J'ai un copain fakir, et l'autre jour on lui a piqué son porte-feuille... il a rien senti !
On est l'homme d'un peuple, d'un sol, d'un passé. On peut ne pas le savoir. On peut essayer de l'oublier. Mais les événements se chargent vite de nous ramener aux sources de vie.
Quand un peuple refuse un progrès facile à mettre en oeuvre, quand un véhicule poussé par dix hommes reste sur place, quand un enfant s'avachit devant la télévision pendant des heures, on découvre, médusé, l'effroyable emprise de l'immobile.
L'éternité n'est et ne sera jamais autre chose que le moment où je suis.
Seuls les charmes de l'inutile peuvent vous aider à supporter les horreurs de l'indispensable quotidien.
Je me dis que la vie est lumineuse et qu'on a la chance d'avoir plusieurs vies dans une vie !
Tout le monde a un ennemi à l'intérieur de soi.
Il faut savoir choisir ses ennemis en toute humanité.
J'admire la gentillesse qui a pour origine la gentillesse ou l'amour.
Les théories servent à irriter les philistins, à séduire les esthètes et à faire rire les autres.
Je ne suis que celui-là qui veille sur moi.
Parfois l'amour et le désir dorment ensemble. Et ces nuits-là on voit la lune et le soleil.
Le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l'auteur.
Tout ce qu'on considère comme acquis est à revoir. On s'habitue vite à quelque chose.
Même en mourant on garde ses préjugés.
A la différence du roman, la chanson cherche inlassablement la clef d'une énigme tendue par la mélodie.
L'esprit a des systèmes de défense incompréhensibles : on l'appelle à l'aide et, au lieu d'apporter du secours, il n'injecte que de belles images.
Comme les rêves sont cruels, qui nous laissent entrevoir des merveilles pour mieux nous en priver !
Tout le mal vient du pire.
Trop d'égards, ça tue parfois l'amour.
Il n'arrive jamais de grands événements intérieurs à ceux qui n'ont rien fait pour les appeler à eux ; et cependant le moindre accident de la vie porte en lui la semence d'un grand événement intérieur.
J'ai reçu une éducation qui m'a fait à la fois beaucoup de bien et beaucoup de mal.
La vie se décide au moment où on se demande : est-ce que ce sont les adultes qui sont cons ou est-ce moi ?
Il n'y a rien de plus beau que l'énigme, la grande énigme qui vous aime et qui sans fin se renouvelle.
Le sens moral disparaît au-delà de 180 de quotient intellectuel.
Ne me dîtes pas de m'en allerJe pourrais en souffrir et peut-être en mourir.
Il y a des gens à qui la mort donne une existence.
J'aime la boisson mais pas l'ivresse.
Etudier la philosophie a plus de chances de changer l'homme en phylloxera qu'en philosophe.
Si les pétroliers transportaient de l'eau de mer, on s'en foutrait qu'ils fassent naufrage.
Il y a la croissance et puis il y a la décrépitude ; entre les deux il n'y a rien. L'apogée, ça n'existe pas.
Maman entre sans bruit pour me border, elle s'éloigne sur la pointe des pieds. Du fond de mon sommeil j'entends son pas qui résonne, décroît, comme les notes d'argent d'une musique très précieuse, très ancienne... Je suis un enfant.
Il existe une manière de dire en bien énormément de mal de son prochain.
Prétendre avoir été exhaustif quant aux potentialités de l'avenir, c'est un sommet dans l'histoire de la sottise.
La différence entre un artiste et une paire de chaussures, c'est que l'artiste doit pouvoir partir avant de lasser, tandis que les chaussures, il vaut mieux les lacer avant de partir.
Une fois n'est pas coutume, mais peut coûter très cher. Souvent la vie, d'ailleurs.
L'être humain n'a jamais le temps d'être, il n'a jamais le temps que de devenir.
Un homme courtois doit, avant d'entrer dans la mort, faire passer sa femme avant lui.
La vie c'est ce que tu vois : de la membrane, de la tripe, un trou sans fond qui exige d'être rempli. La vie est ce tuyau qui avale et qui reste vide.
Mon métier est solitaire. Je suis un artisan, si tu veux. Il se trouve que ces jours-ci, les chanteurs sont mieux payés que les forgerons.
Seuls les grammairiens sont assez naïfs pour penser que l'exception confirme la règle.
L'existence de Dieu ne regarde que lui.
Quel orgueil d'être seul, les mains contre son front, À noter des vers doux comme un accord de lyre Et songeant à la mort prochaine, de se dire : Peut-être que j'écris des choses qui vivront !
Dans la vie, le passé c'est de la vie qui est déjà morte.
Le corps humain doit être allergique à l'air puisqu'il le recrache dès qu'il en avale.
Demain, c'est le pays du hasard.
La vie, dans la plupart des cas, n'est jamais qu'une quête de chèques et une conquête de l'échec.
Il faut croire que l'homme a voulu vivre en société, puisque la société existe, mais aussi, depuis qu'elle existe, l'homme emploie une bonne part de son énergie et de son astuce à lutter contre elle.
Je vis entre deux soleils celui du coeur et celui du temps.
Le vent n'a pas d'odeur... Il en apporte, éventuellement.