Si tu veux avancer dans l'étude de la sagesse, ne refuse point, sur les choses extérieures, de passer pour imbécile et pour insensé.
Le méchant qui nous flatte est un dresseur de pièges.
Qui sait si vivre est ce qu'on appelle mourir et si mourir c'est vivre ?
L'amour est pour celui qui a mangé et non pour celui qui a faim.
La raison est immortelle, tout le reste est mortel.
Les gens qui parlent bien mais ne font rien sont comme des instruments de musique ; le son est tout ce qu'ils ont à offrir.
Un homme en pleine communion de sentiments avec un autre est pour lui un ami plus précieux à posséder que tous les parents du monde.
Il faut être rameur avant de tenir le gouvernail, avoir gardé la proue et observé les vents avant de gouverner soi-même le navire.
Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l'homme, ce n'est pas la mort, mais la crainte de la mort ?
La démesure en fleurissant produit l'épi de la folie, et la récolte est une moisson de larmes.
Si vous voulez rester dans le droit chemin, vous devez posséder soit de bons amis, soit des ennemis brûlants. L'un vous avertira, l'autre vous dénoncera.
Les paroles qui ne sont suivies d'aucun effet sont comptées pour rien.
La première qualité du style, c'est la clarté.
Personne ne te fera de mal, à moins que tu n'y consentes ; le mal ne viendra que lorsque tu jugeras qu'on te fait du mal.
La persuasion repose sur les lèvres d'un ami fidèle.
Que ton fils, en suçant le lait de sa mère, ne s'abreuve pas en même temps de ses larmes.
S'élever au-dessus de soi et saisir le monde.
Si je manque de conscience, alors pourquoi devrais-je me soucier de ce qui m'arrive quand je suis mort ?
C'est le malheur qui met en pleine lumière la véritable amitié, et la vertu se fait aimer, toujours, par son seul prestige.
Il n'y a rien à redouter dans le fait de vivre, pour qui a authentiquement compris qu'il n'y a rien à redouter dans le fait de ne pas vivre.
C'est un sentiment qui m'est commun avec tous les mortels : je ne rougis pas d'avouer que ma personne m'est très chère.
Obligez, sans espoir d'aucune récompense : un bien fait n'est jamais perdu ; tôt ou tard il vous est rendu, et souvent dans le temps que le moins on y pense.
Les choses nécessaires coûtent peu, les choses superflues coûtent cher.
Les hommes, et il ne faut pas s'en étonner, paraissent concevoir le bien et le bonheur d'après la vie qu'ils mènent.
La philosophie est une activité qui, par des discours et des raisonnements, nous procure la vie heureuse.
Le bonheur est égal, soit qu'on le trouve dans une haute fortune ou dans une humble condition.
Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu'ils portent sur les choses.
L'homme a toujours appris du passé. Après tout, vous ne pouvez pas apprendre l'histoire à l'envers !
Rien n'est plus rare qu'un tyran qui vieillit.
En même temps qu'elle quitte sa chemise, une femme se dépouille de sa pudeur.
La nécessité est la chose la plus forte, puisqu'il n'y a rien dont elle ne vienne à bout.
En ce qui concerne les actions, qui raisonne en général raisonne dans le vide.
C'est une malédiction pour les épis de ne pas être moissonnés, et ce serait une malédiction pour les hommes de ne pas mourir.
La marque distinctive du savant, c'est la capacité d'enseigner.
Un beau visage est un avantage préférable à toutes les lettres de recommandation.
Il n'est rien de pire dans le monde qu'une femme, si ce n'est une autre femme.
Le sage poursuit l'absence de douleur et non le plaisir.
Nous sentons tous qu'il faut en finir avec cette société névrosée parce que privée de rêves. Il faut fonder un nouveau rêve ; c'est un besoin presque physique.
Tous nos actes visent à écarter de nous la souffrance et la peur.
Si tu prends un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y fais pauvre figure, mais celui que tu aurais pu remplir, tu le laisses de côté.
La mère tient plus à ses petits que le père. Elle sait qu'ils sont d'elle, le père le présume.
Qu'est-ce que l'abondance ? Un mot et rien de plus, le nécessaire suffit au sage.
Sur terre, il n'y a rien de plus faible que l'homme.
Le bien pour l'homme consiste dans une activité de l'âme en accord avec la vertu.
Est dû à l'habitude ce que l'on fait parce qu'on l'a fait souvent.
Les amis véritables se reconnaissent à l'épreuve du malheur.
La jeunesse ressemble à tout ce qui s'accroît, la vieillesse à tout ce qui décroît.
Si le bonheur était dans les délectations du corps, nous dirions que les boeufs sont "heureux", lorsqu'ils trouvent du bon fourrage à manger.
Celui qui est mort est encore fort pour la vengeance, car la justice divine surveille tout et rendant à chacun suivant ses oeuvres tient pour tous la balance égale.
Il faut toujours avoir les mêmes égards pour ses amis, qu'ils soient présents ou absents.