Le judo est comme l'amour : il arrive que ça ne dure pas longtemps et l'essentiel se joue à l'horizontale dans un enchevêtrement de membres.
Peut-être qu'à force de retenir le pire, on finit par oublier le meilleur.
Le sport, activité noble qui, à l'instar du rire, de la philatélie, de la cuisine au bain-marie et du cybersexe, permet à l'humain de dépasser son animalité.
L'être stoïque sait que la vie moderne n'est qu'une série de moments pendant lesquels on attend de passer à la caisse.
Si la vérité fait mal, alors vivons dans la douleur plutôt que dans les chimères.
Les Sceptiques sont un caillou dans la chaussure de l'humanité en marche vers la crédulité.
Le sport est bien affaire de frissons.
Nous sommes plusieurs, et même plus, à chérir le temps d'avant l'angoisse, d'avant le danger qui surgit partout, à aimer avoir été petits.
La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites.
Les assurances sont un exemple de service conçu pour faire le plus souvent possible le contraire de ce pour quoi il est conçu, à savoir dédommager.
L'ironie : cette étincelle d'intelligence dont l'humain se réclama jadis pour s'autoriser à non plus seulement craindre Dieu mais aussi à lui sourire en coin.
La personne qui achète un billet de loterie le lundi en vue d'un tirage le vendredi a deux fois plus de «chances» de mourir avant le tirage que de gagner le gros lot.
Nous vivons dans une société qui valorise la précision, mais qui s'accommode d'une démocratie floue.
Le seul allié des jeunes générations n'a toujours été que le temps, celui de vieillir un peu.
Le doute agace prodigieusement. Le monde aime mieux des moitiés de certitudes et croire à n'importe quoi.
Ecrire n'importe quoi. C'est comme ça qu'on devient devin. Ou expert, on ne sait jamais.
A égalité avec "millénaire" et "tendance", le mot "extrême" est le plus indigestiblement charrié de cette époque qui ne serait probablement pas aussi formidable si elle n'était d'abord la nôtre.
La pub nous traque, nous matraque, nous a à l'usure, finit toujours par obtenir qu'on lui dise "oui" juste pour avoir la paix.
Un indécis mou est un électeur qui n'est pas sûr de ne pas être décidé.
Au royaume des petits caractères, les microscopes sont rois. Et nous vivons, condamnés à la myopie par la loi, dans une société de notes de bas de page.
Peut-on devenir paranoïaque à force de penser que les autres pensent que nous le sommes ?
Les campagnes électorales sont une excellente occasion de dire n'importe quoi, que ne surpassent peut-être que les lendemains d'élections.
Wimbledon : même les interminables délais imputables à la pluie londonienne font partie de sa personnalité.
Le golf est zen quand on laisse à d'autres le soin d'y jouer.
Le bon peuple se satisfait du bonheur par procuration.
Les médias n'aiment rien de mieux que de faire étalage de la "subversion" pour faire oublier qu'ils la récupèrent.
S'il est vrai qu'il est plus facile pour un chameau de passer à travers le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au Royaume des cieux, un constat s'impose : il n'y a pas de sport professionnel au paradis.
Nous plaçons régulièrement la classe politique sous le plancher de la cave dans notre estime collective, et au bout du compte, nous allons tout de même courir la réélire.
Tout comme nos amies les entreprises ne consacreraient pas des milliards à la publicité si elle ne rapportait pas encore plus, la classe politique fait rarement dans la gratuité.
C'est beaucoup de choses l'image : une belle gueule, un beau parler, une poignée de main ferme, un regard droit, du linge bien repassé, l'air d'avoir toujours envie de se trouver là où on est et de penser profondément ce que l'on dit.
L'authentique scandale, c'est que des gens croient encore que la publicité c'est vrai.
Il est plus aisé, et éminemment plus scientifique, de traquer le passé que d'esquisser l'avenir.
Pourquoi après une mort, y a-t-il un espace systématique de mensonge sur la vertu et la valeur du disparu ? Pourquoi ce qui valait avant ne vaudrait-il pas après ?
D'une manière générale, l'humain éprouve peu de plus vifs plaisirs que celui d'apprendre une nouvelle à quelqu'un.
Le mot "concret" a ceci de particulier que plus on l'évoque, plus il est "abstrait".
La Cour a ses raisons que la démocratie est juste assez imbécile pour ignorer.
Les morts sont toujours grands. Ce n'est pas sans conséquence : on pourrait en déduire que, pour être petit, il faut être vivant.
Il ne suffit pas d'etre heureux, encore faut-il savoir qu'on l'est.
Nous voulons tellement manquer de temps qu'il est devenu ringard de laisser paraître qu'on en a.
On oublie, dans le classement des grands événements ayant marqué le millénaire, d'inclure la vogue des classements.
Chassez la contrariété, elle reviendra vous hanter à la une des journaux.
Il en est parmi nous qui, bien que non génétiquement prédestinés à la gadoue, y pataugent plus souvent qu'à leur tour.
La poésie a été inventée pour donner un visage honorable à la mort.
S'attaquer aux fumeurs est devenu le chic du chic de la rectitude politique. Cela s'appelle de l'opportunisme.
Ceux qui prétendent vivre totalement au jour le jour sont de fieffés menteurs.
La pub peut tuer. C'est d'ailleurs l'un de ses objectifs : tuer le citoyen responsable, annihiler ses mécanismes de défense, le convaincre que le sens vient de l'objet, qu'il n'en a pas assez, qu'il n'en aura jamais assez.
Si l'enfer existe, c'est une salle d'attente avec des magazines de l'année passée.
Un bonheur vient rarement sans le malheur correspondant qui est la substance de toutes choses.
Il n'y a rien comme un étalage de livres pour prendre conscience de la brièveté de la vie.
Parfois, le plus gros problème dans une question, c'est la réponse.
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