Où sont les poulardes ? J'ai faim ! Où sont les veaux, les rôtis, les saucisses ? Où sont les fèves, les pâtés de cerf ? Qu'on ripaille à plein ventre pour oublier cette injustice ! Y'a pas quelques soissons avec de la bonne soivre, un porcelet, une chèvre rôtie, quelques cygnes blancs bien poivrés ? Ces amuse-bouche m'ont mis en appétit.
Cette célèbre tirade, prononcée par Godefroy de Montmirail dans le film Les Visiteurs, est littéralement une demande pressante et gourmande de nourriture. Le personnage, tout juste débarqué de l'an 1122 dans le temps moderne (1992), exprime son intense faim et sa volonté de "ripailler à plein ventre". Il énumère une longue liste de mets de son époque, souvent des plats rustiques ou des viandes de gibier (poulardes, veaux, rôtis, saucisses, fèves, pâtés de cerf, soissons, soivre, porcelet, chèvre rôtie, cygnes blancs poivrés). Il perçoit les "amuse-bouche" (les faibles quantités de nourriture contemporaine qu'il a pu croiser) comme insuffisants et est indigné par une "injustice" qu'il cherche à oublier par le festin.
Au-delà de la faim, la réplique symbolise le choc des époques et l'incompréhension culturelle. Godefroy, un noble médiéval habitué aux festins opulents, ne comprend pas la légèreté et la modernité de l'alimentation de 1992. Sa quête de nourriture est une quête de ses repères, de sa culture et de son statut. La nourriture est ici un marqueur temporel et social : ce qu'il désire est non seulement une quantité gargantuesque, mais aussi des mets qui n'existent plus ou qui sont préparés différemment, représentant ainsi un monde perdu.
Cette réplique est devenue une phrase culte du cinéma français, souvent utilisée de manière humoristique dans le langage courant. On peut l'entendre :
L'idée principale à retenir est que les besoins fondamentaux et la manière de les satisfaire sont profondément ancrés dans la culture et l'époque d'un individu. La nourriture n'est pas qu'une question de survie, c'est aussi un repère social et culturel majeur. L'humour naît du décalage entre les exigences d'un chevalier du XIIe siècle et la réalité de la fin du XXe siècle. Cela rappelle l'importance de l'adaptation et de la relativité des cultures.
La réplique est extraite du scénario du film français Les Visiteurs, sorti en 1993, co-écrit par Christian Clavier (qui joue Jacquouille la Fripouille) et le réalisateur Jean-Marie Poiré. Elle est prononcée par l'acteur Jean Reno, dans le rôle de Godefroy de Montmirail, dit « le Hardi ».
La scène se déroule au moment où Godefroy et son écuyer Jacquouille, après leur arrivée spectaculaire dans le présent, découvrent le mode de vie de la descendante de Godefroy, Béatrice de Montmirail. C'est juste après que Godefroy a confondu un bidet avec un bénitier et que les deux hommes ont pris conscience de la "sorcellerie" du monde moderne (électricité, téléphone, voiture). La faim et la soif deviennent alors des préoccupations primordiales pour Godefroy qui, au contact d'une nourriture qu'il juge insuffisante ou étrangère, cherche à retrouver ses marques en réclamant les mets de son temps.
Cette tirade est essentielle pour définir le personnage de Godefroy. Elle souligne :
Le thème principal du film est le voyage dans le temps et le choc des civilisations. Cette réplique incarne parfaitement ce thème en utilisant la nourriture comme prisme. Le festin réclamé par Godefroy est une tentative de ramener un morceau de son XIIe siècle dans le présent. L'énumération des plats d'antan met en lumière la distance abyssale entre les deux époques et le potentiel comique qui en résulte.
L'impact est principalement comique. La démesure de la demande, l'indignation sincère de Godefroy et l'énumération pittoresque des plats (surtout les "cygnes blancs bien poivrés") provoquent l'hilarité. Culturellement, la réplique a marqué l'imaginaire collectif français, contribuant à faire du film Les Visiteurs un monument de la comédie. Elle est un archétype de la réplique qui, par sa formulation et son contexte, résume à elle seule l'esprit et l'humour d'une œuvre.