La parole est la première démonstration de la nécessité de l'autre.
Plus personne, ou presque, ne pense que voter peut changer significativement sa condition, a fortiori celle du monde.
La démocratie en Occident n'est plus, pour beaucoup, la grande affaire pour laquelle tant de générations se sont battues.
Et si la mort n'était qu'une infinie répétition du premier jour ?
Pour beaucoup d'humains, la liberté des autres est l'ennemi de leur survie.
Si le marché l'emporte sur la démocratie, il orientera la science dans des directions qui menaceront l'humanité.
C'est plus facile d'avoir chacun son dieu, ça permet d'être Dieu soi-même.
Bien des métiers marchands pourraient être remplacés progressivement par des activités gratuites et bénévoles, ce qui pourrait réduire la nécessité de disposer d'un revenu pour en bénéficier.
La marchandisation gagnant tout, jusqu'à l'homme lui-même, le monde deviendra une foire parcourue de bandes rivales.
Personne n'imagine encore qu'on puisse jamais cloner la conscience de soi, seul élément de la personne qui restera mortel.
Pour avoir droit à une étincelle d'éternité, il faut avoir aimé.
On ne peut désigner le sommet d'une pyramide sans localiser sa base.
Les médias servent d'amplificateurs de menaces.
L'Histoire moderne a montré que l'utopie est mère de toutes les dictatures.
Aujourd'hui encore l'Amérique se pense elle-même comme un lieu où les Européens peuvent se réfugier et trouver la liberté.
La lucidité n'est rien d'autre qu'une ivresse de puissants.
Le marché pénalise les minorités pauvres, alors que la démocratie pénalise les minorités riches.
Seul l'avenir donne un sens au passé.
Jamais une démocratie n'a fait jusqu'ici la guerre à une démocratie.
Nommer est le plus manifeste et le plus futile des pouvoirs, celui qui fascine le plus, qui attise le plus de convoitises, qui occupe le plus les conversations et mobilise le plus les esprits de tous ceux qui sont associés aux affaires publiques.
Le monde n'est pas racontable d'un discours unique : l'universel n'en est pas la loi ; l'harmonie n'en est pas la règle.
Pour promettre l'Eternité, les religions restreignent les Libertés.
La célébrité continuera d'être une façon d'espérer durer dans le souvenir des autres et d'obtenir par là une parcelle d'immortalité.
Rien n'est plus urgent que d'aimer.
Ce qu'on nomme la crise n'est que la longue et difficile réécriture qui sépare deux formes provisoires du monde.
La drogue est le nomadisme de l'exclu.
Supprimer les guillemets des citations : une manière élégante de recycler les idées usagées.
Aucune civilisation n'est durable si elle n'est pas capable de donner un sens à l'effort, de justifier l'écoulement du temps.
Chez tout acteur mêlé aux affaires du monde, les événements ne sont qu'une succession de chocs, d'émotions, de caprices, de coïncidences le plus souvent improbables.
Dans presque tous les mythes fondateurs, personne n'a de pire ennemi que son frère, si ce n'est son père qui, craignant une alliance des frères contre lui, prend parfois les devants et les tue.
Tout ce qui est encore beau à trente ans est triste à cinquante et grotesque à soixante.
Ce qu'on nomme l'Histoire n'est qu'un roman inlassablement réécrit.
La politique, même la plus généreuse, n'est pas affaire de bons sentiments.
Il n'est de désir que dans la jalousie.
Etre mort, est-ce commencer à s'intéresser au chagrin des autres ?
Un discours est recevable dès l'intant qu'il produit un sens du monde pour celui qui l'énonce.
L'usage n'est plus que l'affichage de la vitesse de l'échange.
Les théologiens enseignent non pas comment réfléchir, mais seulement le résultat de leurs propres réflexions.
Si tu as été aimé, si tu as donné du bonheur ou de l'espérance, il se trouvera forcément quelqu'un, au jour de ta mort, pour te fermer les yeux, quelqu'un pour rassembler tes amis, organiser une veillée et t'entourer de tes souvenirs les plus chers.
Si j'ai une voiture, j'ai intérêt à ce que personne n'en ait, pour éviter les embouteillages. Mais si j'ai un téléphone, et que personne d'autre n'en possède, alors ce téléphone ne me sert à rien.
Il n'y a pas de richesse sans créativité, ni de créativité sans démocratie.
Le désordre est l'état naturel du monde, la forme organisée y est l'exception.
Contempler sa bibliothèque, c'est rêver qu'on ne saurait mourir avant d'avoir lu tous les livres qui la remplissent.
Il n'est de pire ennemi que l'obligé qui s'empresse de se brouiller avec celui qui l'a aidé pour se prouver à lui-même que l'autre n'y a été pour rien.
Le temps a ceci de singulier qu'il s'écoute.
Le neuf suscite la colère des habitudes.
A tout niveau, partout dans le monde, ceux qui se disent puissants consacrent un temps considérable à tenter de faire croire qu'ils ont de l'influence sur les nominations afin d'attirer sur eux attentions, faveurs, considérations d'autres puissants.
L'utopie est la volonté de modeler l'image de la Société à partir d'un idéal éthique, d'une certaine conception de la justice, du bonheur, de l'efficacité, de la responsabilté.
Les leçons de l'Histoire enseignent que le sommet est le point le plus rapproché du précipice.
La Terre est un objet vivant parcouru de nomades de plus en plus nombreux.
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