Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d'entendre la langue hors-pouvoir, dans la splendeur d'une révolution permanente du langage, je l'appelle pour ma part : littérature.
La révolution réussie installe une oppression contraire avec le pouvoir nouveau, rétablissant par là une situation analogue.
Le communisme n'est pas un état de choses qu'il convient d'établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu'elles existent actuellement.
Le théâtre est fait pour diviser, voire déranger.
Le meilleur roman est celui qui demande le plus à la sensibilité et l'imagination de son lecteur.
Les vestiaires de théâtre vous volent vos vêtements quand vous arrivez et vous les revendent quand vous partez.
Les hommes et les femmes ne se réunissent au théâtre que pour entendre parler de l'amour, et pour prendre part aux douleurs et aux joies qu'il cause. Tous les autres intérêts de l'humanité restent à la porte.
Lire la fin d'un roman policier avant d'y arriver, c'est comme manger un biscuit fourré à la noix de coco en allant tout de suite à la noix de coco. Après il ne reste plus qu'à jeter le biscuit.
Le théâtre doit être une lumière pour l'intelligence.
Les lois du succès au théâtre tiennent en deux articles. Article premier : elles n'ont pas changé depuis deux mille ans. Article deux : personne ne les connaît.
C'est surtout au théâtre que chacun est responsable de ses actes.
Le théâtre est une des ces ruches où l'on transforme le miel du visible pour en faire de l'invisible.
Le théâtre est le désordre incarné et pour faire l'éloge du théâtre il faut commencer par faire l'éloge du désordre.
La vocation du théâtre est, à mes yeux, la plus basse des misères de ce monde abject et la sodomie passive est, je crois, un peu moins infâme.
L'art, c'est le reflet que renvoie l'âme humaine éblouie de la splendeur du beau.
Le théâtre est toujours le lieu d'un débat moral.
Toute action dans le théâtre doit avoir une justification intérieure, être logique, cohérente et réelle.
Savez-vous ce qui arriverait au Sahara si on y installait le communisme ? Pendant cinquante ans rien. Au bout de cinquante ans, pénurie de sable.
La littérature n'est qu'une forme édulcorée de la confession.
La preuve que le théâtre est un endroit singulier : on s'habille pour entrer dans une "baignoire".
L'amour n'est que le roman du coeur : c'est le plaisir qui en est l'histoire.
À l'occasion de la question coloniale, la Révolution française avait commencé à s'affronter elle-même, et, en se confrontant avec les principes dont elle était née, à se cliver, donc à se définir.
Ça, c'est le coup de théâtre démocratique : l'égalité est au départ, et non à la fin. C'est ce qui fait la différence entre la démocratie et l'égalitarisme : la démocratie suppose l'égalité au départ, l'égalitarisme la suppose à la fin.
Les films ne sont pas ma priorité, mais le théâtre l'est.
Nous avons de la littérature d'évasion, pourquoi n'existe-t-il pas des biographies d'évasion ?
Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience.
Dans presque aucune littérature moderne, il n'y a coïncidence entre la langue écrite et la langue parlée.
On croit souvent que les Russes ont accompli la grande révolution qui leur a permis de se débarrasser du communisme dans l'unique but de consommer des McDonald's et des films de Tom Cruise ; c'est assez vrai, mais chez une minorité d'entre eux existait au
Internet n'est pas seulement une révolution industrielle. C'est aussi une révolution politique : elle touche au pouvoir ; elle bouleverse les rapports de force. Par là, elle est profondément déstabilisatrice.
Le théâtre ne dit jamais la vérité, mais c'est parce qu'il ne dit pas la vérité qu'il engage le spectateur à trouver la sienne.
Une révolution du gouvernement est la preuve la plus puissante qu'un peuple puisse donner de sa vertu et de son bon sens.