Les habits de deuil ont beau s'user et blanchir : le coeur reste noir.
En littérature, je suis pour le grand contre le petit, et, en politique, je suis pour les petits contre les grands.
La liberté d'aimer n'est pas moins sacrée que la liberté de penser.
Ainsi la paresse est mère. Elle a un fils, le vol, et une fille, la faim.
L'un des privilèges de la vieillesse, c'est d'avoir, outre son âge, tous les âges.
Naît-on deux fois ? Oui. La première fois, le jour où l'on naît à la vie ; la seconde fois, le jour où l'on naît à l'amour.
Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l'action.
Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule.
La guerre, c'est la guerre des hommes ; la paix, c'est la guerre des idées.
L'horizon souligne l'infini.
Le travail est la meilleure des régularités et la pire des intermittences.
Respirer Paris, cela conserve l'âme.
La volonté trouve, la liberté choisit. Trouver et choisir, c'est penser.
Le sang se lave avec des larmes et non avec du sang.
Vous m'offrez la cité... je préfère les bois, car je trouve, voyant les hommes que vous êtes, plus de coeur aux rochers, moins de bêtise aux bêtes.
Un petit peuple libre est plus grand qu'un grand peuple esclave.
La poésie, c'est tout ce qu'il y a d'intime dans tout.
La misère d'un enfant intéresse une mère, la misère d'un jeune homme intéresse une jeune fille, la misère d'un vieillard n'intéresse personne.
La joie que nous inspirons a cela de charmant que, loin de s'affaiblir comme tout reflet, elle nous devient plus rayonnante.
L'amour immatériel est éternel, parce que l'être qui l'éprouve ne peut mourir. Ce sont nos âmes qui s'aiment et non nos corps.
Celui qui médite vit dans l'obscurité ; celui qui ne médite pas vit dans l'aveuglement. Nous n'avons que le choix du noir.
La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime.
Quand une femme vous parle, écoutez ce qu'elle vous dit avec ses yeux.
Un roman naît, d'une façon en quelque sorte nécessaire, avec tous ses chapitres.
Aie dans les veines le doux lait de ta mère, et le généreux esprit de ton père ; sois bon, sois fort, sois honnête, sois juste ! Et reçois, dans le baiser de ta grand-mère, la bénédiction de ton grand-père.
Je ne puis regarder une feuille d'arbre sans être écrasé par l'univers.
Tu es blanche et je suis noir ; mais le jour a besoin de s'unir à la nuit pour enfanter l'aurore et le couchant, qui sont plus beaux que lui !
Tout le temps est perdu que l'amour ne prend pas.
Que peu de temps suffit pour changer toutes choses ! Nature au front serein, comme vous oubliez !
Dieu a inventé le chat pour que l'homme ait un tigre à caresser chez lui.
Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout.
Qu'importe la surdité de l'oreille, quand l'esprit entend ?
L'homme ne sera adulte que le jour où son cerveau pourra contenir dans sa plénitude et dans sa simplicité la notion divine.
La gaminerie est une nuance de l'esprit gaulois. On pourrait dire que Voltaire gamine.
Le devoir a une grande ressemblance avec le bonheur d'autrui.
N'être pas écouté, ce n'est pas une raison pour se taire.
Le cerveau a la pensée, le coeur a l'amour, le ventre a la paternité et la maternité.
Selon que vous serez fou ou sage, vous composerez les rêves de votre vieillesse des regrets de votre jeunesse ou des espérances de l'éternité !
L'âme est le seul oiseau qui soutienne sa cage.
Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris.
Il est effrayant de penser que cette chose qu'on a en soi, le jugement, n'est pas la justice. Le jugement, c'est le relatif. La justice, c'est l'absolu. Réfléchissez à la différence entre un juge et juste.
Il y a une différence entre un bâtard et un enfant d'un second lit. Ne confondons pas un erratum et une variante.
Il est quelquefois plus difficile d'être le second que le premier. Il faut moins de génie, mais plus de courage.
Mettre tout en équilibre, c'est bien. Mettre tout en harmonie, c'est mieux.
Qu'est-ce qu'un fleuve sans sa source ? Qu'est-ce qu'un peuple sans son passé ?
L'avenir, fantôme aux mains vides, qui promet tout et qui n'a rien !
Le plus grand ennui c'est d'exister sans vivre.
Les faux amis, ces noeuds qui deviennent couleuvres.
L'affection réciproque n'a pas ce degré de sensibilité ardente qui fait que le moindre pli est un supplice. Les vieux amis s'aiment avec des plis.
Qu'on ne l'oublie pas, le socialisme, le vrai, a pour but l'élévation des masses à la dignité civique, et pour préoccupation principale, par conséquent, l'élaboration morale et intellectuelle.
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