La souffrance, si elle est acceptée ensemble, portée ensemble, est une joie.
L'économie cannibale ne perd jamais rien de ce qui accable les hommes. Elle fait profite de tout.
Les rêves sont faits pour entrer dans la réalité, en s'y engouffrant avec brutalité, si besoin est. Ils sont faits pour y réinsuffler de l'énergie, de la lumière, de l'inédit, quand elle s'embourbe dans la médiocrité, dans la laideur et la bêtise.
La langue est pour moitié un miroir, pour moitié un grimoire, elle est ombre et clarté et il faut l'accepter dans sa dichotomie sous peine de n'y rien voir faute de contrastes.
Il n'y a aucune connaissance de la terre qui ne commence par l'imagination. Lorsqu'elle disparaît, lorsque se brise la création par l'imaginaire, la curiosité s'évanouit avec elle et le savoir s'épuise.
La justice humaine cause peut-être plus de maux qu'elle n'en compense, probablement plus qu'elle n'en prévient, certainement plus qu'elle n'en répare.
Peut-être l'immobilité des choses autour de nous leur est-elle imposée par notre certitude que ce sont elles et non pas d'autres, par l'immobilité de notre pensée en face d'elles.
Pourquoi donc, dans un groupe de femmes bavardant comme des perruches, la conversation cesse-t-elle aussitôt qu'un monsieur s'approche ?
La science ne nous a-t-elle pas trop éloignés de notre moi "naturel" ?
Si une femme veut une tiare de diamants, elle vous expliquera que ça lui fera économiser un chapeau.
La guerre, on ne la fait pas : c'est elle qui nous fait.
Chaque maison a son odeur à laquelle ses habitants ne prennent plus garde, sauf après une longue absence. Quand une maison n'a pas d'odeur, elle effraie ; on a l'impression qu'elle cache un secret, la maladie.
Il y a antinomie entre les lignes hertziennes et les lignes du poète : comment la télévision, qui est lumière, éclat, mise en scène, évidence, peut-elle faire exprimer le secret d'une parole, l'écart d'une sensibilité, le risque du cri ou du chuchotement
La guerre est inhérente à l'homme, elle n'est pas à part. L'homme est immaîtrisable.
L'homme est en droit de vouloir n'importe quoi d'une femme, mais, s'il ne veut pas se comporter en brute, il doit faire en sorte qu'elle puisse agir en harmonie avec ses illusions les plus profondes.
Tu as déjà tendu une corde de guitare très fort ? Tellement fort qu'elle émet un son strident... qui se rapproche plus d'un cri, d'un hurlement... Gniiiiiiii... Gniiiiiiiii !!
L'admiration prend quelquefois un télescope pour regarder les choses de la terre, mais elle n'en fait pas des astres pour cela.
Dites une chose stupide, mais dites-la souvent, et elle finira par passer pour sage.
Quand l'homme regarde la femme, il voit d'un oeil sa moitié et de l'autre sa rivale. La femme voit d'un oeil ou de l'autre, son appui et son maître, même quand elle se croit affranchie.
Nous aimons notre enfance, nous y revenons, nous la jugeons, elle nous juge.
Plus l'âme a reçu dans le silence, plus elle donne dans l'action.
Le sang s'hérite et la vertu s'acquiert, et la vertu vaut par elle seule ce que le sang ne peut valoir.
La solitude est sans attraits pour la plupart des hommes parce qu'elle ne leur fournit pas assez de pensées qui leur plaisent.
Les habitudes sont tributaires du temps et celle qui consiste à se lever ou à se coucher à une certaine heure est de toutes la plus puissante puisque c'est d'elle que découle le glissement de nos jours.
Toute avancée des connaissances génére autant d'interrogations qu'elle apporte de réponses.
Avec ses caprices, la Lune,Est comme une frivole amante,Elle sourit et se lamente,Et vous fuit et vous importune.
Je n'exhibe jamais ma vulgarité, j'attends qu'elle se manifeste d'elle-même.
La morale est comme les régimes : elle interdit tout ce qui est bon.
Si l'oeuvre de Dieu est tout entière bonne, c'est qu'elle est tout entière utile au salut de l'homme ; elle n'est donc pas en soi une fin, mais un moyen qui tire sa justification de l'usage que nous en faisons.
Une femme qui n'a jamais vu son mari pêcher à la ligne ne sait pas quel homme patient elle a épousé.
La vertu est généralement approuvée, non pas parce qu'elle est innée, mais parce qu'elle est utile.
La nature tonne à l'oreille des hommes de lettres, quand elle murmure à peine à celle des gens du monde.
Provençaux, voici la coupe,Qui nous vient des Catalans,Tour à tour buvons ensemble,Le vin pur de notre cru,Verse-nous la poésie,Pour chanter tout ce qui vit,Car c'est elle l'ambroisie,Qui transforme l'homme en Dieu.
Les mains faites pour l'or mais elle sont dans La merde.
J'adore Madonna. C'est la seule femme à qui j'ai demandé de m'épouser. Elle a refusé, bien sûr.
Elle disait je t'aime et je disais je t'aime ! Elle disait toujours et je disais toujours !
La vie n'a de complaisance que pour ceux qui abusent d'elle.
A désinfecter de la vie ce qu'elle abrite de mort, c'est la vie même qui est frappée.
Lorsqu'une personne est intelligente sans avoir la mesure de ce qu'elle dit, elle devient incapable de supporter ce qu'elle sait.
N'importe quelle plaisanterie possède une vertu que les représentations habituelles ne possèdent pas : elle brise le cercle des notions consciencieuses.
La roue ignore qu'elle fait le paon, celui-ci ignorant qu'il fait la roue.
L'opulence est le bonheur même, lorsqu'elle sert à soulager les malheureux.
L'armoire de mon bureau a pour moi plus d'intérêt qu'elle [Nathalie Kosciusko-Morizet].
La jeunesse serait idéale si elle venait un peu plus tard dans la vie.
Quand la vertu publique a disparu, quand l'esprit national a fui, la république est perdue dans son essence, bien qu'elle puisse encore exister dans la forme.
La vie pourrait être une joie sans limite, si seulement nous la prenions pour ce qu'elle est, telle qu'elle nous est donnée.
Toute destinée, si longue, si compliquée soit-elle, compte en réalité un seul moment : celui où l'homme sait une fois pour toute qui il est.
Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu ; elle tourmente longtemps ceux qui l'abandonnent.
Toute générosité se paie, c'est même par là qu'elle vaut.
Que peut changer un mot ? Une phrase ? Une lettre ? On ne devrait pas écrire. Le décalage est trop grand entre le moment où on écrit une lettre et celui où elle est lue.