C'est Bon Dieu seul qui tue les méchants, les cons, les pécheurs et les damnés.
Le proverbe est le cheval de la parole ; quand la parole se perd, c'est grâce au proverbe qu'on la retrouve.
Il faut se lever de bonne heure quand on doit, dans sa journée, marcher une longue piste.
Tout ce qu'Allah réalise n'est pas toujours juste et parfait : parfois, il vous gratifie d'une grosse tête sans vous donner les moyens d'acquérir un long turban.
L'oiseau qui n'a jamais quitté son tronc d'arbre, ne peut savoir qu'ailleurs il y a du millet.
J'ai la haine de la haine et je désapprouve toute violence dans les rapports entre les hommes.
Celui qui n'est pas capable de haïr autant qu'il peut aimer n'est pas un homme.
La transgression se comporte comme une petite braise jetée dans la savane au gros de la saison sèche : on voit où la flamme prend mais nul ne sait où elle s'arrêtera.
Il n'y a pas de longue journée qui ne se termine par une nuit.
On est toujours quelque chose comme serpent, arbre, bétail ou homme ou femme avant d'entrer dans le ventre de sa maman. On appelle ça la vie avant la vie.
La vraie misère est la misère de l'âme.
Le mariage est sacré. Qui accomplit la totalité des obligations que le mariage lui impose et espère, n'attend jamais en vain.
Parfois la mort est faussement accusée quand elle achève des vieillards qui par l'âge étaient déjà finis, déjà bien morts avant l'avènement de la mort.
La vie est toujours douloureuse pour les gens qui aiment ceux qui les excluent et méprisent ceux qui les acceptent.
Celui qui s'est engagé à tisser un coutil pour couvrir les fesses de l'éléphant s'est obligé à réussir une oeuvre exceptionnelle.
L'appel du sang est assurément irrésistible, et on ne fait jamais d'une hyène un mouton.
Comment peut-on envoyer des enfants de Dieu, tuer d'autres enfants de Dieu, au nom de Dieu ?
Pour tous les animistes, donner son sang à un autre, c'est lui céder une de leurs âmes, en faire un double, un autre soi-même.
Le rêve conscient côtoie la réalité et corrige ses côtés négatifs.
Même en plein harmattan, le soleil de temps en temps, s'arrête en demandant aux nuages de le voiler.
Ce que l'enfant obtient physiquement, il le doit à son père ; à sa mère, il doit ce qu'il acquiert moralement.
Quand on ne veut pas être touché par les queues des singes, on s'éloigne de leurs bandes.
Il n'y a que le désert qui guérisse le désespoir : on peut y pleurer sans crainte de faire déborder un fleuve.
Quand on a dit que l'anus de l'hyène sent mauvais, on a tout dit. En rajouter n'apporte rien.
Un grand pays ne peut subjuguer que le petit peuple qui ne sait pas se rassembler pour faire avec tous ses moyens, face à l'agression.
L'aumône se réalise avec le coeur alors qu'offrir s'accomplit par devoir pour se débarrasser d'un mendiant accrocheur.
Après cinq ans de silence, je pense que mon public a été très clément, très patient. Aujourd'hui, il fallait lui donner la dose de musique qui pourrait assouvir sa longue attente.
Tout homme est un dissimulateur. Les bons sentiments ne sont que des stratagèmes : le cancrelat nous dévore en soufflant sur notre plaie.
Ingérence humanitaire, c'est le droit qu'on donne à des Etats d'envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte.
Le bébé de la laitière dort en paix parce qu'il sait qu'il aura du lait quoi qu'il arrive.
Un homme est aussi un chien errant en quête perpétuelle de sa nourriture.
La politique ne réussit que par la duplicité.
Un peuple riche ne s'impose qu'au pays pauvre dont les habitants ne savent pas faire don de leur personne.
Un homme se réalise pleinement dès qu'il se libère du distinguo entre vérité et mensonge.
La principale institution, dans tout gouvernement avec un parti unique, est la prison.
Le chasseur à l'affût, de temps en temps, interrompt la poursuite pour chiquer son tabac.
Il y a dans la vie deux sortes de destins : ceux qui ouvrent les pistes dans la grande brousse de la vie et ceux qui suivent ces pistes ouvertes.
Quand on voit quelqu'un et qu'il fuit, ça signifie c'est quelqu'un qui te veut du mal. Il faut l'attraper.
Nous voulons aller de l'avant, assurément, mais sans, pour autant, renier notre passé, sans tourner le dos à celles de nos formes de civilisation qui constituent notre originalité et dont le monde a grand besoin, nous le savons.
C'est toujours dans la nuit, et en catimini, qu'on quitte le pays dans lequel on a été accueilli en richissime, quand la pauvreté et l'endettement vous assaillent.
Avant de créer une chute, le fleuve se calme et crée un petit lac.
Le chasseur à l'affût, s'immobilise parfois pour s'orienter.
Le voleur réputé paie la poule qu'il n'a pas chapardée.
Parfois, on trouve une grosse biche dans le piège tendu à des agoutis.
Il n'y a pas de justice sur cette terre pour le pauvre.
Pour les empêcher de s'éloigner, de se perdre dans la brousse, la lionne, toute la journée, s'amuse avec les lionceaux.
Si la perdrix s'envole, son enfant ne reste pas à terre.
Il ne faut jamais verser du jus de viande dans la gorge d'une hyène et lui demander de le recracher.
Il n'y a pas d'oiseau qui chante toute une journée sans s'arrêter.
Les animaux traitent mieux les blessés que les hommes.