ce qui me bouleverse dans mon enfance ce n'est pas l'irréversible mais l'irréductible, ce qui est encore en moi.
À l'époque de Pascal, on considérait l'enfance comme un temps perdu ; le problème était d'en sortir au plus vite.
Tout refus du langage est une mort.
Or toute forme est aussi une valeur ; c'est pourquoi entre la langue et le style, il y a place pour une autre réalité formelle : l'écriture.
On ne parle jamais de l'intelligence d'une mère, comme si c'était amoindrir son affectivité, la distancer. Mais l'intelligence, c'est : tout ce qui nous permet de vivre souverainement avec un être.
Essayer de vivre selon les nuances que nous apprend la littérature.
Tout ceci doit être considéré comme écrit par un personnage de roman.
Nuages : Sens et usage de l'assombrissement d'humeur qui saisit le sujet amoureux au gré de circonstances variées.
Le récit se moque de la bonne et de la mauvaise littérature: international, transhistorique, transculturel, le récit est là, comme la vie.
La photographie n'est jamais qu'un chant alterné de "Voyez", "Vois", "Voici" ; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déïctique.
Un français sur deux, parait-il, ne lit pas.La moitié de la France se prive du plaisir du texte
Il est un âge où l'on enseigne ce que l'on sait ; mais il en vient ensuite un autre où l'on enseigne ce que l'on ne sait pas : cela s'appelle chercher.
En réalité, peu m'importent les chances d'être réellement comblé (je veux bien qu'elles soient nulles). Seule brille, indestructible, la volonté de comblement.
Faire attendre : prérogative constante de tout pouvoir, "passe-temps millénaire de l'humanité.
L'écriture réaliste est loin d'être neutre, elle est au contraire chargée des signes les plus spectaculaires de la fabrication.
N'est-ce pas finalement une piètre idée du politique, que de penser qu'il ne peut advenir au langage que sous la forme d'un discours directement politique ?
La névrose est l'appréhension timorée d'un fond d'impossible
Le haïku a cette propriété quelque peu fantasmagorique, que l'on s'imagine toujours pouvoir en faire soi-même facilement.
Je ne suis pas un autre : c'est ce que je constate avec effroi.
Le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu'il me désire.
Scruter veut dire fouiller : je fouille le corps de l'autre, comme si je voulais voir ce qu'il y a dedans, comme si la cause mécanique de mon désir était dans le corps adverse.
Voir quelqu'un ne pas voir, c'est la meilleure façon de voir intensément ce qu'il ne voit pas.
Le Roman est une Mort ; il fait de la vie un destin, du souvenir un acte utile...
J'écris parce que je ne veux pas des mots que je trouve, par soustraction.
Le texte de plaisir, c'est Babel heureuse.
Mutisme : le sujet amoureux s'angoisse de ce que l'objet aimé répond parcimonieusement, ou ne répond pas, aux paroles qu'il lui adresse.
L'oeil par ou je vois Dieu est le même oeil par ou il me voit.
La modestie profonde qui lui faisait avoir, non point d'affaires du tout (aucun ascétisme) mais peu d'affaires-comme si elle eût voulu qu'à sa mort on n'eût pas à "se débarrasser" de ce qui lui avait appartenu.
Sur la scène du texte, pas de rampe : il n'y a pas derrière le texte quelqu'un d'actif et devant lui quelqu'un de passif; il n'y a pas un sujet et un objet.
Tout anti-intellectualisme finit dans la mort du langage, c'est-à-dire dans la destruction de la sociabilité.
C'est sans doute parce qu'elle les paye souvent mal et toujours anarchiquement, que notre société gratifie ses acteurs d'un pourboire qui ne lui coûte rien, sous forme de quelques mythes sublimes.
Elle disait avec soulagement : La nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).
En littérature, tout est ainsi donné à comprendre, et pourtant, comme dans notre vie même, il n'y a pour finir rien à comprendre.
Si paradoxal que cela puisse paraître, le mythe ne cache rien : sa fonction est de déformer, non de faire disparaître.
La littérature, en l'occurrence Voltaire, ne peut être abandonnée, tant que subsiste le mal dont elle a porté témoignage.
J'ai une maladie : je vois le langage.
S'angoisser du téléphone : véritable signature de l'amour.
Plus il y au ras de culture plus le plaisir sera grand.
La Littérature ne commence que devant l'innommable, face à la perception d'un ailleurs étranger au langage même qui le cherche.
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