J'aime, je n'aime pas : cela n'a aucune importance pour personne ; cela apparemment n'a pas de sens. Et pourtant, tout cela veut dire : mon corps n'est pas le même que le vôtre.
Toute désinvolture affirme que seul le silence est efficace.
La littérature, c'est ce qui s'enseigne, un point c'est tout. Le reste, c'est le monde de l'écriture.
Je t'aime est dans mon coeur, mais je l'emprisonne derrière mes lèvres.
La politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu'on croit à l'intelligence de l'autre.
L'automobile est un équivalent assez exact des cathédrales gothiques.
Le plaisir du texte n'est pas forcément de type triomphant, héroïque, musclé. Pas besoin de se cambrer.
Qu'ai-je à perdre maintenant que j'ai perdu la Raison de ma vie - la Raison d'avoir peur pour quelqu'un.
Les livres de théâtre scellent la mort de la jouissance que procurent le spectacle.
L'altérité est le concept le plus antipathique au bon sens.
Déréalité. Sentiment d'absence, retrait de la réalité éprouvé par le sujet amoureux face au monde.
Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l'autre. Comme si j'avais des mots en guise de doigts ou des doigts au bout de mes mots.
Au fond, la photographie est subversive, non lorsqu'elle effraie, révulse ou même stigmatise, mais lorsqu'elle est pensive.
La science va vite et droit en son chemin ; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l'erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d'ordre.
Il y a des moments où on écrit parce qu'on pense participer à un combat. Cela a été le cas dans les débuts de ma carrière d'écrivain. Puis, peu à peu, se dégage finalement la vérité, une vérité plus nue, [...] ► Lire la suite
Tout d'un coup, il m'est devenu indifférent de ne pas être moderne.
L'amour est muet, dit Novalis ; seule la poésie le fait parler.
Toute mythologie petite-bourgeoise implique le refus de l'altérité, la négation du différent, le bonheur de l'identité et l'exaltation du semblable.
Le plaisir du texte, c'est ce moment où mon corps va suivre ses propres idées-car mon corps n a pas les mêmes idées que moi.
Dans le champ amoureux, les blessures les plus vives viennent davantage de ce que l'on voit que de ce que l'on sait.
La vie est ainsi faite à coups de petites solitudes.
Qu'est-ce que la théâtralité ? C'est le théâtre moins le texte, c'est une épaisseur de signes et de sensations qui s'édifient sur la scène à partir de l'argument écrit.
L'écriture est précisément cet acte qui unit dans le même travail ce qui ne pourrait être saisi ensemble dans le seul espace plat de la représentation.
Le souvenir est le début de l'écriture et l'écriture est à son tour le commencement de la mort.
L'endroit le plus érotique d'un corps n'est-il pas là où le vêtement bâille ?
L'amour est obscène en ceci qu'il met le sentimental à la place du sexuel.
Il est un âge ou l'on enseigne ce que l'on sait : mais il en vient ensuite un autre où l'on enseigne ce qu'on ne sait pas: cela s'appelle chercher. Vient peut-être maintenant l'âge d'une autre expérience : celle de désapprendre.
Etre avec qui on aime et penser à autre chose : c'est ainsi que j'ai les meilleurs pensées.
Une photo est toujours invisible, ce n'est pas elle qu'on voit.
J'écris de moins en moins mon chagrin mais en un sens il est plus fort, passé au rang de l'éternel, depuis que je ne l'écris plus.
Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre.
Les signes ne sont pas des preuves, puisque n'importe qui peut en produire de faux ou d'ambigus.
Ce que la photo reproduit à l'infini n'a lieu qu'une fois.
Dans la phrase « Elle ne souffre plus », à quoi, à qui renvoie « elle » ? Que veut dire ce présent ?
Le coup de foudre est une hypnose : je suis fasciné par une image: d'abord secoué, électrisé, muté, retourné, « torpillé».
L'objectif du photographe n'est pas d'imaginer mais de se souvenir.
Les premières phrases : La vertu du catch, c'est d'être un spectacle excessif. On trouve là une emphase qui devait être celle des théâtres antiques.
L'écriture, c'est ce neutre, ce composite, cet oblique où fuit notre sujet, le noir-et-blanc où vient se perdre toute identité, à commencer par celle-là même du corps qui écrit.
Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout des mots.
La langue est fasciste. La possibilité de tricher avec elle se nomme littérature.
L'individualisme est un mythe bourgeois qui permet de vacciner d'une liberté inoffensive l'ordre et la tyrannie de classe.
Le fantasme aide à passer n'importe quel temps de veille ou d'insomnie ; c'est un petit roman de poche que l'on peut ouvrir partout sans que personne y voie rien.
Les yeux sont par nature de la lumière offerte à l'ombre.
On fait une certaine concession sur le plan du lisible, parce qu'on veut faire passer des choses qui vous paraissent importantes.
Le sujet amoureux vit toute rencontre de l'être aimé comme une fête.
L'imparfait est le temps de la fascination : ça a l'air d'être vivant et pourtant ça ne bouge pas : présence imparfaite, mort imparfaite ; ni oubli ni résurrection ; simplement le leurre épuisant de la mémoire.
Dans le langage sensuel, tous les esprits conversent entre eux, ils n'ont besoin d'aucun autre langage, car c'est le langage de la nature.
Je m'intéresse au langage parce qu'il me blesse ou me séduit.
Beaucoup d'être m'aiment encore, mais désormais ma mort n'en tuera aucun.
La langue, comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement : fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire.
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