La peinture est une poésie muette et la poésie une peinture parlante.
La peinture permet de regarder les choses en tant qu'elles ont été une fois contemplées avec amour.
Voici mon opinion sur la poésie : les vers sont de petites prisons cellulaires où la pensée est coffrée.
Appelons poésie une création par l'image et le rêve.
Il y a un moment dans la peinture où le peintre sait que son tableau est fini. Pourquoi, il ne saurait le dire, simplement reconnaître son incapacité soudaine à y modifier quoi que ce soit.
Expérience sans mesure, inexpiable, la poésie ne comble pas mais au contraire approfondit toujours le manque et le tourment qui la suscitent.
La vie sans poésie et la vie sans infini, c'est comme un paysage sans ciel : on y étouffe.
Comme le théâtre est fait pour être joué, la poésie est avant tout faite pour être dite.
Je me suis toujours considéré non pas tant comme un peintre que comme un agent permettant que surviennent l'imprévu et le hasard.
La plupart des hommes ont de la poésie une idée si vague que ce vague même de leur idée est pour eux la définition de la poésie.
La poésie est désuète pour ceux qui sont gavés, mais quand le réel est insupportable, elle prend la valeur d'une arme de survie.
Vitalité de l'amour : on ne saurait médire sans injustice d'un sentiment qui a survécu au romantisme et au bidet.
La poésie plutôt que la poudre. Un mot, une phrase contiennent des charges explosives, susceptibles de libérer leur énergie latente lorsque s'offre l'occasion, qui servira de détonateur.
La poésie a été inventée pour donner un visage honorable à la mort.
La photographie n'est jamais qu'un chant alterné de "Voyez", "Vois", "Voici" ; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déïctique.
La poésie et la musique sont les plus belles parures des hommes.
Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge. Elle approfondi la vision du monde.
La poésie est cette démarche qui par le mot, l'image, le mythe, l'amour et l'humour m'installe au coeur vivant de moi-même et du monde.
La poésie n'est que l'exhibition formelle de la conscience qui souffre et qui aime et qui appréhende le monde.
La poésie doit être grande et discrète à la fois; quelque chose capable d'entrer dans l'âme de chacun et qui ne la surprend ou ne l'émerveille pas par elle-même, mais par son sujet.
Le futur vient à chacun de nous au rythme de 60 minutes par heure, qui que vous soyez et quoi que vous fassiez.
J'ai hérité d'un tableau et d'un violon qui se sont révélés être un Rembrandt et un Stradivarius. Malheureusement Rembrandt faisait des violons qui ne valaient rien et Stradivarius était un peintre médiocre.
Le plus difficile dans la photographie est de rester simple.
La passion est sourde et muette de naissance.
La peinture est une manière "d'être", la tentation de respirer dans un monde irrespirable.
Il y a une chose que la photographie doit contenir, l'humanité du moment. Ce genre de photographie est réaliste. Mais le réalisme ne suffit pas - il doit y avoir une vision, et les deux ensemble peuvent faire une bonne photo.
Il faut que la peinture qui a si souvent sommeillé dans des mausolées dorés et dans des cercueils de verre sorte prendre l'air, fume une cigarette, boive une bière.
L'éclat de la poésie se révèle hors des moments qu'elle atteint dans un désordre de mort.
La poésie est si essentiellement musicale qu'il n'y a pas de si belle pensée devant laquelle le poète ne recule si sa mélodie ne s'y trouve pas.
La poésie est un art de vivre.
Ah ! La jeunesse, l'immortelle poésie du coeur !