Laques aux teintes de groseillesAvec vous on fait des merveilles,On fait des lèvres sans pareilles.
Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
Le long des peupliers je marche, le front nu,Poitrine au vent, les yeux flagellés par la pluie.Je m'avance hagard vers le but inconnu.
Il est loin le temps des aveux,Naïfs, des téméraires voeux !
Ma belle amie est morte,Et voilà qu'on la porteEn terre, ce matin,En souliers de satin.
O lecteurs à venir, qui vivez dans la joie,Des seize ans, des lilas et des premiers baisers,Vos amours font jouir mes os décomposés.
Pour plus d'agilité, pour le loyal duel,Les témoins ont jugé qu'Elles se battraient nues.Les causes du combat resteront inconnues ;Les deux ont dit : Motif tout individuel.
Sans doute, à cet instant deux amants, dans Vénus,Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,Ont, entre deux baisers, regardé notre terre.
La lettre jaunie où mon aïeul respectable,A mon aïeule fit des serments surannés.
Elle vient et se livre à mes bras, toute fraîche,D'avoir senti passer l'air solennel du soir,Sur son corps opulent, sous les plis du peignoir.A bas peignoir ! le lit embaume. Ô fleur de pêche,Des épaules, des seins frissonnants et peureux !
Elle avait de beaux cheveux, blondsComme une moisson d'août, si longsQu'ils lui tombaient jusqu'aux talons.Elle avait une voix étrange,Musicale, de fée ou d'ange,Des yeux verts sous leur noire frange.
Elles ne sont vraiment pas belles,Les personnes qui ont raison.
Le pouvoir magique à mes mains,Se dérobe encore. Aux jasmins,Les chardons ont mêlé leurs haines.
Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs,Mangent mon foie, où sont tant de colères folles,Que l'air et le soleil blanchissent mes os secs,Et, surtout, que le vent emporte mes paroles !
J'ai voulu des jardins pleins de roses fleuries,J'ai rêvé de l'Éden aux vivantes féeries,Des lacs bleus, d'horizon aux tons de pierreries ;Mais je ne veux plus rien ;Il suffit que tu ries.
Je veux ensevelir au linceul de la rime,Ce souvenir, malaise immense qui m'opprime.Quand j'aurai fait ces vers, quand tous les auront lus,Mon mal vulgarisé ne me poursuivra plus.
Musc, myrrhe, élémi,Chants de toute sorte,Je m'endors parmiVotre âcre cohorte.
Lui, ne craignait pas de rival,Quand il traversait mont ou val,En l'emportant sur son cheval.Car, pour tous ceux de la contrée,Altière elle s'était montrée,Jusqu'au jour qu'il l'eut rencontrée.
J'ai pénétré bien des mystères,Dont les humains sont ébahis :Grimoires de tous les pays,Etres et lois élémentaires.
Rien ne vient. Notre cerveau bout,Dans l'Idéal, feu qui nous tente,Et nous mourons. Restent debout,Ceux qui font le cours de la rente.
Sourires, fleurs, baisers, essences,Après de si fades ennuis,Après de si ternes absences,Parfumez le vent,de mes nuits !Illuminez ma fantaisie,Jonchez mon chemin idéal,Et versez-moi votre ambroisie,Longs regards, lys, lèvres, santal !
Elle s'est endormie un soir, croisant ses bras,Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle,Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà lasDe regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle.
Tout cela vaut bien mieux que d'aller au café.
Je n'ai d'argent qu'en mes cheveux.
Le temps veut fuir, je le soumets.
Le rossignol se plaint dans la ramure noire.Je t'ai donné mon corps, et mon âme, et ma gloire.Les arbres élancés sont noirs sur le ciel vert.Vois cette fleur qui meurt dans mon corsage ouvert.
Je suis encombré des amours perdues,Je suis effaré des amours offertes.
L'oubliance est douce.
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