Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l'existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n'est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?
Le sage est heureux jusque dans les tortures.
Les êtres ne se rencontrent à peu près jamais, sauf quelques heures ici et là dans toute existence ; c'est ça le drame.
Il n'y a personne qui n'ait plus d'ennemis dans le monde qu'un homme droit, fier et sensible, disposé à laisser les personnes et les choses pour ce qu'elles sont, plutôt qu'à les prendre pour ce qu'elles ne sont pas.
D'emblée dans la vie la fatigue touche aux deux portes sacrées : l'amour, le sommeil. L'amour qu'elle use comme de l'eau sur la pierre. Le sommeil qu'elle entasse comme de l'eau sur de l'eau.
Et nous boirons à nos maîtresses dans les crânes de leurs amants.
Il faut que nos jeunes gens apprennent à vivre dans un univers devenu étrangement mobile. Ils n'y sont pas préparés et c'est une des raisons de leur malaise.
La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation ; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.
Je n'ai jamais beaucoup aimé les prix personnels. Une personne ne devient pas un combattant de la liberté dans l'espoir de gagner des récompenses.
C'est dans notre oisiveté, dans nos rêves, que la vérité submergée prend parfois le dessus.
Si l'amour est dans l'air, moi, j'bats des records d'apnée, j'reste à jamais fidèle à l'infidélité.
Commencez par signer, que je sache dans quel sens ça se regarde.
Tout corps plongé dans un liquide finit par avouer.
Les chats sont la preuve que tout n'a pas un but dans la nature.
S'il y avait des synonymes parfaits, il y aurait deux langues dans une même langue.
Je chante pour mon vallon en souhaitant que dans chaque vallon un coq en fasse autant.
On va chercher dans les sectes un peu de cette chaleur que produisent les inquiétudes et les désarrois partagés dans un monde gagné par le froid de l'indifférence.
Un système de protection de la nature basé exclusivement sur l'intérêt économique est désespérément bancal. Il tend à ignorer, donc en fin de compte à éliminer beaucoup d'éléments qui manquent de valeur commerciale mais sont (dans l'état actuel de nos connaissances) essentiels à son bon fonctionnement.
Ne prenez pas de décisions dans la colère ou n'humiliez pas un ennemi après l'avoir vaincu.
Les gens meurent de faim dans le monde, non pas parce que nous n'avons pas assez de nourriture, mais parce que nous ne sommes pas organisés.
Il reste très peu de marxistes dans le monde... ils sont tous dans les universités américaines.
Certaines nostalgies remontent à la surface sans prévenir. Les êtres changent de nature, comme dans les contes.
Plus vous trouverez de raison dans un homme plus vous trouverez en lui de probité.
Dans la vie, il faut choisir : être riche ou bachelier.
Dans l'usage ordinaire, la première question que l'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est, est-elle belle ? La seconde, a-t-elle de l'esprit ? Il arrive rarement que l'on fasse une troisième question.
Les exilés politiques sont englués dans leur passé et sans avenir ; leur descendance leur échappe, autant que le passé leur a fait défaut.
On exagère beaucoup sur la recrudescence de la folie : dans une salle où il n'y a que deux personnes, il n'y a jamais plus de deux fous.
Les sots, les ignorants, les gens malhonnêtes, vont prendre dans les livres des idées, de la raison, des sentiments nobles et élevés, comme une femme riche va chez un marchand d'étoffes s'assortir pour son argent.
Pour peu qu'on tâche de se perfectionner, on voit les autres rapetisser, comme s'ils s'enfonçaient dans le sable.
La police n'a pas d'autorité. Normal : vous avez vu dans quoi ils roulent et comment ils sont habillés ?
Méditer c'est regarder profondément dans le coeur des choses.
Nous aspirons tous au triomphe de la notion d'espèce humaine dans les esprits et dans les consciences, de sorte que l'histoire particulière de telle ou telle race s'efface devant celle de l'homme tout court.
Vous n'avez pas à rester dans votre voie quand il s'agit d'amitié ou d'idées.
Les portes chaudes. Dans les Thermopiles nous avançons, dans cet étroit corridor nous avançons, où le nombre des hommes de Xerxès ne comptera plus. Spartiates, citoyens soldats, anciens esclaves, tous de courageux Grecs. Frères, pères, fils... nous avançons, pour l'Honneur, pour servir, pour la Gloire, nous avançons.
La vie m'a appris que si on ne suit pas son intuition, que si notre intuition dit quelque chose que l'on refuse d'écouter, alors on part forcément dans la mauvaise direction.
Dès que vous commencez à entrer dans la peau d'un personnage, c'est là qu'il vous apparaît vraiment.
Le chagrin aiguise les sens ; il semble que tout se grave mieux dans les regards, après que les pleurs ont lavé les traces fanées des souvenirs.
Etre jeune, c'est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d'une civilisation périmée, oser ce que d'autres n'ont pas eu le courage d'entreprendre ; en somme, se replonger dans l'élémentaire.
Croire en Dieu, c'est vivre par quelque chose qui n'existe d'aucune manière dans le monde, sinon dans le langage ambigu de ces phénomènes que nous appelons chiffres ou symboles de la transcendance.
Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs.
Le théâtre est l'exercice d'un métier, inaccessible à l'esprit, dans lequel on ne peut rien comprendre que dans l'épisodique, le fragmentaire, le momentané, car la loi est "l'explicable" et "l'inconnaissable".
Il sent du plaisir en lui-même... S'il veut de la dualité il l'a en lui-même... S'il cherche joie et satisfaction à l'extérieur, c'est en lui-même et il les trouve. Aussi est-il Seigneur et Maître de lui-même... et dans le monde entier il est à l'aise.
Dans le subconscient des anciens, où naquirent tous les mythes, on ne pouvait croire que la plante et les fleurs ne fussent autre chose que l'apparence que les dieux voulaient bien nous en montrer.
Toute ma vie, je n'ai vu que des temps troublés, d'extrêmes déchirements dans la société, et d'immenses destructions ; j'ai pris part à ces troubles.
Le mathématicien est un aveugle dans une pièce noire, cherchant à voir un chat noir qui souvent n'est pas là.
Il était arrivé avec L'Iroise de Saint - Pierre - Quiberon. Il cherchait un embarquement, comme beaucoup de Bretons. Il est revenu tous les jours. Un soir, il a dit au père qu'il partait au Chili par le Cap Horn. [...] ► Lire la suite
Le poète est passé : un remous dans l'argile se dresse en monument, avec soudain le bras qui se profile, la lèvre et l'oeil aimants.
Les pensées vont et viennent à leur guise dans notre tête, on ne fait pas exprès de croire ce qu'on croit.
Le passé me remonte à l'âme... et comme un pâtreQui rêve solitaire au fond du soir bleuâtreJe regarde immobile en mon recueillement,Je regarde là-bas sur mon coeur doucement,Plus suave, on dirait, dans les ombres accrues,Tourner le choeur léger des choses disparues.
Pour un artiste, rien dans la nature n'est laid.