Rimbaud a émasculé la poésie pour un siècle. Voilà la force des génies : ils rendent les autres impossibles.
Le problème avec la poésie : elle embellit tout !
L'avarice est la marque propre d'un siècle rongé par le nihilisme.
À une époque de manipulation informatique, le surréalisme est devenu banal, l'ombre de son ancien moi.
La poésie en dit long et c'est vite fait. La prose ne va pas très loin et prend du temps.
La poésie n'est pas autre chose pour moi que l'art de décrire l'invisible, avec des images d'ange.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
L'humanité a probablement causé plus de dégâts à la Terre au 20ème siècle que dans toute l'histoire de l'humanité.
C'est la prose qui donne l'empire à une langue, parce qu'elle est tout usuelle : la poésie n'est qu'un objet de luxe.
Si un scribe ne connaît qu'une seule ligne mais que son écriture est bonne, c'est bien un scribe.
L'existence même est un livre où tu inscris le moindre regard, la moindre fuite. Il faut apprendre à lire cette écriture du temps des choses.
En poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l'Univers.
La théologie n'est pas autre chose que la poésie de Dieu.
Certains se font de la poésie une idée si vague qu'ils prennent ce vague pour l'idée même de la poésie.
On fuit plutôt les moeurs corrompues de son siècle que les bons exemples de ses aïeuls.
La poésie est élément. Elle est irréductible, incorruptible et réfractaire. Comme la mer, elle dit chaque fois tout ce qu'elle a à dire.
Un siècle a passé depuis que Darwin nous livra les premières lueurs sur l'origine des espèces. Nous savons à présent ce qu'ignorait avant nous toute la caravane des générations : que l'homme n'est qu'un compagnon voyageur des autres espèces dans l'odyssée de l'évolution.
J'rallumerai son coeur car j'illumine mon siècle comme Montesquieu.
Le langage populaire, avec son radotage obsessionnel, sa pauvreté de vocabulaire, sa manie fastidieuse d'énumérer des détails superflus, sa dépendance du concret, voilà d'où surgit soudain la poésie sans crier gare.
En Algérie, les génies ne brillent pas, ils brûlent. Lorsqu'ils échappent à l'autodafé, ils finissent sur le bûcher.
La poésie est une espèce de musique : il faut l'entendre pour en juger.
Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s'ouvrir !
La poésie passe par l'amour des mots, l'alchimie du verbe. C'est aussi ce qui nous délivre de nous-même, qui nous permet de trouver ce qui est ailleurs.
En notre siècle de peu de foi, "sans doute" a le même sens que "peut-être".
Le roman prend corps pour ensuite se vêtir. Prenant âme; la poésie demeure nue.
Le dix-neuvième siècle conserve durant sa plus grande partie une éducation féminine soumise aux modèles établis de longue date par l'usage, plus qu'aux modèles proposés par Talleyrand et Condorcet aux assemblées constituante et législative à l'aurore de la Révolution.
La science reste en avance d'un siècle sur la philo.
La chute de l'URSS a été la plus grande catastrophe géopolitique du siècle dernier.
Amadeus Mozart est à la musique quelque chose comme Jean Nicolas Arthur Rimbaud à la littérature. Ce sont des gens qui ont créé quelque chose que personne avant eux n'avait. Des génies absolus. Vous pouvez reconnaître leurs harmonies parmi des milliers.
La Poésie n'était au premier âge qu'une Théologie allégorique, pour faire entrer au cerveau des hommes grossiers par fables plaisantes et colorées les secrets qu'ils ne pouvaient comprendre.
La poésie sauve, transforme une expérience dévastatrice en pureté.