Le langage sert généralement à parler et à penser ; en politique, il sert à se taire.
La musique est le langage des passions, mais toutes les passions ne gagnent pas à être mises en musique.
Mais est-ce qu'il ne se pourrait pas que le langage ait d'autres effets que de mener les gens par le bout du nez à se reproduire encore, en corps à corps et en corps incarné.
La morale n'entend que le langage des faits.
Savez-vous comment on dit "jamais" dans le langage du camp? "Morgen früh", demain matin.
Toute proposition littéraire est fondée sur des malhonnêtetés intermédiaires : la mémoire, la culture, le désir, le langage.
Dans le langage sensuel, tous les esprits conversent entre eux, ils n'ont besoin d'aucun autre langage, car c'est le langage de la nature.
Le langage est l'équivalent pour la bouche vide du rêve pour les yeux fermés.
Le langage est un ensemble de citations.
Il est difficile à supporter le langage de l'homme qui dit ce que pensent les autres.
C'est le langage qui a besoin d'être simple et les opinions un peu compliquées.
Dans le langage des jardiniers, les plantes crèvent, mais les roses meurent.
Le langage est comme une boule de pâte dans laquelle passent les phrases. Dès que tu abandonnes les phrases, c'est comme si tu pénétrais dans un bourbier dont tu ne peux plus ressortir.
Le langage, un autre mur...
Le langage du dessin offre des possibilités infinies, ce qui est rare.
Le langage est aux postes de commande de l'imagination.
Comme le langage, la musique nécessite une écriture.
On joue avec le langage comme un enfant joue aux cubes. Mais aux cubes, impossible de faire quelque chose de nouveau : on ne peut construire que des figures fixes quelle que soit la manière dont on les dispose.
Quand les images sont perdues, l'espace aussi. Quand le son est perdu, le langage aussi.
Le langage de l'amant est son chant du cygne.
Le langage est le confessionnal du peuple.
Le langage, comme le désir, n'existe qu'en fonction du néant.
C'est l'esprit qui est une écurie d'Augias, pas le langage.
Ce qu'on appelle liberté, dans le langage politique, c'est le droit de faire des lois, c'est-à-dire d'enchaîner la liberté.
Le langage est la demeure de l'âme.
Les cris des bêtes sont des sténographies sensorielles dans l'espace. Tel était le langage premier de l'homme.
Le langage ordurier a besoin de prendre racine sur un terrain de misère épaisse, d'infamie, de haine. Ça ne s'improvise pas.
Parfois je balise avec le langage html ou les liens hypertextes.
Le langage est un moyen d'ôter son mystère à la réalité.
Le langage populaire, avec son radotage obsessionnel, sa pauvreté de vocabulaire, sa manie fastidieuse d'énumérer des détails superflus, sa dépendance du concret, voilà d'où surgit soudain la poésie sans crier gare.
Nous nous exprimons nécessairement par des mots, et nous pensons le plus souvent dans l'espace. En d'autres termes, le langage exige que nous établissions entre nos idées les mêmes distinctions nettes et précises, la même discontinuité qu'entre les objets matériels.
J'ai une maladie : je vois le langage.
L'accent du pays où l'on est né demeure dans l'esprit et dans le coeur, comme dans le langage.
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles.
Tenir le langage est, pour le gouvernement, nécessité.
C'est le langage, et non pas l'homme qui est unique.
Il ne faut jamais tenir à une foule le langage de la raison pure. C'est seulement à ses passions, à ses sentiments et à ses intérêts apparents qu'il faut s'adresser.
Bien souvent, c'est par le langage que l'autre s'altère; il dit un mot différent, et j'entends bruire d'une façon menaçante tout un autre monde, qui est le monde de l'autre.
A force de parler le langage de l'ennemi, les idéologues changent d'idées.
Divers facteurs pouvaient concourir pour faire percevoir dans le langage de l'étoile un message d'espérance. Mais tout cela pouvait mettre en chemin seulement un homme ayant une certaine inquiétude intérieure, un homme d'espérance, à la recherche de la véritable Étoile du salut.
Une façon de prendre, qui seraitDe cesser d'être soi dans l'acte de prendre,Une façon de dire, qui feraitQu'on ne serait plus seul dans le langage.
Je remercie l'écriture et le langage qui, malgré tant de trahisons, me sont jusqu'à la fin restés fidèles. Je remercie mes mots qui, pour la dernière fois, acceptent de former une phrase : " Vivre était une merveille, vivre est devenu une corvée, vivre est aujourd'hui nocif."
La véritable création commence où finit le langage.
De la poésie, je dirai maintenant qu'elle est, je crois, le sacrifice où les mots sont victimes. Les mots, nous les utilisons, nous faisons d'eux les instruments d'actes utiles. Nous n'aurions rien d'humain si le langage en nous devait être en entier servile.
Nous les vivants ne sommes jamais nus- le regard, la voix sont déjà des parures. Nous ne le sommes que dans la honte, quand le langage fait défaut.
Quand je témoigne, je demande que l'on montre un film. Pour que les enfants voient et qu'ils ne restent pas que dans le langage.
Tout nous vient - non pas tout, mais presque tout nous vient - par l'intermédiaire du langage. C'est pourquoi je pense que la solution de beaucoup de nos difficultés est dans le travail sur le langage.
Le langage a parfois une capacité surprenante à occulter la vérité.
Jamais il ne s'était vu un coeur plus simple. Le langage moderne a déshonoré, autant qu'il a pu, la simplicité. C'est au point qu on ne sait même plus ce que c'est. On se représente vaguement une espèce de corridor ou de tunnel entre la stupidité et l'idiotie.
Je ne vois point de plus grand secret dans le langage, que de trouver des manières pour adoucir les choses fâcheuses.