Faire de la poésie, c'est se confesser.
La véritable poésie est faite d'impressions fugitives.
Qu'est-ce que la poésie ? Une pensée dans une image.
Tout ce qui n'est pas prose est vers; et tout ce qui n'est pas vers est prose.
La poésie est semblable à l'amandier : ses fleurs sont parfumées et ses fruits sont amers.
Le chant des oiseaux est le même en forêt et dans les champs ; il est le même devant le wigwam et devant le château ; il est toujours le même, qu'ils s'adressent au sauvage ou au sage, au chef ou au roi.
La poésie est aussi réflexion sur le sens puisque c'est l'écoute des intuitions, des pensées, des valeurs qui affleure le poème.
La poésie n'est qu'un certain étonnement, Et les moyens de cet étonnement.
L'amour est muet, dit Novalis ; seule la poésie le fait parler.
Les femmes ont plus de honte de confesser une chose d'amour que de la faire.
C'est de la prose où les vers se sont mis.
On se consacre pas à la poésie ; on s'y sacrifie.
Tout est sujet ; tout relève de l'art ; tout a droit de cité en poésie (...) le poète est libre.
La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir.
La poésie moderne, en effet, puisqu'il faut l'opposer à la poésie classique et à toute prose, détruit la nature spontanément fonctionnelle du langage et n'en laisse subsister que les assises lexicales.
Laissons l'amour de Dieu à nos poèmes et cachons-le sous notre prose : c'est une façon de le respecter que de le chanter ou de le taire.
Mieux vaut écouter la semonce du sage qu'écouter le chant du fou.
La poésie cesse à l'idée. Toute idée la tue.
Je déteste le nationalisme. Je crois, au plus profond de moi, que la construction européenne doit nous débarrasser de ce mixte bizarre de maurrassisme et de jacobinisme qui fait le fond de sauce de notre religion patriote. Je trouve que La Marseillaise, par exemple, est un chant détestable et grotesque.
L'excès de sagesse devient fou, la sagesse n'évite la folie qu'en se mêlant à la folie de la poésie et de l'amour.
La poésie et la musique sont les plus belles parures des hommes.
La plupart des hommes ont de la poésie une idée si vague que ce vague même de leur idée est pour eux la définition de la poésie.
Toute poésie est la voix donnée à la mort.
Il fait bon d'ouvrir la porte au rêve : on cherche la magique extase de la poésie dans la lecture des chef-d'oeuvre qu'elle a produits.
La photographie n'est jamais qu'un chant alterné de "Voyez", "Vois", "Voici" ; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déïctique.
La poésie est une plante libre ; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n'est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
En poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l'Univers.
La dramaturgie est synonyme d'embellissement dramatique : c'est l'art de la réticence, celui de savoir faire une entrée, une sortie, c'est la poésie du théâtre.
Le plus beau chant est celui qui contient le plus grand silence.
Sainte stupide litanie, chant merveilleux, joie des pauvres humains promis à la mort, sempiternel duo, immortel duo par la grâce duquel la terre est fecondée.
La poésie est partout : il ne s'agit que de la faire sortir.