Avec la mort de Jacques Chirac, « je perds un frère ».
La mort fut le premier mystère ; elle mit l'homme sur la voie des autres mystères. Elle éleva sa pensée du visible à l'invisible, du passager à l'éternel, de l'humain au divin.
Un départ définitif, c'est un peu comme la mort : l'absent est jugé sur ses actions et ses paroles.
Pourquoi donc n'est-il pas possible qu'après la mort nous gardions l'apparence parfaite des vivants, si les vivants peuvent dans le sommeil se faire semblables aux lugubres morts ?
La mort d'un académicien est un événement grave à coup sûr, ce n'est pas un événement triste.
Il n'y a que la mort qui peut vraiment faire peur à un homme.
Le mariage est la mort morale de toute indépendance.
Le sage regarde la vie et la mort comme le matin et le soir.
La compassion n'engage à rien, d'où sa fréquence. Nul n'est jamais mort ici-bas de la souffrance d'autrui.
Aller à travers le monde et parler aux hommes ? Les convaincre d'avoir pitié les uns des autres, les bourrer de leur mort prochaine ? Rien à faire, ils aiment être méchants.
Peut-être est-ce justement le signe de la mort ; quand la pensée s'arrête.
Car c'est être poète que regarder la vie et la mort en face, et réveiller les étoiles dans le néant des coeurs.
La mort est le repos des pauvres.
Le sommeil est un mystère et, en tant que tel, il touche la mort d'un côté, et l'amour de l'autre.
Ce qui est effrayant dans la mort de l'être cher, ce n'est pas sa mort, c'est comment on en est consolé.
Le meurtre est l'ultime échec de la parole.
La mort est un bon pasteur, car elle ne perd jamais rien de son troupeau.
La vie est comme une ombre qui passe. La mort aussi. Seule, la douleur demeure. Elle n'en finit pas. Jamais.
Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.
On peut pleurer sa mère, ou son père, ou son frère mais comment voulez-vous pleurer onze personnes !
La mort n'existe que pour ceux qui restent.
Chaque homme est étranger à l'univers, appartient aux objets, aux repas, aux journaux - qui l'enferment dans sa "particularité"-, le laissent dans l'ignorance de tout le reste. Ce qui lie l'existence à tout le "reste" est la mort : quiconque [...] â–º Lire la suite
Tous les mots sont adultes. Seul l'espace où ils retentissent les reconduit vers la mort perpétuelle où ils semblent naître toujours.
Je sais maintenant que mon deuil sera chaotique.
Toute mort est un mystère parce que toute vie est un mystère.
Je ne sais pas ce qui m'inquiète à propos de la mort : sans doute les horaires.
La mort est si peu notre affaire, que personne ne s'enterre sois-même.
La mort est le regret de la vie.
Les gens se tournent vers Jacques Mesrine comme s'il était un Robin des bois, volant aux riches, mais il n'a jamais donné quoi que ce soit à qui que ce soit.
Quand un homme allume du feu, la mort est chez lui avant qu'il soit éteint.
La vie s'amuse ; la mort fait le ménage.