Pour produire un livre, seuls l'auteur et le libraire sont nécessaires. Sans parasites intermédiaires.
Le livre est un maître qui ne se lasse point ; il est à la disposition du lecteur, pour se répéter, puisque celui-ci n'a qu'à relire la phrase mal comprise.
L'amour bondit vers l'amour comme l'écolier referme le livre mais l'amour et l'amour se quittent comme l'écolier va à l'école.
Maints éditeurs, pareils à d'adroits couturiers, se chargent d'habiller le livre de manière à séduire des acheteurs dont l'oeil est plus accessible que l'intelligence.
La littérature bouleverse des vies quand on rencontre le livre qui donne envie de lire.
Malheureusement, dans les rapports entre les gens, seuls comptent les gains et les pertes.
Avoir le sens critique, c'est déclarer en trois lignes qu'une pièce ou qu'un livre est une oeuvre admirable - mais c'est avoir besoin d'une colonne entière de journal pour expliquer qu'une chose est mauvaise.
Un best-seller est généralement un méchant livre dont la vente permet à l'éditeur de publier d'autres livres tout aussi mauvais mais qui ne se vendent pas.
Dieu nous juge que par nous-mêmes, ou, plus précisément : nous seuls nous jugeons à travers Lui.
Le plaisir d'un texte, le ravissement d'une interprétation ne sont pas liés au prix du livre ou de la chaine hi-fi.
Inspirons, s'il est possible, à la nation l'amour de l'architecture nationale. C'est là, l'auteur le déclare, un des buts principaux de ce livre ; c'est là un des buts principaux de sa vie.
A quoi peut servir un livre sans images ni dialogues ?
Sans un système multilatéral fort, seuls les rapports de force comptent.
Mais quelle est la différence entre la littérature et le journalisme?... Le journalisme est illisible et la littérature n'est pas lue. C'est tout.
On dit beaucoup plus de choses et on les dit mieux avec ses yeux qu'avec sa langue. Par son regard, l'être se livre tout entier.
C'est joli, le progrès ? Demain, quand on offrira un livre à un gamin, il le tournera dans tous les sens pour savoir où il faut mettre les piles.
Un grand livre est un livre où l'on peut mettre beaucoup de choses.
- Professeur Choron, que pensez-vous de ceux qui n'achètent pas ce livre ?- Qu'ils crèvent...
Il suffit d'ouvrir un manuel de littérature grecque ou latine pour constater que les belles époques littéraires sont d'un demi-siècle alors que les littératures dites de décadence durent six cent ans.
Un livre est un suicide différé.
Celui qui lit trop ne comprend rien ; les livres l'empêchent de vivre au lieu de lui apprendre à bien vivre. Mais l'homme d'un seul livre : c'est un ignorant.
La Bible est un livre si diversifié que les enthousiastes et les fourbes peuvent y puiser tous les matériaux nécessaires pour appuyer leurs extravagances ou leurs projets dangereux...
Ce sont les seuls interprètes des vrais Dieux que les poètes.
Les seuls qui se rapprochent de vous dans le malheur sont les créanciers.
Erudition. Poussière tombant d'un livre dans un crâne vide.
S'il est un homme tourmenté par la maudite ambition de mettre tout un livre dans une page, toute une page dans une phrase, et tout une phrase dans un mot, c'est moi.
Qui livre un plus rude combat que celui qui s'efforce de se vaincre soi-même ?
Vous ne pouvez pas ouvrir un livre sans apprendre quelque chose.
Publier un livre de poésie, c'est comme jeter un pétale de rose au fond du Grand Canyon et attendre l'écho.
La littérature est éparpillée en débris faits des hommes qui se sont bien trop occupés des opinions des autres.
Il y a tout d'abord la littérature de la connaissance, et secondement, la littérature de la puissance. La fonction de la première est d'enseigner ; la fonction de la seconde est d'émouvoir.