Si remplis de sanguin passé, les mots que j'écris ne me rendront pas ma mère morte.
Les idées, ça va et ça vient, sans aucune importance. Ce sont les mots qui sont difficiles...
Les mots sont pareils aux feuilles : quand ils abondent, l'esprit a peu de fruits à cueillir à la ronde.
La musique prend la place des mots lorsque les gens ne savent pas quoi dire, et je pense que la musique peut être plus éloquente que les mots.
Les mots ?... C'est un maquis dans lequel on aime bien se mettre à l'abri.
L'emballage d'un écrivain qui a réussi, c'est sa légende, les anecdotes qu'on raconte à son sujet, les mots d'esprit qu'on lui attribue... même sans jamais l'avoir lu.
Les mots n'ont pas toujours besoin d'une destination,On les laisse s'arrêter aux frontières des sensations,Errant sans tête dans l'espace du trouble,Et c'est bien le privilège des artistes : vivre dans la confusion.
Les mots "steak" et "soja" associés ensemble, c'est comme si on me disait :"l'Everest en trikini".
Toute écriture est fictive, même et peut-être surtout lorsqu'on s'efforce de raconter une vie. Il y a entre les mots et la réalité un décalage sans lequel écrire ne serait pas possible.
Ecrire pour le théâtre, c'est écrire pour l'autre : le metteur en scène et l'acteur car ce sont eux qui, avant le public, transforment en représentations scéniques les mots couchés sur le papier.
Il n'est pas de plus grand plaisir que d'écrire, quand on a le bon destinataire : la vie, en fin de compte, n'existe que d'être solidifiée par les mots, transformée en récit plein de dérision.
J'aime aller derrière les mots parce qu'il y a autre chose encore. Je ne vais pas à l'évidence. J'aime bien fouiller derrière les mots pour voir.
En disent plus long sur une époque les mots dont on n'use pas que ceux dont on abuse.
Les mots sont dans l'air, j'ai un grand filet et je les attrape.
Beaucoup de jeunes séducteurs savent les mots qu'il faut dire aux femmes, mais ils ne savent pas reconnaître les femmes à qui il faut les dire.
On n'a pas le droit de garder pour soi un mot drôle. Il y a des mots mortels. Tant pis ! Les mots qui sont mortels font vivre du moins ceux qui les font.
On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses.
De plus en plus de gens jouent avec les mots, et de moins en moins avec les idées.
A vingt ans, on ne sait pas écouter entre les mots.
Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge ; mais ils ne me rendront pas ma mère.
Les mots peuvent causer de la confusion et créer des enchevêtrements ; mais l'absence de mots engendre une obscurité totale.
Sans le mot qui seul compte dans l'expression d'une pensée, la pensée en question n'est qu'un pur fantôme en attente de corps. Là où les mots manquent pour le dire, manque aussi la pensée.
On perd son temps à cultiver les mots.
Tiens, les mots. Important, les mots. Important mais peut aussi se révéler monnaie de singe.
Si l'on devait nommer les pays d'après les mots qu'on y entend d'abord, l'Angleterre s'appellerait "damn it".
Les mots, et la manière dont nous nous en servons, peuvent fournir des lumières sur les principes de nos idées.
L'histoire n'est pas dans les mots, elle est dans la lutte.
Les mots, ça fait du bruit ; on écoute les mots ; on écoute ceux qui les disent ; pas les autres, ceux qui n'osent pas faire tant de bruit.
On ne résout jamais un problème en jouant sur les mots.
Les mots qui ont la langue trop longue, on les raccourcit.
Les mots qu'on dit comptent si peu, quand le corps entier et l'âme les contredisent.
- Dans le mot VOLCAN, y a CAN, ça veut dire qu'on ne sait jamais CAN ça VOL.- CAN ça VOL !- Quand ça va voler.- Ah...- C'est bien foutu les mots.
Les mots étrangers, sans permis de séjour, on les reconduit à la frontière linguistique. Les clandestins qui demeurent sont férocement exploités.
Devenus protocole et politesses rituelles, les mots d'amour glissaient sur la toile cirée de l'habitude.
Ecrire, c'est simplement faire des nuances entre les mots.
Quatre siècles avant Jesus-Christ, Thucydide vous explique que la nature humaine est constamment l'ennemie de ce qui la dépasse. Que les mots de son temps perdent peu à peu leur sens. Qu'en un clin d'oeil on peut retourner une opinion, dénaturer un fait. Comme si rien n'avait changé entre son époque et la mienne.
Les mots qu'on connaît bien prennent dans ce pays un sens cauchemardesque. La liberté, la démocratie, le patriotisme, le gouvernement - tous ont un parfum de folie et de meurtre.
Comme on fait son âme on se couche dans les mots.
La télévision utilise toute la force de l'évidence, et elle est capable de présenter immédiatement à la conscience ce que les mots échouent à représenter : le tremblement, un peu trouble, du réel.
- Vous jugez cette assemblée avec beaucoup de sévérité. - Ce sont les mots que vous auriez employés. - Je pense par moi-même, si vous le permettez.
Les mots ont trop servi, on ne sait plus les utiliser.
L'O donne de la majesté à tous les mots en les rendant plus sonores.
Tu n'invoqueras pas le nom de Dieu avant d'avoir épuisé tous les mots de cinq lettres.
Les mots ne sont que les fragments découpés d'un ensemble qui leur est antérieur.
Les mots se nourrissent du temps qu'on passe à les lire.
Un jour, à force de caresser les mots, ils m'entraîneraient avec eux sous la surface, et il n'y aurait plus personne au-dessus du livre ouvert.
Quand le poisson est pris, on oublie la nasse. Quand l'idée est transmise, peu importent les mots qui ont servi à la convoyer.
Quand on se retrouve à côté des pestiférés, une fracture nette sépare votre monde de celui des épargnés. On ne veut ni charité, ni empathie. De chaque côté des frontières, les mots n'ont plus le même sens.
Avant donc que d'écrire apprenez à penser,Selon que notre idée est plus ou moins obscure,L'expression la suit, ou moins nette ou plus pure.Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Les mots sans les pensées ne vont jamais au ciel.