Au contraire, de toutes les choses humaines, dont la nature est de périr dans les tourments, la véritable religion s'accroît dans l'adversité : Dieu l'a marquée du même sceau que la vertu.
O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu'elle n'est qu'un reflet de notre mémoire.
Chaque homme renferme en soi un monde à part, étranger aux lois et aux destinées générales des siècles.
Dieu n'écarte pas la nuée du fond de laquelle il agit ; quand il permet de grands maux, c'est qu'il a de grands desseins.
Tous mes jours sont des adieux.
L'homme n'a au fond de l'âme aucune aversion contre la mort, il y a même du plaisir à mourir. La lampe qui s'éteint ne souffre pas.
Le grand tort des hommes, dans leur songe de bonheur, est d'oublier cette infirmité de la mort attachée à leur nature.
Quand on cesse d'aimer ses parents, parce qu'ils ne nous sont plus nécessaires, on cesse d'aimer sa patrie.
C'est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir.
La femme a naturellement l'instinct de mystère.
Le temps est un voile interposé entre nous et Dieu, comme notre paupière entre notre oeil et la lumière.
L'aristocratie a trois âges successifs : l'âge des supériorités, l'âge des privilèges et l'âge des vanités. Sortie du premier, elle dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier.
Suicide. ce moyen qui nous soustrait à la persécution des hommes.
Tout crime porte en soi une incapacité radicale et un germe de malheur : pratiquons donc le bien pour être heureux, et soyons justes pour être habiles.
Les biens de la terre ne font que creuser l'âme et en augmentent le vide.
La gloire est pour un vieil homme ce que sont les diamants pour une vieille femme : ils la parent, et ne peuvent l'embellir.
Nous ne sentons le prix de nos amis qu'au moment où nous sommes menacés de les perdre. Nous sommes même assez insensés quand tout va bien pour croire que nous pouvons impunément nous éloigner d'eux.
Le malheur qui se perpétue produit sur l'âme l'effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
L'éloquence est un fruit des révolutions : elle y croit spontanément et sans culture.
Je pense que sans liberté, il n'y a rien dans le monde.
La sculpture donne de l'âme au marbre.
On se livre d'autant plus vivement aux plaisirs qu'on se sent près de les perdre.
Il faut être économe de son mépris, étant donné le grand nombre des nécessiteux.
Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.
Il faut des torrents de sang pour effacer nos fautes aux yeux des hommes, une seule larme suffit à Dieu.
C'est au malheur à juger du malheur.
L'âme supérieure n'est pas celle qui pardonne, c'est celle qui n'a pas besoin de pardon.
Mon berceau a de ma tombe, ma tombe a de mon berceau.
Si l'homme est ingrat, l'humanité est reconnaissante.
Si tu souffres plus qu'un autre des choses de la vie, il ne faut pas t'en étonner : une grande âme doit contenir plus de douleur qu'une petite.
Il n'est nul besoin d'aimer le monde qui vient pour le voir venir.
A chaque sépulture, il y a un homme qui reçoit le fardeau de la main de l'homme qui va se reposer.
Il ne m'a manqué pour réussir dans le monde qu'une passion et un vice, l'ambition et l'hypocrisie.
Heureux ceux qui meurent au berceau, ils n'ont connu que les baisers et les sourires d'une mère.
La vérité est qu'aucun système d'éducation n'est en soi préférable à un autre système : les enfants aiment-ils mieux leurs parents aujourd'hui qu'ils les tutoient et ne les craignent plus ?
Ce qu'on dit d'un malheur, qu'il n'arrive jamais seul, on le peut dire des passions : elles viennent ensemble, comme les Muses ou comme les Furies.
Comment renoncer aux usances câlines, au confort, au bien-être indolent de la vie ?
Je voudrais n'être pas né ou être à jamais oublié.
Tout ce qui est fixe est fatal et tout ce qui est fatal est puissant.
Les excès de la liberté mènent au despotisme ; mais les excès de la tyrannie ne mènent qu'à la tyrannie.
L'homme n'a qu'un mal réel : la crainte de la mort. Délivrez-le de cette crainte et vous le rendrez libre.
Après le malheur de naître, je n'en connais pas de plus grand que celui de donner le jour à un homme.
Quoi qu'on dise, les guerres civiles sont moins injustes, moins révoltantes et plus naturelles que les guerres étrangères quand celles-ci ne sont pas entreprises pour sauver l'indépendance nationale.
La religion est le seul pouvoir devant lequel on peut se courber sans s'avilir.
Presque toujours, en politique, le résultat est contraire à la prévision.
Les soins d'une mère pour son enfant sont le fruit de l'expérience de toute sa vie.
Religion à part, le bonheur est de s'ignorer et d'arriver à la mort sans avoir senti la vie.
La justice est si sacrée, elle semble si nécessaire aux succès des affaires, que ceux-mêmes qui la foulent au pied prétendent n'agir que d'après ses principes.
Les Français vont indistinctement au pouvoir ; ils n'aiment point la liberté ; l'égalité seule est leur idole.
On vit avec un coeur trop plein dans un monde trop vide. Et sans avoir usé de rien, on est désabusés de tout.
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