Le poète est en face du langage comme le peintre est en face de l'objet. Le langage devient sa matière première.
Il est vital pour le poète de lever des échos, et de le savoir. Nul mieux que lui ne s'accorde aux solitudes ; mais aussi, nul n'a plus besoin que sa terre soit visitée.
Le poète a toujours le dernier mot.
Dieu n'est-il pas le poète suprême en tant qu'il improvise les mondes ?
Le poète est passé : il n'est plus de délire qui ne soit oeuvre d'art. Le vieux corbeau devient un oiseau-lyre. Il n'est jamais trop tard.
L'amour, disait le poète, est toute l'existence de la femme.
Je viens de recevoir le cerveau de mon ami Francois Valery, le chanteur, rien à voir avec le poète, et bien, il me l'a laissé en dépot parce qu'il n'en a pas l'usage...
Les êtres cachés et fuyants oublient de fuir quand le poète les appelle par leur vrai nom.
Le poète doit faire un tableau noir avec de la lumière.
Le poète se consacre et se consume à définir et à construire un langage dans le langage.
Le poète est à la fois le plus solitaire et le moins solitaire des hommes.
La poésie est une plante libre ; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n'est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
Le poète émet, transmet, il est une voix qui se découvre et s'affirme.
Le poète et le tyran font rarement bon ménage.
Le poète est passé : un remous dans l'argile se dresse en monument, avec soudain le bras qui se profile, la lèvre et l'oeil aimants.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.
Visible, nous le verrions le poète ; voyant, il nous verrait ; et nous pâlirions dans nos pauvres ombres, nous lui en voudrions d'être si réel, nous les malingres, nous les gênés, nous les tout-chose.
Les autres peuples ont eu des historiens, des jurisconsultes, des sages, des poètes, mais qui sont à eux seuls et forment comme une gloire privée, le peuple juif a été l'historien, le sage, le poète de l'humanité.
J'ai toujours cru que le poète et le romancier donnaient du mystère aux êtres qui semblent submergés par la vie quotidienne, aux choses en apparence banales.
Si la femme, dit le poète, est l'avenir de l'homme, il arrive parfois, loin des chansons, que l'enfant soit le passé de la femme.
Le poète se souvient de l'avenir.
Le poète est passé : le ruisseau qui hésite, devient fleuve royal ; il n'a plus de repos ni de limites : il ressemble au cheval.
Le poète est passé ; au milieu du silence s'organise un concert, comme un lilas ; une pensée se pense, le monde s'est ouvert.
Le poète est celui qui parle à la place de tout ce qui se tait autour de lui.
Le poète est celui qui voit le drame et la comédie.
Le poète est le spéléologue des âmes.
Un acteur sur la scène, c'est une buche dans le feu. Quand la flamme du dialogue le quitte, il doit lui rester la braise de la situation. Mauvais bois qui s'éteint dès qu'il ne flambe plus. Faut-il donc que le poëte souffle toujours dessus ?
Le poète est cet être très vieux et très neuf, très complexe et très simple qui aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et de la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance.
La science est indéfinissable. La vérité est inaccessible. Mais elles partagent, au moins, cette capacité à générer cet état d'être si essentiel et élégant que le poète Fernando Pessoa nomme l'« intranquilité ».
Le poète en mélancolie Pleure de n'être plus enfant.
Qui veut comprendre le poète, écrit Goethe, doit se rendre au pays de la poésie. En général, ce n'est pas le poète qui est incompréhensible ou obscur.
Le fou, l'amant et le poète sont d'imagination toute compacte.
Le poète ne peut être qu'un professeur d'espérance.
Le poète a reçu de la nature la qualité qui distingue l'homme de génie : l'imagination.
La beauté de la poésie est que la création transcende le poète.
Quand le poète peint l'enfer, il peint sa vie.
Dieu est le poète et les hommes ne sont que les acteurs ; ces grandes pièces qui se jouent sur la terre ont été composées dans le ciel.
Le but du poème est d'achever et d'anéantir le poète.
Le poète est essentiellement un homme qui a gardé au fond de lui-même le sens du mystère et la faculté de s'étonner.
Le poète doit pouvoir tout dire, en toute liberté. Essayez donc un peu, mes amis, vous verrez que vous n'êtes pas libres.
Le poète m'aide à faire le lien entre cette douleur qui me déchire et le subtil sourire de mon père.
Le poète doit, avant qui que ce soit, prouver ce qu'il dit.
Sans répit le poète enlace le mystère.
Le poète témoigne de ce qu'il n'a pas vu ni vécu.
La mort pour le poète est la victoire.
Le poète est l'homme de la stabilité unilatérale.
Imagination. Entrepôt d'idées, dont le poète et le menteur sont copropriétaires.
Le poète, c'est l'homme attentif à des riens.
Le poète appartient aux objets ménagers ; on le trouve parmi les sécateurs, les pneus, les robinets, les clous : troisième étage à gauche, dans les magasins, où il est disponible.
Le poète, l'artiste, l'écrivain, n'est trop souvent que celui qui sait rendre : il ne garde rien.