Il est si facile et si naturel de deviner la souffrance de ceux qu'on aime ! Mais il est pénible de ne pouvoir y apporter le soulagement qu'on voudrait.
Nous rabaissons trop la providence quand, par dépit de ne pouvoir la comprendre, nous lui prêtons nos idées.
L'usage du pouvoir exige une certaine mesure d'inhumanité.
La seconde moitié de notre vie n'est employée qu'à porter le deuil de la première moitié.
Il suffit d'une rage de dents pour voir à quel point la souffrance est inutile, insupportable, destructrice.
Les larmes empêchent de voir, le deuil encore plus.
La souffrance d'autrui, même lorsqu'on connaît la cause, est une porte verrouillée de l'intérieur contre laquelle on ne peut que frapper discrètement pour que l'autre sache qu'il n'est pas seul.
Il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours pensé pouvoir être.
Rien de plus facile à retourner qu'une pensée. L'envers vaut l'endroit.
Si l'on cache sa souffrance elle disparaît.
Je crois pouvoir dire d'un poste éminent et délicat qu'on y monte plus aisément qu'on ne s'y conserve.
Approcher Autrui, c'est encore poursuivre ce qui déjà est présent, chercher encore ce que l'on a trouvé, ne pas pouvoir être quitte envers le prochain. Comme caresser. La caresse est l'unité de l'approche et de la proximité.
Presque tous les hommes sont des esclaves pour la même raison que les Spartiates attribuent à la servitude des Perses - le manque de pouvoir pour prononcer la syllabe "Non". Pouvoir prononcer ce mot et vivre seul, sont les seuls moyens de préserver sa liberté et son caractère.
C'est plus facile de se priver de quelque chose que l'on aime que de supporter quelque chose que l'on n'aime pas.
Une habitude bien française consiste à confier un mandat aux gens et de leur contester le droit d'en user.
Il n'est pas plus en notre pouvoir d'aimer toujours que de ne pas aimer du tout.
Lutte, réduction et amélioration sont les trois termes clefs du langage politique. Ils ont l'avantage de pouvoir être accolés indifféremment à inflation, déficit, finances publiques... Et toutes les combinaisons sont possibles.
Le théâtre doit parler des causes de la détresse humaine et des sources de la force humaine.
Le dépaysement, soit, pourvu qu'on en contrôle ses entrées et ses sorties.
Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d'abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l'intérêt général.
Deux passions ont une influence puissante sur les affaires des hommes : l'amour du pouvoir et l'amour de l'argent.
Il est plus facile de se gratter le cul que le coeur.
La mémoire elle-même est rongée par un acide et il ne reste plus de tous les cris de souffrance et de tous les visages horrifiés du passé que des appels de plus en plus sourds, et des contours vagues.
La souffrance mène vers la connaissance de soi-même; renverser les portes de son inconscient : évaluer ses pensées, ses actions, son ego !
Une détresse trop grande peut conduire au suicide, même si le suicide n'est au fond réellement qu'un appel au secours, entendu trop tard...
Un véritable homme de lettres, à la pensée de sa mort est triste, moins de mourir, que de ne pouvoir concevoir sur la mort ne fut-ce qu'une seule pensée originale.
La fiction peut être un moyen d'appréhender le réel, à défaut de pouvoir l'expliquer.
Ne laissez pas votre volonté gronder lorsque votre pouvoir ne peut que murmurer.
Les impôts sont la source de vie de la bureaucratie, de l'armée et de la cour, bref de tout l'appareil du pouvoir exécutif. Un gouvernement fort et des impôts élevés sont identiques.
Pour un pauvre, il est difficile d'être sans amertume. Pour un riche, il est facile d'être sans arrogance.
La nature de l'énergie qu'il faut déployer lors d'une campagne électorale a beaucoup plus à voir avec le goût du pouvoir qu'avec le sens du bien public.