Les fous du ciel trouvent grisant d'être suspendus entre l'illusion d'immortalité et la réalité de la mort.
Dans la graine, la vie est cachée dans la mort ; dans le fruit, la mort est cachée dans la vie.
Le Royaume est à la fois l'arbre et la graine, ce qui doit advenir et ce qui est déjà là. Ce n'est pas un au-delà, plutôt une dimension de la réalité qui le plus souvent nous demeure invisible.
La mort a pour moi le visage d'une enfant Au regard transparent.
Et puis mourir n'est rien, c'est achever de naître !
La mort elle-même se désire, non point comme l'évasion suprême qui affranchit de la matérialité, mais comme le couronnement de la chair, son ultime réconciliation avec l'esprit.
L'avare dépense plus mort en un seul jour, qu'il ne faisait vivant en cinq années ; et son héritier plus en dix mois, qu'il n'a su faire lui-même en toute sa vie.
Quand un philosophe vous répond, on finit par oublier ce qu'on lui avait demandé.
C'est par la mort que la morale est entrée dans la vie.
On ne doit pas avoir plus d'argent que son imagination ne permet d'en dépenser.
L'argent, ça libère un peu de la mort et de la solitude...
Presque tous les faits historiques sont en réalité à base d'effets hystériques.
C'est mentir que d'aimer tout le monde, mais c'est mourir que de n'aimer personne.
Un idéal n'est souvent qu'une vision flamboyante de la réalité.
Au fond, quelle différence y a-t-il entre mourir brûlé et attendre que le temps allume cet autre bûcher qu'est la vieillesse, la maladie ?
Des bruits couraient que le ballet La mort du cygne avait été commandité par des bookmakers du nord de l'État de New York et que l'on pariait gros sur la survie de l'oiseau.
Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres.
La mort n'est que la séparation avec l'Argent. Ceux qui n'en n'ont pas n'ont pas de vie, et, dès lors ne sauraient mourir.
La mort nous trouvera bien partout où nous irons. La mort, c'est lorsqu'on la fuit qu'elle s'attache à nos pas ! Il est bien rare que ceux qui la désirent la voient venir.
C'est un merveilleux dispositif narratif pour amener quelqu'un de l'extérieur et regarder à travers ses yeux si vous voulez décrire l'absurdité et la réalité absurde qui sont acceptées parmi ceux qui sont à l'intérieur.
Nous ne vivons pas des temps ordinaires. La généralisation de la solitude est l'une des mutations les plus frappantes de l'époque. Je considère que les pouvoirs publics ont une responsabilité. Quand on fait le bilan des allocations, des aides de toute nature, on se rend compte qu'en réalité ils poussent les gens à vivre seuls.
Le suicide est l'effet d'un sentiment que nous nommerons l'estime de soi-même, pour ne pas le confondre avec le mot honneur.
Je ne crois pas aux fins heureuses, mais je crois aux voyages heureux, car finalement, tu meurs à un très jeune âge, ou tu vis assez longtemps pour voir mourir tes amis.
On peut seulement craindre que cette culture de la conscience, ce noble souci de sa dignité ne donnent à un être une trop haute idée de sa personne morale, et par là une vision de soi-même disproportionnée avec sa place dans le monde.
J'ignore tout de la vie, que saurais-je de la mort ?
Il est préférable de se faire tuer à coups de bâton que de mourir de peur.
Dans la mort le chemin devient d'un seul coup si étroit que, pour passer, on doit se laisser tout entier.
On est philosophe dans la bataille d'autrui.
A la toute première ligne, Sade explique que, quelque dégoût et quelque horreur qu'il éprouve à l'égard de tout ce qu'il va raconter, l'homme de lettres doit être assez philosophe pour dire la vérité.
La pensée de cette lutte universelle provoque de tristes réflexions, mais nous pouvons nous consoler avec la certitude que la guerre n'est pas incessante dans la nature, que la peur y est inconnue, que la mort est généralement prompte, et que ce sont les êtres vigoureux, sains et heureux qui survivent et se multiplient.
Le jour de notre mort traverse chaque jour de notre vie comme une eau plus sombre dans l'eau limpide, mais nous sommes trop agités pour le voir et saluer comme il convient notre prochaine disparition dans toutes présences du monde.