Étreinte : Le geste de l'étreinte amoureuse semble accomplir, un temps, pour le sujet, le rêve d'union totale avec l'être aimé.
La langue, comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement : fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire.
Écrire dans le plaisir m'assure-t-il - moi, écrivain - du plaisir de mon lecteur ? Nullement.
L'imparfait est le temps de la fascination : ça a l'air d'être vivant et pourtant ça ne bouge pas : présence imparfaite, mort imparfaite ; ni oubli ni résurrection ; simplement le leurre épuisant de la mémoire.
La bêtise, c'est d'être surpris.
Le plaisir du texte est semblable à cet instant intenable, impossible, purement romanesque, que le libertin goûte au terme d'une machination hardie, faisant couper la corde qui le pend, au moment où il jouit.
On fait une certaine concession sur le plan du lisible, parce qu'on veut faire passer des choses qui vous paraissent importantes.
Dans le langage sensuel, tous les esprits conversent entre eux, ils n'ont besoin d'aucun autre langage, car c'est le langage de la nature.
À l'époque de Pascal, on considérait l'enfance comme un temps perdu ; le problème était d'en sortir au plus vite.
Je m'intéresse au langage parce qu'il me blesse ou me séduit.
Beaucoup d'être m'aiment encore, mais désormais ma mort n'en tuera aucun.
Plus il y au ras de culture plus le plaisir sera grand.
La Littérature est comme le phosphore : elle brille le plus au moment où elle tente de mourir.
En littérature, tout est ainsi donné à comprendre, et pourtant, comme dans notre vie même, il n'y a pour finir rien à comprendre.
Le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la vue, qui est le plus magique.
Tout refus du langage est une mort.
L'amour est une histoire qui s'accomplit, au sens sacré : c'est un programme, qui doit être parcouru.
Le haïku a cette propriété quelque peu fantasmagorique, que l'on s'imagine toujours pouvoir en faire soi-même facilement.
Pendant des mois, j'ai été sa mère. C'est comme si j'avais perdu ma fille.
Ce qui me bouleverse dans mon enfance ce n'est pas l'irréversible mais l'irréductible, ce qui est encore en moi.
Le Roman est une Mort ; il fait de la vie un destin, du souvenir un acte utile...
Il est un âge où l'on enseigne ce que l'on sait ; mais il en vient ensuite un autre où l'on enseigne ce que l'on ne sait pas : cela s'appelle chercher.
Voir quelqu'un ne pas voir, c'est la meilleure façon de voir intensément ce qu'il ne voit pas.
La Tour est une dentelle de fer.
L'oeil par ou je vois Dieu est le même oeil par ou il me voit.
Nuages : Sens et usage de l'assombrissement d'humeur qui saisit le sujet amoureux au gré de circonstances variées.
Essayer de vivre selon les nuances que nous apprend la littérature.
Tout le monde suppute - je le sens - le degré d'intensité d'un deuil. Mais impossible (signes dérisoires, contradictoires) de mesurer combien tel est atteint.
Tout ceci doit être considéré comme écrit par un personnage de roman.
La modestie profonde qui lui faisait avoir, non point d'affaires du tout (aucun ascétisme) mais peu d'affaires-comme si elle eût voulu qu'à sa mort on n'eût pas à "se débarrasser" de ce qui lui avait appartenu.
Or toute forme est aussi une valeur ; c'est pourquoi entre la langue et le style, il y a place pour une autre réalité formelle : l'écriture.
Scruter veut dire fouiller : je fouille le corps de l'autre, comme si je voulais voir ce qu'il y a dedans, comme si la cause mécanique de mon désir était dans le corps adverse.
En réalité, peu m'importent les chances d'être réellement comblé (je veux bien qu'elles soient nulles). Seule brille, indestructible, la volonté de comblement.
La liberté du critique, ce n'est pas de refuser le parti, c'est de l'afficher ou non.
Un français sur deux, parait-il, ne lit pas.La moitié de la France se prive du plaisir du texte
Les larmes sont des signes, non des expressions.
Le récit se moque de la bonne et de la mauvaise littérature: international, transhistorique, transculturel, le récit est là, comme la vie.
L'horreur d'abîmer est encore plus forte que l'angoisse de perdre.
Tout langage devient ancien dès qu'il est répété.
Je ne suis pas un autre : c'est ce que je constate avec effroi.
Tout anti-intellectualisme finit dans la mort du langage, c'est-à-dire dans la destruction de la sociabilité.
La névrose est l'appréhension timorée d'un fond d'impossible
N'est-ce pas finalement une piètre idée du politique, que de penser qu'il ne peut advenir au langage que sous la forme d'un discours directement politique ?
Le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu'il me désire.
Mutisme : le sujet amoureux s'angoisse de ce que l'objet aimé répond parcimonieusement, ou ne répond pas, aux paroles qu'il lui adresse.
L'écriture est ceci : la science des jouissances du langage, son kamasutra.
C'est sans doute parce qu'elle les paye souvent mal et toujours anarchiquement, que notre société gratifie ses acteurs d'un pourboire qui ne lui coûte rien, sous forme de quelques mythes sublimes.
Le livre fait le sens, le sens fait la vie.
Le texte de plaisir, c'est Babel heureuse.
L'écriture réaliste est loin d'être neutre, elle est au contraire chargée des signes les plus spectaculaires de la fabrication.
♥ 3002
♥ 2697
♥ 629
♥ 454
♥ 344
♥ 331
♥ 231
♥ 223
♥ 198
♥ 187
♥ 139
♥ 126
♥ 167
♥ 46
♥ 4560
♥ 4196
♥ 1534
♥ 1407
♥ 1341
♥ 1265
♥ 1186
♥ 1161
♥ 1126
♥ 945
♥ 832
♥ 753
♥ 78941
♥ 21076
♥ 5698
♥ 4760
♥ 4008
♥ 3563
♥ 3487
♥ 3182
♥ 3172
♥ 2940
♥ 2410
♥ 2287
♥ 100364
♥ 48828
♥ 29068
♥ 21636
♥ 14140
♥ 13576
♥ 11559
♥ 10950
♥ 10608
♥ 9798
♥ 9573
♥ 8268
Vous souhaitez en savoir plus sur la vie de Roland Barthes, il suffit de lire sa biographie grâce à notre partenaire JeSuisMort.com, spécialiste des célébrités disparues et 1er cimetière virtuel du Web.